Barrage sur un volcan

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Barrage sur un volcan
@ Maxppp
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Inédits dans le Top 14, les barrages sont un passage obligé pour rejoindre l'Usap et Toulon dans le dernier carré du championnat. Un marchepied supplémentaire qu'inaugurent ce vendredi, à Marcel-Michelin, Clermont, triple finaliste sortant, opposé au Racing-Métro 92, promu aux dents longues, prêt à l'exploit.

Inédits dans le Top 14, les barrages sont un passage obligé pour rejoindre l'Usap et Toulon dans le dernier carré du championnat. Un marchepied supplémentaire qu'inaugurent ce vendredi, à Marcel-Michelin, Clermont, triple finaliste sortant, opposé au Racing-Métro 92, promu aux dents longues, prêt à l'exploit. Au moins, le principe d'équité est-il sauf. A la différence du second barrage, qui opposera samedi, au Stadium, les Stakhanovistes de Toulouse, soumis aux travaux forcés, à des Castrais frais comme des gardons depuis la fin de la saison régulière il y a quinze jours, le premier barrage dans l'histoire du Top 14 ce vendredi entre Clermont et le Racing opposera deux équipes fraiches et disposes, surtout partant sur un même pied d'égalité. A ceci près que les Franciliens, à la différence de leurs adversaires clermontois, vainqueurs dans le même temps à Biarritz, avaient préféré faire l'impasse sur le derby lors de la dernière journée de la saison régulière. Le succès de Vern Cotter et de ses hommes sur la Côte Basque (26-19) n'aura pas suffi à éviter ce passage obligé vers le dernier carré du championnat. Clermont y a néanmoins soigné une confiance égratignée par sa traumatisante élimination en quarts de finale de la H-Cup et affiché ses bonnes résolutions à l'approche de ce sprint final, comme le confirmait en début de semaine son capitaine Aurélien Rougerie en n'hésitant pas à ériger "la gagne" au rang de vertu première. "On s'est dit que l'on rentrerait sur tous les terrains, face à n'importe quel adversaire pour gagner, avançait ainsi Rougerie dans La Montagne. Il faut que cet état d'esprit devienne pour cette fin de saison notre raison d'être. On a la gagne en nous, c'est pourquoi notre victoire à Biarritz était importante. Il y a des signes très encourageants avec des joueurs qui n'ont rien lâché et qui ont toujours cherché à colmater les brèches ou réparer une connerie d'un copain..."Nallet: Aborder le match comme les autres...Allusion à peine voilée à la faillite au pied en Coupe d'Europe d'un Brock James, voué depuis aux pires gémonies et autour duquel les Auvergnats, trop souvent réduits à leur meilleur rôle de formidables loosers, semblent avoir trouvé une raison de se faire violence et de se révolter contre ce sort qui n'en finit plus de s'acharner saison après saison. Clermont rêve d'une quatrième finale de Top 14 de rang, mais bien évidemment surtout d'un premier Bouclier de Brennus, même si Rougerie se plaît aussi à préciser qu'une élimination dès ce vendredi, ne ferait pas pour autant de cet exercice une saison ratée. Un point de vue dans l'absolu défendable, mais qui mis en regard des objectifs forcément élevés de l'ASM, ne tient pas. Un revers résonnerait comme un incontestable coup d'arrêt. Clermont a besoin de retrouver le Stade de France et, au vu de son expérience en phases finales, mériterait forcément l'étiquette de favori (voir: Pierre: Favori ? Je ne sais pas...) pour rejoindre Toulon à Saint-Etienne dans le dernier carré si ne se présentait pas ce vendredi, à Marcel-Michelin, un promu qui n'en a que le nom. Ce Racing sitôt sorti de Pro D2 et qui déjà s'invite dans le concert des ténors du championnat au terme d'une saison à la hauteur de ses énormes ambitions. Sixièmes et derniers qualifiés, assurés de leur billet européen pour la saison prochaine, les Ciel et blanc, de retour en phases finales du championnat pour la première fois depuis dix-huit ans, auraient tout pour être heureux, s'ils ne comptaient dans leurs rangs des compétiteurs nés, à l'image de ces internationaux, les Chabal, Nallet et autre Steyn (voir: Chabal-Nallet, c'est l'heure !). Et quelques seize trentenaires au sein d'un effectif, qui compte 75% de joueurs ayant participé à la montée, et dont la moyenne d'âge de 29 ans incite à profiter d'une opportunité qui pourrait ne pas repasser. Le capitaine Lionel Nallet le premier, qui n'a plus goûté les phases finales depuis 1999 et exhorte ses troupes à voir plus haut. "Le groupe ne doit pas avoir peur de perdre le match, souligne Lionel Nallet. Il ne faut pas qu'un stress s'installe. Mon rôle est d'aider le groupe à aborder le match comme les autres." Cotter: "Le Racing ? Opportuniste et pragmatique"Son manager Pierre Berbizier peut bien louer Clermont, sûrement le meilleur rugby sur ces trois dernières saisons, ce Racing, réputé comme l'une des équipes les plus délicates à manoeuvrer du championnat, rarement distancée et constant dans la performance, ne doute de rien, surtout pas de sa capacité à contester Clermont devant son extraordinaire public grâce à ce jeu de conquête, d'occupation du terrain et de défense, simple dans ses principes, mais qui en cette fin de saison donne sa pleine mesure, illustrée par le groupé-pénétrant, mis au point avec minutie par Philippe Berbizier, le frère du manager, qui face au BO fit reculer les finalistes de la H-Cup sur 35 mètres avant de terminer dans l'en-but.Et ce ne sont pas les deux rencontres de saison régulière qui risquent de donner des complexes aux Ciel et blanc. Le Racing-Métro menait 22-21 à la 70e minute à Clermont lors de la 6e journée avant de céder (30-22) et au retour, à Colombes, il a surclassé son adversaire pendant une heure (30-0) pour l'emporter (33-24). Le jeu en contre et en puissance semble devoir parfaitement s'adapter au jeu d'envergure des Jaunards. Ce que semble concéder Cotter lorsqu'il affirme: "C'est une équipe opportuniste et pragmatique, qui peut compter sur d'excellents buteurs et un ailier, Bobo, qui doit être le plus rapide du championnat. Il faudra être très vigilants !" Une sorte de portrait en creux de cette ASM, dont l'artificier n°1 n'est pas certain d'assumer sa charge et dont la bombe Nalaga n'est plus vraiment au top, même si le Fidjien reste sur un regain de forme et un doublé à Biarritz. Le mot de la fin pour un "Papy" Mehrtens toujours alléché à 37 ans. "C'est le big time, s'enthousiasme le Kiwi dans Sud-Ouest. Quand je jouais aux Crusaders, c'est le moment que je préférais". Non, vraiment, ils ne doutent de rien...