Batum: "L'amour du jeu avant tout"

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Batum: "L'amour du jeu avant tout"
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Le Sluc Nancy réalise le gros coup du marché des transferts de cet été en arrivant à enrôler Nicolas Batum. L'ailier des Portland Trail Blazers a signé ce mercredi un contrat d'un an, et voudra "donner du rêve" sous le maillot du champion de France la saison prochaine si le lock-out perdure. Déjà champion avec Le Mans en 2006, il n'a pas oublié l'ambiance du club nancéien et se délecte du challenge qui l'attend après l'Euro 2011.

Le Sluc Nancy réalise le gros coup du marché des transferts de cet été en arrivant à enrôler Nicolas Batum. L'ailier des Portland Trail Blazers a signé ce mercredi un contrat d'un an, et voudra "donner du rêve" sous le maillot du champion de France la saison prochaine si le lock-out perdure. Déjà champion avec Le Mans en 2006, il n'a pas oublié l'ambiance du club nancéien et se délecte du challenge qui l'attend après l'Euro 2011. Nicolas, quel souvenir gardez-vous de Gentilly au niveau de l'ambiance ? C'est vrai que c'est une salle où on n'aimait pas trop jouer car on savait que c'était toujours dur d'aller là-bas. Il y a une grosse ambiance, toujours une grosse équipe, Nancy est vraiment une terre basket. Je n'en garde pas trop de bons souvenirs, donc c'est dire que Nancy était fort à l'époque ! C'est vrai que ça fait plaisir d'être de l'autre côté maintenant. Jean-Luc Monschau accorde beaucoup d'importance au poste 3, est-ce que sa philosophie de jeu a motivé votre décision ? Bien sûr que ça a joué. Depuis qu'il est à Nancy, les joueurs coachés par lui ont souvent été des cadors de Pro A comme Kirksay, Greer ou Darden, donc maintenant pourquoi pas être le premier Français à évoluer au poste 3 avec Jean Luc Monschau. Vous vous êtes également montré très élogieux envers votre futur coéquipier John Linehan. Oui, il est aussi un des facteurs qui a fait que j'ai choisi Nancy. C'est un joueur que j'admire depuis longtemps. C'est un meneur qui fait gagner son équipe, et personnellement je préfère être dans son équipe que face à lui, je n'aimerai pas qu'il défende sur moi ! Est-ce que votre signature a donné des idées à vos partenaires en équipe de France? Non je ne pense pas, on n'en a pas vraiment parlé donc je ne saurais pas répondre. "Je ne veux pas tout chambouler à Nancy" Le lock-out peut-il avoir un effet bénéfique sur le basket français ? Je pense et j'espère en tout cas que ça peut donner un nouvel élan. En tout cas c'est pour ça que je joue au basket, que je joue en équipe de France. Le basket en général c'est pour donner du rêve, de l'envie aux jeunes et au public français. Avez-vous des objectifs précis sur le plan personnel ? Non pas vraiment, j'ai toujours voulu jouer pour l'équipe d'abord, faire en sorte que l'équipe gagne et après si on gagne ça veut dire normalement que j'ai bien joué à côté. Je veux d'abord penser au bien de l'équipe que ce soit en championnat ou en Euroligue. Je vais jouer la deuxième meilleure compétition au monde et essayer d'amener l'équipe dans le Top 16, ce que je n'ai pas réussi à faire au Mans. Notre groupe est très abordable et on peut viser le Top 16, ça c'est clair et net. Vous êtes très attendu à Nancy où l'engouement est énorme, l'équipe sera très exposée médiatiquement, ressentez-vous une pression supplémentaire ? Je n'ai pas de pression particulière, je suis très content de revenir en France. Beaucoup de personnes m'ont demandé pourquoi je ne suis pas allé à l'étranger, mais ça fait trois ans que je suis parti aux USA donc pour moi c'est important que ma famille soit proche et puisse me voir jouer. Et puis Nancy était un choix légitime puisqu'ils sont champions de France, ils ont l'Euroligue. J'avais vraiment le souhait de jouer l'Euroligue donc je suis vraiment très impatient d'arriver à Nancy. Le jeu européen est différent de celui de la NBA, comment comptez-vous vous adapter à la ProA ? Je n'ai pas envie de changer mon jeu, ni la philosophie et les systèmes de Nancy. Je n'ai pas envie de tout chambouler, je veux juste aider l'équipe à gagner. "Quand le lock-out sera fini, ça va peut être fausser un peu la Pro A" Comment réussir à être totalement impliqué dans les objectifs du club, quand on sait que vous repartirez dès que la NBA reprendra ? Moi je n'ai pas pensé à ça, je prends les jours les uns après les autres, je joue avec Nancy et quand la fin du lock-out arrivera je repartirai, mais je n'ai pas envie de me prendre la tête par rapport à ça. Est-ce que ça a été dur de résister à la pression de Tony Parker qui voulait vous engager à Villeurbanne ? C'était un peu dur parce que je m'entends bien avec Tony, et avec des joueurs de l'ASVEL comme Edwin Jackson et Kim Tilie. Le projet était intéressant, mais vraiment c'est l'Euroligue qui a motivé mon choix. Tony comprend le truc, et il m'a dit qu'il n'y a pas de problèmes avec ça. N'y a-t-il pas un risque que le championnat soit faussé si plusieurs joueurs de NBA arrivent et partent en cours de saison? Il y a des bons côtés et des mauvais côtés. C'est vrai que lorsque la NBA va reprendre, beaucoup de joueurs vont repartir ça va peut-être fausser un peu le championnat, ça dépend comment on voit les choses. Car ça peut être une bonne chose aussi qu'il y ait des joueurs NBA qui reviennent en France, qui peuvent dynamiser le championnat de France et permettre à la Pro A de faire un gros coup médiatique, qui en a bien besoin je pense à cet heure-ci. Vous n'aurez pas le même salaire qu'à Portland... Je savais qu'en France je n'allais pas penser à l'argent. Ce n'est pas la plus grande proposition que j'ai eue J'avais des propositions à l'étranger beaucoup plus importantes mais mon souhait était de jouer l'Euroligue avec un club français donc je le savais très bien. "Le lock-out m'attriste vraiment" Vous serez véritablement le leader au SLUC, est-ce que vous utiliserez cette expérience pour vous affirmer encore plus à votre retour à Portland ? Ça peut m'aider dans ma progression de pouvoir être un joueur majeur dans une équipe qui joue l'Euroligue. J'en ai parlé avec Jean-Luc Monschau, et il m'a vraiment bien expliqué le rôle que j'aurai dans cette équipe, ça m'a beaucoup séduit, et ça peut être intéressant pour moi dans ma progression. Certains décrivent ce lock-out comme une dispute entre millionnaires, comment voyez-vous ça ? Je n'ai pas trop d'impact dans les décisions qui vont être prises, mais ça m'attriste un peu que la NBA soit fermée et qu'on ne puisse pas jouer avec nos équipes respectives. Je n'ai plus qu'a attendre, je lis les journaux tous les jours pour voir si ça avance, et des fois ça me fous un coup de blues, même très souvent. Tony Parker ne préfère pas risquer de se blesser pendant le lock-out, craignez-vous cela également ? Bien sûr il y a la crainte que quelque chose m'arrive mais l'amour du jeu passe avant tout. Je n'ai pas envie de rester 3, 4, 5 mois sans jouer donc j'ai vraiment envie de continuer. Mon métier c'est basketteur professionnel et rien d'autre.