Auxerre, le syndrome C1

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Auxerre, le syndrome C1
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Depuis son élimination en Ligue des champions, Auxerre n'a plus gagné un seul match. La série a démarré juste avant le match perdu face à Milan (0-2) et s'étend désormais sur douze matches, à l'heure de recevoir Lille lors de la 22e journée de Ligue 1. Le lien de cause à effet paraît évident, avec des conséquences autant physiques que mentales sur le mince effectif bourguignon.

Depuis son élimination en Ligue des champions, Auxerre n'a plus gagné un seul match. La série a démarré juste avant le match perdu face à Milan (0-2) et s'étend désormais sur douze matches, à l'heure de recevoir Lille lors de la 22e journée de Ligue 1. Le lien de cause à effet paraît évident, avec des conséquences autant physiques que mentales sur le mince effectif bourguignon. La Ligue des champions, c'était bien, c'était chouette, comme disait Michel Delpech. Mais la réalité est désormais toute autre pour Auxerre, éliminé logiquement de la C1 au sein d'un groupe monstrueux avec le Real Madrid, l'AC Milan et l'Ajax Amsterdam, et où les Bourguignons ont vaillamment défendu leurs chances. Peut-être un peu trop vaillamment d'ailleurs, au vu de l'hécatombe de blessures qui touche la formation de Jean Fernandez en ce début d'année. Pedretti et Ndinga, les deux sentinelles de l'entrejeu, sont principalement concernés et le Congolais sera absent à coup sûr face à Lille. Mignot, Contout, Traoré, Licata et Sanogo remplissent également l'infirmerie, sans compter le deuxième gardien Rémy Riou absent jusqu'à la fin de la saison (remplacé par l'ancien Brestois Simon Pontdemé). Tout le monde s'y attendait et tout le monde le savait, l'AJA allait souffrir, autant physiquement que mentalement, des retombées de la Ligue des champions. Même prévenus, les hommes de Jean Fernandez ont voulu profiter et jouer leur chance à fond. Cédric Hengbart, par exemple, ne fait pas mystère de sa dangereuse titularisation face à Milan. "Avec le staff médical et le coach, on savait qu'il y avait des petits risques, indiquait ainsi le latéral auxerrois dans les colonnes de L'Yonne Républicaine. Mais il y avait aussi l'enjeu de ce match contre Milan. Le risque était calculé. Mais cela a craqué, et il y a eu rechute." Coulibaly: "Nous ne changerons pas" A Caen, samedi dernier, le coach ajaïste n'a même pas pu compléter son banc de remplaçants, avec un groupe de seulement 17 joueurs au lieu des 18 autorisés. Après deux matches héroïques à l'Abbé-Deschamps face au Real (0-1) puis surtout face à l'Ajax (2-1), Auxerre a lâché, dans les corps comme dans les têtes. C'en était trop pour un effectif aussi peu élargi, déjà pas vraiment préparé à courir plusieurs lièvres à la fois. Alors, quand il ne s'agit plus de lièvres, mais de dinosaures tels que leurs trois adversaires en Coupe d'Europe, la barre est largement trop haute. Et le contrecoup est sévère. Depuis leur victoire face à Rennes le 11 novembre, les Auxerrois ont enchaîné douze matches sans victoire toutes compétitions confondues. La pire série en cours, puisqu'Arles-Avignon reste sur "seulement" dix matches sans succès, en cumulant Ligue 1 et Coupe de France. Parmi ces revers côté auxerrois, l'élimination en demi-finale de Coupe de la Ligue face à Marseille, mais aussi en 32e de finale de Coupe de France face à Wasquehal, club de CFA 2. Un coup double bien malheureux là aussi pour l'AJA qui, dix jours après avoir pris un sérieux coup au moral au Stadium Nord, y a encore laissé des plumes face à l'OM - lors du match qui pouvait les emmener au Stade de France. Au propre comme au figuré, puisque Pedretti s'est à nouveau blessé (élongation aux adducteurs) face à son ancienne équipe. Après une première partie de saison bien remplie, Auxerre ne peut désormais plus s'éparpiller, avec la seule Ligue 1 au tableau. De toute façon, il y a déjà état d'urgence, puisque les hommes de Jean Fernandez ne pointent qu'à deux points de Lens, premier relégable. "L'objectif, c'est le maintien, affirmait d'ailleurs le coach bourguignon après l'élimination face à Marseille, au micro de RMC. Mon équipe est en difficulté, mais on a les moyens de se maintenir." Pour Adama Coulibaly, interrogé par L'Yonne Républicaine, l'équipe doit maintenir son plan de jeu, qui lui a tant réussi la saison dernière: "Il faudra rester en place, défendre ensemble, et quand on a le ballon, jouer ensemble. Ce sera difficile contre Lille, mais ce sera un match comme un autre. Nous ne changerons pas notre façon de jouer (...) Cela ne veut rien dire, le classement. Ce qui compte, c'est ce qui se passe sur le terrain au cours du match." Le problème, c'est qu'il ne s'y passe plus grand-chose avec l'AJA depuis un certain temps. Mais la venue du Losc leur rappellera peut-être un niveau plus proche de la Ligue des champions, ce piège doré qu'ils ont tant aimé.