Aux titans réunis

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Aux titans réunis
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C'est une finale avant l'heure qu'accueille ce samedi l'Aviva Stadium de Dublin avec la première demi-finale de H Cup entre les Irlandais du Leinster et le Stade Toulousain. Les tenants du titre s'offrent un défi titanesque sur les terres de leurs prédécesseurs au palmarès de la compétition. S'ils doivent réaliser l'impossible doublé, Novès et ses joueurs ont besoin d'un exploit majeur.

C'est une finale avant l'heure qu'accueille ce samedi l'Aviva Stadium de Dublin avec la première demi-finale de H Cup entre les Irlandais du Leinster et le Stade Toulousain. Les tenants du titre s'offrent un défi titanesque sur les terres de leurs prédécesseurs au palmarès de la compétition. S'ils doivent réaliser l'impossible doublé, Novès et ses joueurs ont besoin d'un exploit majeur. "On va faire le doublé. Comme la saison dernière... puisqu'on avait participé aux deux demi-finales." C'est un Guy Novès d'humeur badine qui cette semaine s'est exprimée face à la presse sur le rendez-vous d'exception, qui samedi attend ses joueurs, à Dublin. Si le manager toulousain, qui s'apprête à diriger sa dixième demi-finale dans l'épreuve (nouveau record devant le Munster et ses neuf participations à ce stade de la compétition, ndlr), auxquelles il convient d'ajouter la dix-huitième participation consécutive au dernier carré du Top 14, accrochée le week-end dernier, face à Bourgoin (33-0), est rompu à l'exercice, c'est pourtant à un vrai choc de titans que le les Rouge et noir sont conviés dans la capitale irlandaise. Toulouse, tenant du titre, face au Leinster, sacré en 2009 et lui pour la sixième fois au rendez-vous des demi-finales (1997, 1998, 2000, 2009, 2011), ça ressemble fort à un nouveau Clasico européen tant la province irlandaise fait figure, à l'image de ses compatriotes du Munster, reversés cette année en Challenge Européen, de contradicteur légitime des recordmen de victoires dans l'épreuve. C'est d'ailleurs sur un air de Clasico que Novès a accepté, cette fois sur RMC, de comparer le Stade et un autre géant du sport européen: "Si vous nous comparer au Barça, que je vénère, on en est très fier. C'est une référence. On essaye déjà de faire du Stade Toulousain à notre petit niveau. Mais j'aimerai que le Barça soit un exemple pour nous." Ecole de jeu et d'excellence, Toulouse n'a pas d'égal sur le continent, mais à l'heure d'aller défier Brian O'Driscoll et ses coéquipiers sur la pelouse de l'Aviva Stadium, le challenge est de taille. Même pour des quadruples vainqueurs (1996, 2003, 2005, 2010). Face à 50 000 supporters irlandais Si le BO à Anoeta constituait déjà un sommet référence, alors le Leinster à l'Aviva Stadium en est un autre... Cian Healy, pilier international de la province irlandaise, en témoigne sur le site du Stade: "Cela devient un peu notre forteresse maintenant, et le soutien des fans du Leinster que nous recevons dans cette arène est incroyable. Ils sont là pour nous à chaque rencontre, petite ou grande, et ce sera super de les avoir derrière nous pour cette demi-finale." Près de 50 000 inconditionnels du Leinster pousseront derrière "BOD" et une équipe qui, sous les ordres de Jo Schmidt, transfuge brillant de l'ASM, placé avec succès à la tête lors de la dernière intersaison, a su faire fructifier l'héritage de Michael Cheika pour devenir élargir une palette de jeu longtemps limitée à sa ligne d'arrières, celle qui avait pourtant suffi en 2006 à éliminer à la surprise générale des Toulousains et de leur public médusés, à l'issue d'un quart de finale époustouflant au Stadium (35-41). "Je ne regarde pas tous leurs matches, mais je pense qu'ils ont évolué en conquêtes ces dernières années", a reconnu en conférence de presse William Servat, de retour samedi pour un combat des packs, qui s'annonce autrement plus équilibré que par le passé: "Vous me dites qu'on avait dominé en mêlées l'an dernier en demi-finale ? Je ne m'en souviens pas..." L'humilité pour seule devise car le Leinster qui s'est incliné l'an passé en demi-finales, encore au Stadium (26-16), a en effet musclé son registre. "C'est un rugby complet fait de beaucoup d'alternance, convient lui aussi Novès. Les Irlandais ont renforcé leur pack avec des joueurs de grande qualité. Le Stade devra être samedi une grande équipe." Qui pour de nombreux observateurs ne part d'ailleurs pas favori de cette nouvelle confrontation (voir par ailleurs), la première en phases finales sur le terrain des Irlandais. "C'est un milieu hostile, mais c'est une énergie supplémentaire à capter", positive Jean Bouilhou, désigné capitaine afin de permettre à un Thierry Dusautoir à peine de retour de blessure de se concentrer sur son seul match. Un contexte de revanche face au Leinster que Novès là encore balaye dans un sourire: "Tous les matches sont des revanches. Toutes les équipes nous ont battus et inversement. Là, c'est peut-être encore plus vrai en effet car il s'agit d'une demi-finale comme l'an dernier. Dommage qu'il n'y ait pas un goal-average à comparer car alors nous avions pris un peu d'avance..." Le Leinster abonné aux Français Mais tout est effacé et Toulouse, qui promet au Leinster un cinquième match face à un adversaire français au cours de cette campagne européenne après Clermont et le Racing, doit se préparer à un choc majeur face à un adversaire rompu au style français: "Ces matchs-là nous ont confirmé qu'une grande part d'imprévisibilité rentrait en ligne de compte dans la manière dont les clubs français jouent, confirme Healy, qui fut aussi de la défaite du XV du Trèfle face aux Bleus dans le Tournoi dans ce même Aviva Stadium (22-25), et à quel point ils disposent aussi de solutions variées pour jouer différemment et gagner." Des huit confrontations qui ont opposées les deux clubs, le Stade peut se vanter d'en avoir remporté cinq pour trois succès irlandais (*). Mais ces huit sommets ont aussi cristallisé les duels sur le terrain, qui font les grands chocs et qui samedi encore devraient encore être au coeur des débats : Strauss / Servat, Hines / Albacete, O'Brien / Dusautoir, Sexton / Skrela, Horgan / Clerc... Il n'y a bien a priori que le duel des deux paires de centres les plus utilisés en Coupe d'Europe, D'Arcy - O'Driscoll / Jauzion - Fritz qui fera défaut, Poitrenaud étant préféré à Jauzion, renvoyé sur le banc. Voilà bien l'une des rares entorses à ce véritable Clasico... (*) Les 8 confrontations entre le Stade Toulousain et le Leinster : 06/09/97, Poule / Leinster - Toulouse (25-34) ; 11/10/97, Poule / Toulouse - Leinster (38-19) ; 28/09/01, Poule / Leinster - Toulouse (40-10) ; 12/01/02, Poule / Toulouse - Leinster (43-7) ; 01/04/06, Quarts / Toulouse - Leinster (35-41) ; 18/11/07, Poule / Toulouse - Leinster (33-6) ; 12/01/08, Poule / Leinster - Toulouse (20-13) ; 01/05/10, Demies / Toulouse - Leinster (26-16).