Basso-Vino, le retour des bannis

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Basso-Vino, le retour des bannis
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CYCLISME - Ivan Basso et Alexandre Vinokourov seront au départ du Tour d'Italie.

CYCLISME - Ivan Basso et Alexandre Vinokourov seront au départ du Tour d'Italie.Ils sont nombreux, les prétendants. Sastre, Evans, Garzelli, Cunego, Simoni, Wiggins, Nibali, Bruseghin, Arroyo, mais aussi Basso et Vinokourov ! Parmi la liste des prétendants –plus ou moins affirmés- au podium sur le Giro, la présence de ces deux derniers noms interpelle, et suscite la curiosité. Dans une épreuve trop souvent ébranlée par les affaires de dopage, on ne saurait trop dire si la présence des deux anciens bannis est une bonne nouvelle, tant les cas des récidivistes comme Hamilton ou encore Di Luca appellent à la prudence, tout comme la récente affaire qui a touché Pellizotti et Valjavec, épinglés par le passeport biologique. Reste que, de leurs côtés, "Vino" et Basso affirment avoir tourné la page du dopage. Alors que son coéquipier Pellizotti subissait les foudres de l'UCI, Basso a même reçu les louanges de son président, Pat Mc Quaid. Le patron de l'union cycliste internationale, interrogé mardi par Reuters, avait salué le comportement de l'Italien, qui avait collaboré avec l'UCI après son implication dans l'affaire Puerto. Et aujourd'hui, selon Mc Quaid, il en est pleinement heureux. "Basso m'a dit que sa vie avait changé, explique l'Irlandais. Aujourd'hui, il a retrouvé le respect de ses supporters. Mais durant sa suspension, sa femme devait porter des lunettes pour conduire ses enfants à l'école. Basso m'a dit que lorsqu'il regardait ses enfants en face, il se demandait ce qu'ils pensaient de lui". Et le président de l'UCI d'affirmer que l'exemple de Basso doit servir d'avertissement pour les autres coureurs, Italiens notamment. Sur un plan purement sportif, en revanche, les temps sont un peu plus durs pour le coureur de la Liquigas. Cinquième sur le Giro 2009, tout proche du podium sur la Vuelta, Basso semblait sur une pente ascendante, qui devait le mener dans le groupe des grands favoris pour l'épreuve italienne du moi de mai. Mais depuis le début de l'année 2010, c'est le trou noir. Ou presque. Il n'est apparu en forme que sur le Tour du Trentin, dominé tout de même par Vinokourov et un autre revenant, Riccardo Ricco, que les organisateurs n'ont pas souhaité voir sur le Giro. Sur le chrono du Tour de Romandie, Basso a terminé a plus de 2 minutes du vainqueur, Richie Porte (Saxo Bank). "C'est préoccupant, avait-il confié après coup dans la Gazzetta dello sport. Je suis bien en dessous de la forme souhaité. Je ne sais pas ce qui m'arrive. C'est fou. Je ne comprends pas." Loin d'être rassurant.Vinokourov : "Je travaille pour retrouver votre confiance et surtout celle du public"Pour Vinokourov, la donne est inversée. Vainqueur du Tour du Trentin, le Kazakh s'est imposé en costaud sur la Doyenne des classiques, Liège-Bastogne-Liège, en impressionnant bon nombre de ses adversaires. L'intéressé, lui, a une petite idée sur l'origine des performances. "Je pense qu'aujourd'hui, au Trentin et à Liège, Vino est là parce que c'est la classe. Pendant ces deux années (de suspension, ndlr), je n'ai jamais arrêté de travailler. Fin 2009, j'étais avec les meilleurs dans le Tour de Lombardie et au championnat du Monde, puis j'ai gagné le Chrono des Nations aux Herbiers. J'ai beaucoup travaillé en montagne, des séances de sept heures de vélo, avec 5.000 mètres de dénivelé... Pendant deux ans, je n'ai jamais douté, jamais craqué, je voulais montrer que Vino peut gagner." C'est désormais chose faite. Mais uniquement sur la route. Car en franchissant la ligne à Liège, les bras levés, le Kazakh n'a pas pu ne pas entendre les bordées de sifflets qui ont accompagné sa victoire, en provenance du public belge. "Dopé un jour, dopé toujours", est un credo difficile à vaincre. Rares sont les coureurs, hormis Richard Virenque, qui ont réussi à reconquérir le coeur de la foule après être tombés pour dopage. Un défi que "Vino" espère pourtant relever. "J'ai eu un problème en 2007, il y a deux ans, je ne veux pas revenir sur cette histoire, explique le Kazakh. Aujourd'hui je peux gagner sans dopage et je le montre. Je travaille pour retrouver votre confiance et surtout celle du public. (...) C'est vrai qu'il y a des coureurs qui jouent encore avec l'EPO mais cela fait du mal au cyclisme et je suis là pour montrer qu'on peut gagner sans dopage."Avide de "revanche", Vinokourov avoue débarquer sur le Giro "sans pression" de résultat. Pourtant, avec les états de forme qu'il affiche depuis le début de la saison, celui qui devrait jouer les équipiers de Contador sur le Tour en juillet possède une belle carte à jouer, devant l'incertitude qui plane sur la forme ou sur les intentions des autres favoris. Ambitieux et offensif comme on le connait, difficile d'imaginer que Vinokourov ne fasse pas parler de lui. En bien, espérons-le.