Barnier: "Camille a trouvé le bon équilibre"

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Barnier: "Camille a trouvé le bon équilibre"
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Sacré triple Champion d'Europe en août dernier, à Budapest, Camille Lacourt a depuis fait l'objet d'un véritable tourbillon médiatique, qui n'a pas épargné son entraîneur Romain Barnier, devenu au fil des semaines, par la force des choses, un super-agent. Jusqu'à ce que le nageur lui-même, conscient du danger, ne mette le ola il y a trois semaines. C'est à Compiègne, ce week-end, que Lacourt renoue avec la compétition. Sans choisir la facilité, mais bien l'inédit avec un duel sur 100 m face à Alain Bernard !

Sacré triple Champion d'Europe en août dernier, à Budapest, Camille Lacourt a depuis fait l'objet d'un véritable tourbillon médiatique, qui n'a pas épargné son entraîneur Romain Barnier, devenu au fil des semaines, par la force des choses, un super-agent. Jusqu'à ce que le nageur lui-même, conscient du danger, ne mette le ola il y a trois semaines. C'est à Compiègne, ce week-end, que Lacourt renoue avec la compétition. Sans choisir la facilité, mais bien l'inédit avec un duel sur 100 m face à Alain Bernard ! Romain, si les exploits de Camille Lacourt à Budapest ont marqué les esprits, la gestion de son nouveau statut et de l'emballement médiatique à son égard n'en était-il pas un autre de taille ? Complètement, ça a été un véritable challenge que de se mettre en place autour de lui pour faire face à cette avalanche de sollicitations. Aujourd'hui, on prend le train, il est encore dans tous les magazines people à nouveau. Forcément, tout est différent. Pas plus tard qu'aujourd'hui, on est à l'hôtel, en train de manger, il y a derrière nous une table de filles, qui a absolument voulu l'avoir pour le dessert. Ce n'est forcément plus la même vie aujourd'hui pour Camille. Donc on va voir ce que ça donne ce week-end après trois bonnes semaines d'entraînement, où il a repris un très bon niveau, équivalent à celui qu'il avait l'an passé. Ne craignez-vous pas malgré tout que ces innombrables sollicitations puissent altérer aujourd'hui son rendement dans l'eau ? C'est le point d'interrogation, il a dû faire face à tellement de sollicitations, il y en a encore un peu... Le tout est de savoir si ça a un impact, ou pas, sur sa reprise. Si ce n'est pas le cas, alors il pourra continuer à gérer comme il se gère depuis un mois et demi, si on sent en revanche que ça a un impact et qu'il y a un peu de fatigue, alors il ralentira pour se reconcentrer sur l'eau. On ajuste parce que Camille est un garçon débordant d'énergie. L'année dernière, il avait encore un peu de place pour se consacrer à un job pour combler les temps morts entre les entraînements. Là, aujourd'hui, il est rassasié par les sollicitations et par les charges d'entraînement. Si ça ne doit pas avoir d'impact, alors tant mieux, ça voudra dire qu'il peut continuer à s'entraîner et continuer à vivre pleinement sa situation. On en saura plus après ce week-end, même s'il s'agit d'une compétition abordée avec la fatigue de l'entraînement et sans aucune préparation. "On ne fonctionne pas en termes de reconnaissance" Le risque pour un hyperactif comme Camille n'est-il pas de vouloir tout assumer ? Non, pas du tout parce qu'il possède un très bon ressenti de son niveau d'énergie et il a acquis depuis deux ans une très bonne gestion d'entraînement. Donc il arrive à sentir ce qui le pénalise en dehors des entraînements. Il l'a senti il y a trois semaines et il a mis un sérieux coup de frein à toutes ces sollicitations pour mieux s'entraîner. Je crois que depuis trois semaines, il a trouvé le bon équilibre, les entraînements sont performants. Après, on a un double challenge, à savoir sa réaction à cette nouvelle vie et puis cet autre paramètre qu'est la reprise en petit bassin avec en ligne de mire les Mondiaux de Dubaï (15-19 décembre), qui représentent pour lui un vrai challenge. Sur la route de Londres 2012, ce sera l'occasion pour lui de se mesurer à une concurrence encore plus accrue... Il va passer d'un Championnat d'Europe à un Championnat du monde, donc forcément une étape plus relevée. De plus, il va avoir à faire à des adversaires peut-être moins forts que lui en grand bassin, mais qui en petit bassin sont de vrais spécialistes. Il a donc un vrai challenge devant lui dans deux mois pour lequel il doit se préparer en conséquence. De toute façon, s'il finit l'année dernière devant dans les « rankings » grand bassin, c'est loin d'être le cas en petit bassin, où ce n'est pas tout à fait le même sport. Un 100 m en grand bassin, il y a 30 m sous l'eau, 70 m de nage, sur un 100 m en petit bassin, il y a 60 m sous l'eau et 40 m de nage. Pour quelle raison Camille va-t-il s'essayer cette saison sur le crawl et notamment dès ce week-end sur 100 m face à Alain Bernard ? C'est une envie, oui, il se concentre beaucoup plus sur le crawl que ce qu'il a pu faire l'année dernière. C'est aussi lié à de nouvelles capacités athlétiques qu'il est en train d'acquérir, il prend un peu de force, ça pourra l'aider au niveau du crawl. On travaillait plutôt de l'autre côté jusqu'à présent pour le dos. Il avait des paliers à franchir sur le dos, il les a franchis, à lui de les entretenir tout en essayant de développer d'autres capacités. A travers cette réussite à Budapest de Camille, qui n'a eu de cesse de noter à quel point son arrivée à Marseille avait été décisive dans sa progression, c'est tout le travail entrepris au CNM qui est reconnu aujourd'hui ? On ne fonctionne pas vraiment comme ça en termes de reconnaissance, mais plutôt en termes de savoir-faire, de compétences et de méthodes, à améliorer, qui vont continuer à les faire progresser. Je pense qu'ils ont confiance dans la trajectoire qu'on a choisie jusqu'aux Jeux Olympiques, ils ont confiance dans leur projet. Budapest, c'est plus un point de renforcement de la confiance plus qu'une reconnaissance. Ce n'était qu'une étape, on en a profité sur la semaine en termes de plaisir et d'épanouissement, après, la reconnaissance qui vient derrière, ce n'est pas le sport tout ça, un autre domaine sur lequel on ne se concentre pas beaucoup. Sacré triple Champion d'Europe en août dernier, à Budapest, Camille Lacourt a depuis fait l'objet d'un véritable tourbillon médiatique, qui n'a pas épargné son entraîneur Romain Barnier, devenu au fil des semaines, par la force des choses, un super-agent. Jusqu'à ce que le nageur lui-même, conscient du danger, ne mette le ola il y a trois semaines. C'est à Compiègne, ce week-end, que Lacourt renoue avec la compétition. Sans choisir la facilité, mais bien l'inédit avec un duel sur 100 m face à Alain Bernard !