Bartoli: "Continuer à progresser"

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Bartoli: "Continuer à progresser"
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Sortie en demi-finale de Roland-Garros par Francesca Schiavone (6-3, 6-3), Marion Bartoli veut se "servir de cette défaite" pour rebondir au plus vite, avec "de l'entraînement et de l'humilité". Enfin à l'aise sur la terre battue parisienne grâce à un "déblocage mental", la numéro un tricolore n'a plus qu'une envie: "recharger les batteries".

Sortie en demi-finale de Roland-Garros par Francesca Schiavone (6-3, 6-3), Marion Bartoli veut se "servir de cette défaite" pour rebondir au plus vite, avec "de l'entraînement et de l'humilité". Enfin à l'aise sur la terre battue parisienne grâce à un "déblocage mental", la numéro un tricolore n'a plus qu'une envie: "recharger les batteries". Marion, qu'est-ce qui a fait la différence entre vous et votre adversaire aujourd'hui ? Je pense que j'ai bien géré la pression. Mais elle a extrêmement bien joué aujourd'hui, utilisant parfaitement le vent à son avantage. Et elle a un jeu que cela dérange moins que moi, qui ait un jeu beaucoup plus à plat. Elle a joué un tennis extrêmement intelligent. À la fin, c'était trop dur pour moi. Je pense que si j'avais gagné ce jeu à 4 partout, si j'avais pu tenir mon service alors que j'étais menée 15-40, cela aurait pu renverser la situation. Mais quand elle a mené 5-3, elle a beaucoup mieux joué. Et à partir de là, c'est devenu très difficile. Donc je ne pense pas avoir joué un mauvais match, mais elle a trop bien joué. Pensiez-vous pouvoir retourner la situation, notamment quand vous réussissez le break dès le début du deuxième set ? C'est sûr que j'ai eu ma chance aujourd'hui. Mais je crois que j'ai été rattrapée par une certaine fatigue. La dépense d'énergie que j'ai été obligée de mettre pour produire du jeu a aussi fait que, dans les moments où j'ai mené, je pense que cela m'a coûté quelques points clés qui auraient pu faire basculer la rencontre. Est-ce qu'on peut dire que vous avez joué le meilleur tennis sur terre battue de votre carrière sur ce tournoi? Oui. Comment l'expliquez-vous ? D'abord, par des progrès physiques. Ensuite, grâce à une confiance en moi nettement supérieure à d'habitude. Ici, j'arrivais beaucoup plus dans le doute, dans le flou. Je ne savais pas si j'avais le jeu pour bien jouer sur terre battue. Cette année, j'ai pris le défi à bras le corps. Et je pense que, même si c'était un tournoi de moindre importance, avoir fait une finale à Strasbourg la semaine précédente m'a vraiment aidée mentalement, notamment à passer le cap sur des matches durs ici. Après, les automatismes viennent petit à petit. Avoir passé deux mois sur terre battue et joué énormément sur cette surface m'a aidée à prendre des points de repère. Et même si je pense que la terre battue reste la moins bonne surface pour moi, je ne pourrai plus dire que je ne peux pas jouer dessus maintenant que j'ai fait demi-finale à Roland Garros ! Mais cela me demande quand même plus d'efforts que sur des surfaces où je me sens plus à l'aise. "Pas du genre à faire la girouette" Que retiendrez-vous de ce tournoi ? Ce que je retiens, c'est d'abord une grande satisfaction d'être arrivée en demi-finale. Je ne pensais vraiment pas y arriver, très honnêtement. Et les très grandes émotions que j'ai vécues sur le court, et que j'ai pu partager avec mes proches. D'habitude, ces grandes émotions, je les partage plus avec mon père, qui est plus souvent à mes côtés. Avoir pu le partager avec mon frère, ma mère, mes grands parents, mon oncle et tous les gens que j'aime, c'est aussi leur apporter du bonheur. Et puis, le fait qu'ici, en France, je puisse arriver à bien jouer, à être soutenue par le public et à ressentir tout cet amour derrière moi, c'est ma plus belle satisfaction. Et c'est ce qui restera le plus. Pensez-vous que ce tournoi puisse marquer un gros tournant dans votre carrière ? Je ne sais pas, c'est un peu tôt pour le dire. Il faut que je me serve de cette défaite pour continuer à progresser. Et ne pas uniquement me satisfaire d'être arrivée en demi-finale, mais voir sur quel aspect du jeu je peux encore progresser et continuer à avoir un plan pour m'améliorer. C'est très important. Et puis, je pense que le déblocage mental qu'il y a eu ici m'aidera pour le reste, au moins de cette année. Je l'espère en tout cas. En quoi tout cela va-t-il vous servir à Wimbledon ? Déjà je pense que la meilleure préparation, cela va être de récupérer comme il faut. Comme vous pouvez l'imaginer, après un Grand Chelem, et surtout en France, il y a un certain influx qui est laissé. Il faut recharger les batteries et je n'ai pas beaucoup de temps, car Wimbledon, c'est seulement dans deux semaines. Il y a un changement de surface, beaucoup d'adaptations à faire. Mais c'est vrai que quand j'avais très bien joué en 2005, cela avait d'abord commencé en jouant mieux ici. J'espère que cela va continuer ainsi. Mais je sais que cela va repasser par de l'entraînement et de l'humilité. Et pas uniquement en pensant que parce que j'ai bien joué ici, cela ira forcément tout seul à Wimbledon. Que peut-on vous souhaiter pour l'avenir ? De retrouver une relation apaisée avec la fédération afin de réintégrer l'équipe de France de Fed Cup en vue des prochains Jeux Olympiques ? Nos relations sont vraiment excellentes. Il n'y a pas d'animosité ou de guerre ouverte. Je pense que chacun comprend les positions de l'autre. Après, j'ai un discours cohérent. Je n'ai jamais changé de ligne de conduite et j'ai toujours eu le même discours. Et puis, j'ai déjà participé à la Fed Cup, il ne faut pas l'oublier. Encore une fois, Jean Gachassin était là aujourd'hui et m'a soutenue du premier au dernier point. Je le répète, il n'y a pas de conflit. Mais il y a des règles en équipe de France qui, pour l'instant, ne sont pas compatibles avec mon projet. Je ne vais pas changer de ligne de conduite maintenant. Je ne suis pas du genre à faire la girouette.