Auteuil boycotte le Parc

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Auteuil boycotte le Parc
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LIGUE 1 - Trois associations dénoncent le comportement de la direction du club.

LIGUE 1 - Trois associations dénoncent le comportement de la direction du club. Si la saison 2009-10 ne restera pas dans les annales sportives du PSG, elle pourrait néanmoins marquer un tournant dans l'histoire du club. Le communiqué commun rédigé par les Supras Auteuil et la Grinta (Virage Auteuil) et les Authentiks (tribune G) appelant au boycott du Parc des Princes pour la rencontre face à Sochaux, samedi (19h00), risque en effet de faire date. Dans cette longue missive mise en ligne sur Internet, ces associations de supporters s'en prennent frontalement à la direction du club, l'accusant de ne pas condamner les dérives racistes de la frange dure du Kop de Boulogne. Le point de départ de ce communiqué : les graves incidents ayant émaillé l'avant-match face à l'OM, à l'issue desquels un supporter issu du Kop de Boulogne a été roué de coups et laissé pour mort au bord de la route. Yann L., 38 ans, est aujourd'hui plongé dans un coma artificiel. Confirmés par de nombreux témoignages et certaines vidéos, ces incidents n'avaient au départ rien d'une fight préméditée. "Des dizaines de supporters qui attendaient devant les guichets de la tribune Auteuil ont été agressées par surprise et de façon préméditée par un groupe de 150 hooligans du Kop de Boulogne, le tout dans un torrent de slogans racistes et de haine, explique le communiqué. Devant l'absence de réaction policière, la riposte spontanée des abonnés a mis en déroute les assaillants. L'un des participants actifs de l'attaque s'est retrouvé isolé et passé à tabac par les personnes qu'il avait entrepris d'agresser." L'enquête concernant spécifiquement cette agression continue d'avancer. Jeudi après-midi, Un homme âgé de 28 ans, originaire des Yvelines et membre des Authentiks, a été arrêté. Déjà connu pour vols, port d'armes et outrages, il aurait reconnu avoir donné des coups au supporter blessé. Une "ratonnade géante et préméditée" Dénonçant l'"acharnement" contre le supporter isolé, les Supras, la Grinta et les Authentiks regrettent surtout l'absence de réaction de la part des dirigeants du club. "La direction du Paris SG a réagi vivement pour condamner ce qu'il convient d'appeler un lynchage. Il était de son devoir de le faire. Pour autant, elle n'a pas eu un mot pour soutenir ses innombrables abonnés victimes de cette ratonnade géante et préméditée, alors que son ampleur en fait sans doute la pire exaction physique à caractère raciste organisée au cours des quinze dernières années à Paris, si ce n'est en France." Les incidents survenus avant le clasico ne sont en effet que la suite d'une tension ininterrompue entre les deux virages du Parc, en pause pendant un certain nombre d'années avant de reprendre de plus belle cette saison : à Bordeaux ou à Lille, où les supporters du Virage Auteuil n'ont même pas pu assister à la fin de la rencontre. "Alors qu'il connaissait la situation dans le détail, le PSG s'était contenté de condamner les incidents (de Lille), sans dire un mot sur le raid mené par le groupe de Boulogne et la caractérisation raciste de cette agression." Boulogne-Auteuil, près de vingt ans de rivalité La rivalité entre les deux tribunes remonte au début des années 1990 lorsque l'actionnaire de l'époque, Canal+, proposa aux Ultras de s'installer dans le Virage Auteuil, à l'opposé du Kop de Boulogne. À l'arrivée, les deux virages, aux traditions et à la population largement différentes - cosmopolite à Auteuil, essentiellement blanche à Boulogne - se construisent par antagonisme, Boulogne avançant régulièrement son ancienneté comme facteur de suprématie. Mise en place en 1978, Boulogne a très tôt fait parler d'elle en termes de violence, en prenant pour "modèle" le hooliganisme britannique. En août 1993, le passage à tabac d'un CRS lors de PSG-Caen jeta même une ombre sur la saison du titre, le deuxième et dernier du PSG. Depuis, des incidents défraient régulièrement la chronique : le décès d'un supporter en marge du match face à l'Hapoël Tel-Aviv, en 2006, ou encore la banderole anti-Ch'tis déployée lors de la finale de la Coupe de la Ligue, en 2008. Ce que les associations d'Auteuil reprochent aujourd'hui à la direction du club, c'est de ne pas s'attaquer aux racines de ce problème récurrent. "Dans les faits, les associations officielles de supporters observent que le club a fait le choix de passer sous silence les agissements de certains membres de la tribune Boulogne – par peur des représailles ou par intérêt objectif – au lieu de prendre la défense morale et physique des supporters de toutes les autres tribunes qui assistent, impuissants, à des actes inqualifiables depuis trop longtemps." Mis sur le banc des accusés, le PSG entame le match le plus difficile de son histoire, celui contre la violence et le racisme de certains de ses supporters.