Banque Populaire dit stop

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Banque Populaire dit stop
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Les dégâts étaient trop importants. Victime d'une avarie, dans la nuit de mercredi à jeudi, Banque Populaire n'a pu continuer sa route, contraint à l'abandon ce samedi à midi dans sa tentative du record du Trophée Jules-Verne. Pascal Bidégorry et son équipage ont tout tenté dans la matinée pour réparer la dérive endommagée, en vain. Le record appartient toujours à Groupama 3 de Franck Cammas.

Les dégâts étaient trop importants. Victime d'une avarie, dans la nuit de mercredi à jeudi, Banque Populaire n'a pu continuer sa route, contraint à l'abandon ce samedi à midi dans sa tentative du record du Trophée Jules-Verne. Pascal Bidégorry et son équipage ont tout tenté dans la matinée pour réparer la dérive endommagée, en vain. Le record appartient toujours à Groupama 3 de Franck Cammas. La nouvelle est tombée samedi, peu avant midi. "A l'issue de la réparation en cours sur la dérive, le Maxi Banque Populaire V ne sera plus en mesure d'aborder les océans du sud dans des conditions normales de sécurité et de performance. Pour sa première tentative de record de Trophée Jules Verne, l'équipage est donc contraint à l'abandon", pouvait-on lire sur le site officiel du maxi trimaran. Pascal Bidégorry et son équipage n'ont donc pas réussi à redonner un semblant de vie à cette dérive endommagée. Un incident d'autant plus dommageable que la collision avec un objet flottant non identifié (OFNI) est intervenue alors que le bateau menait un train de 37 noeuds. Banque-Populaire se trouvait en avance jeudi de 450 milles sur les temps de passage de Groupama 3. Mais Pascal Bidégorry était loin d'être optimiste le lendemain: (Lire "J'en ai gros sur la patate"). Bidégorry: "Ne pas continuer est plus qu'une évidence" Lors de la vacation de samedi midi, le Bayonnais décrivait avec précision des conditions difficiles, trop difficiles pour continuer: "Nous avons passé la journée d'hier à scier l'extrémité de la dérive abimée. Nous avons dégagé une petite partie saine et nous avons gratté à l'intérieur pour faire une stratification. En ce moment, les garçons sont en train d'essayer de boucher avec tout ce qu'ils trouvent. Ensuite il faudra stratifier l'extérieur. Le bateau est un véritable atelier de composite en ce moment, ce qui n'a rien d'évident par 46° Sud, dans le froid et dans le brouillard permanent. Nous nous retrouvons avec deux mètres de dérive au lieu des 6,80 mètres habituels. A l'échelle d'un bateau comme le nôtre, ça n'encourage pas la performance et nous avons énormément de près annoncé pour aller jusqu'aux Kerguelen, conditions dans lesquelles la longueur totale de la dérive est indispensable." Ce fameux près rend donc impossible toute poursuite de tentative du record. Franck Cammas va encore garder un petit moment son record du tour du monde en équipage sans escale et sans assistance établi le 20 mars 2010 à 22h40'45" en 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes. "Il faut être objectif, nous sommes quand même dans un record et nous courrons contre le temps. Ne pas continuer est plus qu'une évidence aujourd'hui (...) Nous sommes sortis de ce qu'était l'essence même de notre objectif. Nous avons donc pris la décision de laisser un peu de temps à l'équipe en charge du "chantier" pour finir de réparer comme il faut. Ensuite nous rentrerons doucement mais sûrement vers Lorient. Nous sommes de grands garçons, nous sommes venus là tout seuls et nous rentrerons à la voile." A peine écrite, l'histoire se termine un peu trop brutalement. Mais tout ce qui ne tue pas rend plus fort, paraît-il. Et Banque Populaire n'est pas mort.