Berbizier: "Continuer à avancer"

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Berbizier: "Continuer à avancer"
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Le hasard du calendrier avait décidé du duel entre les deux équipes parisiennes comme l'une des affiches de la 26e et dernière journée du Top 14. Pour le manager du Racing-Métro 92, la notion de derby ne rentre pas en compte. Berbizier attend de ses joueurs, samedi à Charléty, une copie propre pour bien préparer les phases finales.

Le hasard du calendrier avait décidé du duel entre les deux équipes parisiennes comme l'une des affiches de la 26e et dernière journée du Top 14. Pour le manager du Racing-Métro 92, la notion de derby ne rentre pas en compte. Berbizier attend de ses joueurs, samedi à Charléty, une copie propre pour bien préparer les phases finales. Vos hommes semblent en forme. Est-ce dû à la semaine de coupure ? Cela nous a permis de bien travailler. Et je crois que les joueurs ont compris que le match qui arrivait était un match important. Tout le monde a envie de participer. Ils savent que pour ça, il faut se donner à fond.... Etant donné le classement de votre adversaire (le Stade Français est 10e position, ndlr), quel est l'enjeu de ce match ? Pour notre part, nous sommes déjà qualifiés. L'enjeu pour nous est de préparer la suite de la meilleure des façons. Qualifiés, voire plus, si affinités... Oui... Vous connaissez les affinités que l'on peut avoir avec les Stade Français (sourire). Au-delà de ça, je crois que le match ne réside pas là mais dans notre capacité à vouloir continuer à avancer. Car on sait qu'il y a un « après »... De l'autre côté, le Stade Français a le choix. Nous non... Paradoxalement, ils ont un one-shot à jouer : soit ils le jouent contre nous, soit ils le jouent pour leur finale européenne. Je serais entraîneur de cette équipe, je vous vendrais qu'il faut préparer la finale en se servant de ce match. Je serais joueur de ce groupe, je sais que je sors d'une année de galère... Malgré une saison difficile, ce groupe du Stade Français a montré beaucoup de générosité, et je crois qu'il a puisé dans ses réserves, sa force mentale. Il n'a pas eu la réussite, mais il y a des saisons comme ça... Comment cette réussite peut-elle faire défaut ? Vous savez, ça se joue parfois sur deux, trois matches qui vous mettent dans une dynamique ou une autre ! Aujourd'hui, on sait que c'est une équipe de talent, de par les éléments qui le composent. On sait qu'ils peuvent rivaliser avec les meilleures. Quand je dis qu'il leur reste un « one-shot », ils savent très bien qu'il leur faudra décider : une qualification européenne, ou un match du Racing. Mais on sait aussi pertinemment qu'ils ne lâcheront pas ce match et voudront être présents... "Ce match va nous apprendre à tout donner" Serait-il symbolique de battre le Stade Français pour la passation de pouvoir entre les deux clubs parisiens ? Pas vraiment. Ce n'est pas ce que je ressens en tout cas. Cette compétition, que vous pouvez orchestrer ou que vous aimeriez, je n'ai pas le sentiment que ce soit une réalité sur le terrain. Je n'ai pas la sensation que l'on vive cette concurrence aussi « pleine ». Chacun a aujourd'hui un parcours bien dessiné. Le Stade par rapport à sa coupe d'Europe. Le Racing par rapport à la suite de son championnat. Nous n'avons pas les mêmes intérêts à défendre, donc chacun choisit sa route. Il sera primordial de rentre une copie propre, qui plus est avant deux semaines sans compétition... C'est le cas depuis le début de la saison. Il faut, sur la continuité, rendre les copies les plus propres- du moins les moins sales- possibles. Et c'est le propre de cette compétition, qui est très longue, et très dure. Ce sera encore la vérité de ce match-là. Attendez-vous vos joueurs au tournant ? Pour nous, ce n'est pas un tournant. Nous sommes plutôt dans la dernière ligne droite, où il n'y a plus à se poser de questions. On découvre cette situation, car, paradoxalement, je le répète, ce n'est pour nous que la 2e saison ! On est en position de second, ce qui n'était pas le cas l'an passé : les mains en bas du guidon, et voilà ! Ce match va nous apprendre à tout donner. Car par la suite, on le sait, ce seront des matches couperets... Comment allez-vous gérer votre groupe : pensez-vous effectuer un certain turnover pour tenter d'instaurer encore une certaine concurrence au sein de l'effectif ? Bien évidemment, dans le prolongement de la gestion du groupe cette saison. Vous avez été habitués à du turnover, il y en aura encore sur ce match-là. La compétition a été longue je le répète, et sera, je l'espère, la plus longue possible ! Je l'ai répété aux joueurs : on aura besoin de tout le monde. La force d'un groupe, ce ne sont pas les 15 qui sont alignés le dimanche, mais ce sont les autres qui vont donner de la force et de continuer à faire avancer le groupe: ils doivent continuer à se préparer et être prêts au moment où ils seront appelés. Aujourd'hui, tout le monde peut-être appelé dans la mesure où, grâce à une bonne préparation physique, nous avons pratiquement tout le monde sur le pont. "Rien ne remplace l'expérience collective" Pour les joueurs susceptibles de partir en Nouvelle-Zélande, ce match aura-t-il une saveur particulière à quelques jours de l'annonce de Marc Lièvremont ? Très peu de joueurs sont concernés. Il y a davantage de joueurs étrangers concernés par les sélectionnés. Je dirais que les jeux sont faits... Je n'ai pas senti chez les joueurs cette préoccupation. Je les sens plus préoccupés par le club que par une éventuelle sélection, ou non. Miserez-vous particulièrement sur des joueurs d'expérience pour cette fin de saison ? L'expérience individuelle a son importance. Mais je crois autant à l'expérience et la maturité collective, ce dont on a besoin pour ce genre de match. Cette maturité collective viendra en jouant ce type de match, en jouant des phases finales. C'est l'occasion de l'acquérir. Risque-t-elle de vous faire défaut lors du sprint final ? Je le répète : c'est en vivant ces expériences et ces matches de haut niveau que le groupe se construit. Bien évidemment, avec l'expérience de chacun- notamment ceux qui ont une expérience internationale-, mais rien ne remplace l'expérience collective ! C'est l'objectif que l'on se fixe, qu'il faudra l'acquérir très vite. Comment se passe la vie du Racing sans Sébastien Chabal ? Je crois qu'elle se passe comme elle se passe sans Juan Hernandez, ou comme elle se passe toujours quand on a un blessé ou un joueur, pour diverses raisons, absent. La vie du groupe se fait avec ceux qui sont compétitifs. Sébastien ne l'est pas aujourd'hui. Nous nous appuyons sur ceux qui sont présents. L'équipe continue. On a eu Sébastien Chabal remplaçant, Sébastien Chabal titulaire, Sébastien Chabal absent. C'est le propre de tout joueur. Nous nous adaptons à cette situation, quel que soit le joueur. S'il ne reste qu'une seule et unique cartouche au Stade Français, combien en reste-t-il pour le Racing ? Deux... Je ne sais pas si elles sont superposées ou juxtaposées (sourire), mais deux : le Stade Français, et au moins un match derrière... Ne serait-il pas prudent d'en sauvegarder une ? Si vous voulez bien m'en prêter une, pourquoi pas. Mais il en reste deux. Il faudra savoir bien les tirer (sourire). Aborderez-vous ces demi-finales dans la peau de d'outsider ? Ça aussi, je pourrai vous le dire en fonction de notre performance face au Stade Français... Nous pourrons alors préciser notre « positionnement » pour la phase finale.