Bartoli: "Je ne suis pas une machine"

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Bartoli: "Je ne suis pas une machine"
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Marion Bartoli n'en pouvait plus. Après avoir bataillé aux tours précédents pour écarter Lourdes Dominguez Lino, Flavia Pennetta et Serena Williams, la Française a finalement chuté en quarts de finale à Wimbledon face à l'Allemande Sabine Lisicki (6-4, 6-7, 6-1). Une défaite que l'intéressée explique par l'usure physique et mentale.

Marion Bartoli n'en pouvait plus. Après avoir bataillé aux tours précédents pour écarter Lourdes Dominguez Lino, Flavia Pennetta et Serena Williams, la Française a finalement chuté en quarts de finale à Wimbledon face à l'Allemande Sabine Lisicki (6-4, 6-7, 6-1). Une défaite que l'intéressée explique par l'usure physique et mentale. Marion, vous vous êtes encore battue, mais cette fois, ce n'est pas passé. Quel est votre sentiment à l'issue de ce match ? J'ai vraiment donné le maximum mais la fatigue m'a rattrapée. Toute l'énergie que j'ai mise depuis un mois pour obtenir ces résultats... Je n'avais plus du tout d'énergie sur le court, je commençais à avoir des crampes partout. Mentalement, j'essayais encore, mais physiquement, je n'arrivais plus à produire aucun effort. J'ai vraiment donné le maximum, il n'y a donc pas de regrets à avoir. Vous vous êtes accrochée et avez sauvé des balles de match. Mais en face, quelle joueuse ! Oui. Elle jouait très, très bien. Mais j'ai vraiment l'impression que, malgré tout, si j'avais été dans la même forme qu'hier, le troisième set était pour moi... Si j'en suis arrivée là, c'est que j'ai eu beaucoup de résultats. Il y a eu beaucoup de choses positives depuis un mois, c'est ce que je vais retenir. Votre adversaire du jour avait une sacrée frappe de balle... Oui. Je le savais... Mais j'avais quand même l'ouverture pour gagner ce match. Même si elle frappait très fort et jouait très bien, je jouais moi aussi très bien pour l'amener au troisième set et faire tourner le match en ma faveur. Mais effectivement, c'est une joueuse qui a un gros potentiel. Cette «panne» soudaine a du s'avérer extrêmement frustrante. Oui. Mais je crois que tout sportif qui va au bout de ses limites a connu ça. Depuis un mois, si l'on reprend tous les matches que j'ai joués, tous les matches en trois sets, toutes les balles de match que j'ai sauvées, le temps que j'ai passé sur le court... à un moment donné... c'est normal que ça s'arrête. Je ne suis pas une machine. Peut-être que si j'avais eu un jour de repos, peut-être que face à une autre adversaire... Je suis tombé en panne au bout de... deux heures ? Bref d'un énorme combat. Auparavant, j'aurais craqué bien plus tôt. Donc j'ai tout de même fait des progrès. Ça n'a pas été suffisant, mais c'est tout de même très positif. "Il y a eu beaucoup, beaucoup de caps de franchis !" Quel est votre programme pour les semaines à venir ? Il faut absolument que je me repose. J'ai besoin, que ce soit sur le plan mental ou physique, de recharger les batteries, car j'arrive vraiment à la limite... Puis je vais tranquillement me préparer pour la tournée américaine, mais je vais alléger considérablement mon programme avant l'US Open. Un billet pour le Masters sera en jeu... Absolument. Cela va se jouer sur les gros tournois de cet été (Toronto, Cincinnati et l'US Open). Ce seront trois grosses échéances. Il faudra que j'arrive avec la même intensité mentale et physique, que je ne pense pas trop à la pression, car c'est dans ces occasions-là qu'on déjoue. Il faudra que je me serve de mon expérience pour tenter de gérer au mieux, même si, quoi qu'il en soit, ce sera difficile. Ce mois-ci, estimez-vous avoir franchi un cap supplémentaire ? Bien sûr. Déjà, sur terre battue, je n'avais jamais obtenu ces résultats. Donc forcément, il y a eu un cap de franchi. Et gagner un tournoi aussi relevé qu'Eastbourne, faire quart de finale ici, battre Serena... il y a eu beaucoup, beaucoup de caps de franchis ! Je vais pouvoir prendre le temps de digérer tout ça, de revenir sur ce qui s'est passé depuis un mois, en tirer les leçons pour gérer au mieux la fin de la saison. Il y a eu beaucoup d'éléments très positifs qui vont me permettre, je l'espère, de bien finir l'année. A quel niveau se situent les caps franchis ? Mental ? Physique ? Technique ? Le physique et le mental sont extrêmement liés. Quand on a confiance en son physique, le mental suit. Si j'ai réussi à gagner autant de matches, c'est que physiquement, j'ai fait des progrès. Alors bien sûr, mon mental a suivi. Mais le mental, je l'avais toujours eu. Il me manquait beaucoup de physique. Sur le plan tennistique, j'ai eu quelques améliorations dans mon jeu qui ont fait la différence dans les gros matches. Mais le point principal est le physique. Y a-t-il comme un goût d'inachevé ? Non. Aujourd'hui, je ne pouvais juste plus... J'aurais très bien pu craquer avant, perdre en première semaine. Il faut savoir rester sur des choses positives et je ne vais pas pleurer pendant une semaine... Je crois assez en moi pour penser que de toute façon, des occasions, j'en aurai d'autres. Et si je continue à évoluer à ce niveau de jeu-là, j'aurai des occasions de gagner un tournoi du Grand Chelem. Alors, bien sûr, vu la performance que j'ai effectuée hier (contre Serena Williams), de l'extérieur, on peut se dire: "Tiens, cette année, c'est peut-être pour elle". Mais je savais aussi que j'allais forcément payer à un moment donné tous les efforts consentis auparavant... Si j'arrive à bien gérer cet été et si j'arrive à l'US Open avec un maximum de fraîcheur, j'aurai encore une occasion d'aller loin.