Bartoli: "Je le sentais"

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Bartoli: "Je le sentais"
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Marion Bartoli a vaincu le signe indien à Roland-Garros, atteignant les quarts de finale du tournoi pour la première fois de sa carrière, dimanche, aux dépens de l'Argentine Gisela Dulko. Bénéficiaire de l'abandon de son adversaire alors qu'elle avait empoché le premier set et menait dans la seconde manche (7-5, 1-0), la n°1 française jouera mardi son troisième quart en Grand Chelem. Une réussite dont l'intéressée livre les clefs.

Marion Bartoli a vaincu le signe indien à Roland-Garros, atteignant les quarts de finale du tournoi pour la première fois de sa carrière, dimanche, aux dépens de l'Argentine Gisela Dulko. Bénéficiaire de l'abandon de son adversaire alors qu'elle avait empoché le premier set et menait dans la seconde manche (7-5, 1-0), la n°1 française jouera mardi son troisième quart en Grand Chelem. Une réussite dont l'intéressée livre les clefs. Quel a été votre premier sentiment lorsque Gisela Dulko a abandonné ? Un sentiment mitigé. Je suis bien entendu contente d'atteindre les quarts de finale ici pour la première fois de ma carrière. Mais je suis un peu déçue pour elle car je la connais depuis dix ans et j'imagine qu'abandonner comme ça, en huitièmes de finale d'un Grand Chelem, ça doit être très difficile. Elle devait vraiment souffrir pour jeter l'éponge parce qu'on a forcément envie d'aller au bout dans un match comme ça. Franchement, ce n'était pas facile de la voir souffrir de l'autre côté du filet et j'aurais préféré signer une victoire entière et pleine aujourd'hui. Même si ça va aussi me permettre de bien récupérer avant les quarts de finale... Que s'est il passé dans le premier set ? Vous avez semblé gênée un moment donné. En début de match, j'ai su être agressive et bien entrer dans le court, jusqu'à 5-2. Ensuite, on a changé de côté et je me suis retrouvée contre le vent. J'étais sur le reculoir, je n'arrivais plus à donner de la vitesse à ma balle. A 5-4, ça va mieux mais je la vois se crisper et j'ai du mal à me concentrer sur mon jeu. Puis à 5-5, je parviens à remettre de l'intensité dans les échanges pour reprendre l'avantage et gagner le set. Ce sera votre troisième quart de finale en Grand Chelem. En quoi est-ce différent ? La médiatisation n'est pas la même, déjà. J'avais connu une grosse exposition pour ma finale à Wimbledon mais c'est encore autre chose cette fois. Ça signifie beaucoup plus aussi. Mon rêve d'enfant, c'est de jouer la finale de Roland-Garros et je ne suis qu'à deux matches de le réaliser. Le tournoi de Roland-Garros a forcément une place spéciale dans mon coeur. "Je suis plus agressive dans le jeu" Avez-vous souffert de ne pas réussir ici par le passé ? A part 2007 où j'ai eu de bonnes sensations jusqu'aux huitièmes de finale, c'est vrai que j'ai eu de grosses déceptions ici. Mais cette année, je sentais que je pouvais faire quelque chose. J'ai eu beaucoup de défaites à encaisser, j'ai accepté de jouer de plus petits tournois et de relever les manches pour revenir à mon meilleur niveau. Etre mieux physiquement m'a aidée à franchir un cap mentalement. Même si je ne suis pas encore une pure terrienne, je suis plus agressive dans le jeu. Avez-vous appris à apprécier cette surface qui ne vous convenait guère avant ? Oui, car j'ai eu les moyens de développer mon jeu sur terre battue. Avant, j'étais frustrée car je ne parvenais pas à développer mon jeu d'attaque, je ne trouvais pas mes appuis et j'étais gênée dans mon jeu de jambes. Désormais, j'ai un fond de jeu qui me permet aussi de prendre du plaisir. Ça se voit et ça change beaucoup de choses sur le court. Votre père a vendu la mèche: il semblerait que vous ayez changé beaucoup de choses à l'entraînement... Oui, c'est vrai, et c'est grâce à ça que je suis en quarts de finale aujourd'hui je pense. Mon niveau sur terre battue n'est plus le même. Il a fallu pour ça que je me remette en question, et que j'enchaine de nombreux tournois. Entre Charleston, Stuttgart, Barcelone, Madrid, Rome et Strasbourg, je viens de jouer sept semaines consécutives. Depuis Rome, ça va mieux, et à Strasbourg, quelque chose s'est débloqué. Mon père a mis au point une méthode d'entraînement très difficile mais le résultat est là. Je souffre à l'entraînement mais je n'ai plus de problèmes physiques en match. Etes-vous déjà tournée vers votre prochain match ? Tout à fait, je suis déjà concentrée sur mon quart de finale. Je sais ce que je vais faire demain pour me préparer. La dernière fois que j'ai affrontée Svetlana (Kuznetsova, ndlr), je l'ai battue... Elle joue avec beaucoup de lift. On verra bien...