Baugé: "C'est mon épreuve"

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Baugé: "C'est mon épreuve"
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Double champion du monde en titre en vitesse individuelle, Grégory Baugé sera l'un des moteurs de l'équipe de France pour les Mondiaux sur piste, qui démarrent ce mercredi avec la vitesse par équipes. Une épreuve où les Bleus, médaillés d'argent en 2010, s'avancent conquérants et surtout revanchards. Baugé en tête, lui qui arrêtera la piste après les JO de Londres en 2012, pour se consacrer à l'athlétisme.

Double champion du monde en titre en vitesse individuelle, Grégory Baugé sera l'un des moteurs de l'équipe de France pour les Mondiaux sur piste, qui démarrent ce mercredi avec la vitesse par équipes. Une épreuve où les Bleus, médaillés d'argent en 2010, s'avancent conquérants et surtout revanchards. Baugé en tête, lui qui arrêtera la piste après les JO de Londres en 2012, pour se consacrer à l'athlétisme. Grégory, comment allez-vous avant de débuter ces championnats du monde à Apeldoorn ? Je me sens bien. Je sors de stage, la forme est là, les temps suivent. Le matériel a l'air d'aller. Je suis serein. Vous avez souffert du virus de la dengue à l'été 2010, qui vous a privé des championnats d'Europe. C'est définitivement oublié ? Oui. Cela fait déjà un petit moment. Je suis remis à 100%. J'avais perdu 3-4 kilos de masse musculaire, mais j'ai bien récupéré. On n'a pas multiplié les séances pour essayer de revenir. Florian (Rousseau, l'entraîneur de l'équipe de France, ndlr) ne m'a pas mis de pression, je ne me suis pas mis de pression. On savait que ça allait être long, mais l'objectif est fin mars. Ça m'est arrivé fin août, et j'ai dû mettre deux mois avant de ne plus rien ressentir. Avec la chute avant les championnats de France, au printemps, ça a été une année plutôt bizarre. J'ai été sacré champion du monde pour la seconde fois, mais j'ai eu des pépins de santé. C'est la vie, j'espère que je suis débarrassé. Vous avez fait votre retour à Cali, lors d'une épreuve de Coupe du monde. Comment ça s'est passé ? Plutôt bien, je voulais terminer parmi les cinq meilleurs pour la vitesse individuelle, puis faire un très bon temps sur la vitesse par équipes. Je n'ai pas eu l'impression de manquer de repères. L'année dernière, à cause d'une chute, je n'avais pas pu faire de vitesse individuelle avant les Mondiaux de Copenhague, et ça ne m'a pas perturbé. J'ai assez d'expérience pour gérer des matches de sprint. Et puis, être écarté des pistes permet de voir la course sous un autre angle, et d'observer ses adversaires. "Le triplé, ce serait superbe" Quels seront vos adversaires cette semaine ? Sûrement les mêmes que d'habitude. Les plus costauds comme Chris Hoy, Jason Kenny, Kévin Sireau. Globalement, il y a environ une dizaine de sprinteurs qui peuvent prétendre au podium, voire au titre. Ça se joue tellement à rien. Quels objectifs vous êtes-vous fixés ? Il y a d'abord la vitesse par équipes. L'année dernière (les Bleus, quadruple champions du monde en titre, se sont inclinés en finale contre les Allemands, ndlr), j'étais un peu déçu, de moi, de ce que j'avais fait par rapport à mon poste. Je n'ai pas réalisé le meilleur temps, et pour moi je n'avais pas lancé au mieux mes collègues, même si on m'a dit que ma chute en janvier avait fait que je n'avais pas pu m'entraîner, pas pu tirer sur le cintre. Bon. Cette année, je me sens vraiment bien, et j'espère réaliser mon meilleur temps au départ. Si c'est le cas, ce sera tout bénéf' pour l'équipe. On a l'impression que vous, comme vos partenaires, vous focalisez plus sur la vitesse par équipes. C'est parce qu'il y a ce titre à récupérer ? Les deux épreuves sont aussi importantes. Mais je le répète, j'étais vraiment déçu de moi l'année dernière, et cette année on a encore mieux travaillé. Mes départs, notamment. Je me suis senti mieux au stage, on a pu tester les braquets, faire des répétitions d'efforts. Après, on ne peut pas tout maîtriser. C'est pour ça que la vitesse individuelle reste le plus important. La motivation n'est-elle tout de même pas différente ? N'y a-t-il pas une sorte d'affront à laver ? Pas un affront, mais j'ai envie, cette année, d'être le meilleur pour rien à avoir à me reprocher. Et il y a aussi les Jeux Olympiques en vue. A Pékin, on était champions du monde, et on ne fait que deuxième. Il y a aussi ce troisième titre mondial en individuel à aller chercher... Le triplé, ce serait superbe. Les championnats du monde, c'est l'épreuve n°1 chaque année. C'est ce qui fait qu'on se surpasse. J'ai un peu plus de mal sur les championnats de France, par exemple. Les Mondiaux, c'est mon épreuve. Je vis pour ça, et pour les Jeux Olympiques. Alors jamais deux sans trois, comme on dit. Je sais que mon coach a pu le faire, alors pourquoi pas moi ? "L'athlé, ce ne sera pas pour m'amuser" Les Jeux Olympiques semblent être votre objectif final. Vous avez plusieurs fois évoqué l'idée d'arrêter le cyclisme pour faire de l'athlétisme, et plus précisément du 100 mètres, après Londres. C'est sérieux ? Je n'ai jamais dit ça en rigolant (sourire). C'est ce que je vais faire après Londres. Vous vous êtes testé ? J'ai déjà fait des 100 mètres, mais sans chrono. Qu'est-ce qui vous attire dans le 100 mètres ? J'aime bien cette discipline. Je me sens capable de faire autre chose que du cyclisme sur piste. Et puis je fais partie de l'équipe de France élites depuis que j'ai 19 ans (il en a 26 aujourd'hui, ndlr), la routine commence à s'installer, je ne me voyais pas repartir sur une nouvelle olympiade. En athlé, ce sera la même chose, mais dans un nouveau cadre. C'est ce qui va me motiver à essayer de devenir le meilleur. Je ne le fais pas que pour m'amuser. J'ai discuté avec des gens de l'athlé. Dans d'autres pays, certains sportifs ont réussi à changer de discipline, avec bonheur. En France, c'est plus rare. Je suis conscient que ce ne sera pas facile. Mais ce serait beau. Christophe Lemaitre est prévenu ? Je ne sais pas même pas s'il me connaît! (rires) Mais on verra après Londres. Chaque chose en son temps.