Basso-Nibali, la troisième force

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Basso-Nibali, la troisième force
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Vainqueurs respectivement du Giro et de la Vuelta, Ivan Basso et Vincenzo Nibali ont incontestablement marqué l'année 2010. Et les deux Italiens de la Liquigas sont tout aussi ambitieux pour 2011. Ils espèrent même faire mieux. Cela passe par inquiéter Alberto Contador et Andy Schleck sur le Tour de France. L'union pourrait faire leur force.

Vainqueurs respectivement du Giro et de la Vuelta, Ivan Basso et Vincenzo Nibali ont incontestablement marqué l'année 2010. Et les deux Italiens de la Liquigas sont tout aussi ambitieux pour 2011. Ils espèrent même faire mieux. Cela passe par inquiéter Alberto Contador et Andy Schleck sur le Tour de France. L'union pourrait faire leur force. On les oublie peut-être à l'heure de bilan, mais Ivan Basso et Vincenzo Nibali, tout comme Cancellara, Hushovd, Schleck, Contador, Gilbert ou Cavendish, ont réalisé une grande année 2010. Une très grande même. Cette année, les deux Italiens ont tout simplement inscrit leurs noms aux palmarès des deux plus importantes courses à étapes de l'année, derrière le Tour de France. Le Giro pour Basso, revenu à son tout meilleur niveau, et la Vuelta pour Nibali. De quoi évidemment les satisfaire, mais aussi aiguiser leur appétit pour 2011. Les deux compères de la Liquigas pourraient bien jouer les trouble-fêtes sur les routes françaises, au milieu de la rivalité grandissante entre Andy Schleck et Alberto Contador. A moins que l'un des deux ne fasse l'impasse sur la Grande Boucle. Leur programme n'est pas encore défini, même si quelques tendances se dessinent. Une chose est certaine, avec le départ du Tchèque Kreuziger vers Astana, et celui possible de Pellizotti, les deux hommes auront les pleins pouvoirs au sein de la Liquigas. Et ils comptent bien les partager, sans aucune rivalité. "Croyez-moi, rien n'a encore été décidé, avait répondu Basso à la Gazzetta dello sport, qui l'interrogeait sur son programme. Nous devons encore en reparler. Les circonstances ont changé depuis l'année dernière. Bien sûr, nous n'allons pas nous battre pour être le leader de l'équipe. Nous allons parler et trouver une solution sans problème." Basso leader sur le Tour, Nibali sur le Giro, telles pourraient être les solutions envisagées. Car Basso, qui fêtera ses 33 ans en novembre quand Nibali soufflera 26 bougies, rêve de briller sur la Grande Boucle. Ça le démange. Pressenti comme le successeur d'Armstrong lorsqu'il s'imposa devant le Texan à La Mongie sur le Tour 2004, qu'il terminera à la 3e place, le grimpeur lombard avait gravi une marche en 2005 avant d'être privé de l'occasion de succéder à "L.A." en 2006, pris dans l'affaire Puerto. "Ce qui me manque, c'est le maillot jaune, mais ce n'est pas un secret ", confie-t-il. Nibali devrait donc attendre pour retrouver les sommets de la Grande Boucle, sur laquelle il s'est révélé en 2009. Basso: "Vincenzo est l'avenir du cyclisme italien" Depuis sa 7e place à Paris, le Sicilien a bien grandi. Il a pris la troisième place du Giro en mai dernier, en restant longtemps au contact des meilleurs (Basso, donc), avant de coincer vers la fin, faute de préparation (1). Puis Nibali s'est imposé avec beaucoup de maîtrise sur la Vuelta, sans remporter la moindre étape, preuve qu'il sait déjà se montrer régulier sur une épreuve de trois semaines. Et même un peu plus. "Après avoir pris la troisième place cette année, et remporté la Vuelta, je suis prêt à gagner un autre grand tour. Le Giro, c'est ma priorité, une superbe occasion, et il est déjà presque certain que j'y serai le leader de la Liquigas. J'y pense depuis que j'ai appris qu'il y aurait une étape en Sicile", disait-il au moment de la présentation du Giro 2011 - dont le tracé sera très montagneux, ce qui n'est pas forcément pour avantager cet excellent rouleur... On l'a compris, Basso ne pense qu'au Tour, et Nibali devrait attendre son heure, et se contenter du Giro. Une question vient alors: dans ce cas, Basso se mettra-t-il au service de Nibali sur le Tour d'Italie, et Nibali au service de Basso sur la Grande Boucle ? "C'est facile à dire mais pour le mettre en pratique, ce n'est pas pareil", tempère Basso, qui connaît bien la difficulté d'enchaîner les deux épreuves, lui qui a payé cher sur le Tour de France (32e à près d'une heure de Contador) les efforts consentis en mai en Italie. Alors, si la charge s'avère trop lourde pour Basso d'aider Nibali à gagner le Giro avant de s'attaquer lui-même au Tour, le vétéran italien pourrait tout de même glisser quelques tuyaux à son cadet en dehors de la course. "Il va encore progresser, alors que moi je vais régresser. Vincenzo est l'avenir du cyclisme italien, et moi je suis un de ses supporters. S'il le veut bien, je l'aiderai, avoue Basso à propos de son coéquipier. Il est encore peu attentif aux détails. Il doit par exemple comprendre l'importance du stretching et de l'alimentation. Mais là aussi, il s'améliore à toute vitesse." Ça promet. (1) Nibali avait été appelé à quelques jours du départ pour remplacer Pellizotti, suspendu par l'UCI pour irrégularités dans son passeport biologique.