Bayonne va savoir...

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Après des semaines d'un conflit larvé pour la conquête du pouvoir, l'Aviron Bayonnais devrait connaître mercredi, à l'occasion de l'assemblée générale du club (19 heures), le dénouement de la crise interne, qui oppose le président en place, Francis Salagoïty, à la liste menée par Alain Afflelou. Toute une ville retient son souffle...

Après des semaines d'un conflit larvé pour la conquête du pouvoir, l'Aviron Bayonnais devrait connaître mercredi, à l'occasion de l'assemblée générale du club (19 heures), le dénouement de la crise interne, qui oppose le président en place, Francis Salagoïty, à la liste menée par Alain Afflelou. Toute une ville retient son souffle... Enfin le dénouement. C'est ce mercredi que l'assemblée générale de l'Aviron Bayonnais devrait permettre de tourner le dos à l'interminable crise interne qui secoue le club basque depuis le 26 février et le limogeage de Bernard Laporte. A 19 heures, les 87 actionnaires de la SASP Aviron Bayonnais Rugby Pro seront conviés à débattre sous contrôle d'huissier des deux projets concurrents proposés. Dans un tel contexte, le plus surprenant tient sans doute à la situation d'un club, actuellement neuvième du Top 14 et qui, malgré ces soubresauts en série, reste en lice pour se qualifier pour les phases finales du championnat. Un petit miracle tant le sportif aura été relégué ces dernières semaines au second plan, supplanté par des querelles intestines et des conflits d'egos assez navrants. Salagoïty - Afflelou : deux projets face à face Bayonne va savoir qui de Francis Salagoïty, président en poste depuis 2000, mais de plus en plus contesté, ou d'Alain Afflelou, principal partenaire de l'Aviron et porteur d'un projet dissident, va s'emparer du pouvoir. 87 actionnaires qui vont devoir se prononcer en leur âme et conscience pour ou contre le maintien de l'équipe Salagoity à la tête du club ou si Michel Cacouault, ex-administrateur et aujourd'hui porteur du projet Afflelou, revient aux affaires. Pour tout dire, ces dernières heures, la situation de Francis Salagoïty, lâché par de nombreux actionnaires, a semblé de plus en plus intenable, au point qu'une rumeur persistante aura évoqué tout au long de ce dernier week-end la démission du président sortant. Un retrait que l'intéressé a démenti ce mardi dans Sud-Ouest, bien décidé à défendre sa position jusqu'au bout: "Une assemblée générale est prévue mercredi. Je tiendrai cette assemblée en tant que président." Alors que ses ennemis l'accusent d'avoir confisqué le pouvoir sans accepter de partager les responsabilités à la tête du club, notamment avec Bernard Laporte -"Francis Salagoity n'a pas supporté de ne plus être au centre de tout", accuse ainsi Alain Afflelou dans le même quotidien régional- lui reste droit dans ses bottes lorsqu'il affirme: "Pour moi, ce n'est pas un problème de personne. Je ne suis pas sur un débat qui n'a pas d'intérêt. Je ne veux pas répondre, juste parler d'un projet." Salagoïty reste donc sur la même ligne, à savoir privilégier la stabilité du club: "C'est un projet dans la continuité, et la continuité d'un projet, peut-on dire. C'est d'abord le constat que tous les voyants sont au vert, sur le plan sportif et économique." Un bilan qu'il brandit comme son meilleur argument, mais qui aujourd'hui, alors que lâché par la mairie, il n'a jamais semblé aussi isolé, risque de ne plus suffire. "Nous ferons en sorte que le club évolue, en gardant la forme d'actionnariat actuel. Ce qui ne veut pas dire que des gens nouveaux ne peuvent pas arriver, tant au niveau de l'actionnariat, du partenariat et de la direction." Une ouverture nécessaire, dont Alain Afflelou semblait le promoteur, avec dans le rôle de son bras armé, Bernard Laporte, mais qui à l'heure de ce dénouement, semble avoir su calmer le jeu, séduire les décideurs pour ne pas brusquer les sensibilités locales. Et combattre cette image du "tycoon" prêt à révolutionner tout un club pour le faire entrer, à marche forcée si nécessaire, parmi les ténors du rugby français. Avec un budget de 18 millions d'euros, contre 15 millions d'euros pour le projet adverse, mais aussi en conservant Christian Gajan et son staff, déconsidérés encore il y a peu. Bayonne va savoir. Une redistribution des cartes que Salagoïty, à la confiance de façade ou sûr de son fait, se pliera: "Je respecterai le vote des actionnaires. Ce sont eux qui décident", dit-il. Afflelou, lui, faussement détaché, ajoute un avertissement teinté de menace: "Si ça marche tant mieux. Sinon, bon vent à l'Aviron. Je pars. Mais je ne serai pas le seul. D'autres entreprises partiront, avec mon apport, c'est plus de 5,5 millions d'euros qui vont manquer au budget du club."