Audi roi du chrono

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Audi roi du chrono
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Pour la première fois depuis son retour au Mans en 2007, Peugeot ne s'élancera pas en pole position des 24 Heures du Mans samedi à 15 heures. Les trois 908 ont été devancés par deux Audi, Benoit Tréluyer signant le meilleur chrono en 3'25''738. Si la pole reste donc une spécialité française depuis cinq ans, Audi a frappé un premier grand coup. Peugeot est prévenu.

Pour la première fois depuis son retour au Mans en 2007, Peugeot ne s'élancera pas en pole position des 24 Heures du Mans samedi à 15 heures. Les trois 908 ont été devancés par deux Audi, Benoit Tréluyer signant le meilleur chrono en 3'25''738. Si la pole reste donc une spécialité française depuis cinq ans, Audi a frappé un premier grand coup. Peugeot est prévenu. Un très gros coup ! Bien sûr, la pole-position au Mans apparait illusoire à l'heure de s'élancer pour 24 Heures. Il n'empêche qu'Audi a frappé fort ce jeudi soir sur le circuit des 24 Heures en plaçant deux R18 aux deux première places de la grille de départ, pour une mainmise plus observée depuis 2006 et la R10, le dernier triplé datant de 2002 avec la R8 devant la marque voisine Bentley ! Une vraie révolution surtout et le signe d'une stratégie totalement revue au sein de la firme aux anneaux. Car cette pole de la R 18 est une vraie rébellion. Alors que toutes ses devancières en Endurance (R8, R10 et R15) s'étaient imposées pour leurs premières sorties en course, la dernière née des bureaux d'Ingolstadt n'avait pu les imiter à Spa lors de la deuxième manche de l'Intercontinental Le Mans Cup, cédant face à Peugeot. Mais Audi fourbissait sa revanche. Le Dr.Ulrich, grand patron de la branche sportive de la marque aux anneaux l'avait annoncé en janvier dernier. Terminé la victoire à l'économie, cette année il faudrait gagner en se montrant meilleur sur la piste et plus seulement sur l'autel de la fiabilité et d'interventions aux stands toujours impressionnantes chez Audi. Quoi de mieux pour illustrer cela que vaincre Peugeot sur son terrain, celui de qualifications où la 908 demeurait imbattable depuis sa première apparition au Mans en 2007 ? A l'époque, la pole-position avait été accueilli par un moment de ferveur dans le stand Peugeot, le programme 908 n'étant qu'à ses débuts. Ce jeudi, certains visages comme celui de Stéphane Sarrazin, triple poleman (2007, 2008, 2009) trahissait une certaine frustration. Bourdais : "Ils ont essayé de nous ridiculiser" Car le Cévenol n'est pas passé loin. Détenant la pole-position mercredi soir (avec un chrono de 3'27'033), Sarrazin a d'abord vu Marcel Fassler (3'25''961) lui chiper le meilleur chrono sans vraiment pouvoir réagir. Parti sur un tour rapide, le pilote Peugeot résistait dans la troisième section, celle des virages Porsche où Audi semble avoir un net ascendant, mais butait sur une Aston Martin dans les derniers virages pour échouer à deux dixièmes. Rageant ! "J'ai perdu la première place à cause du trafic dans le dernier virage... C'est comme ça, c'est le jeu. Les qualifications ne sont pas si importantes, on part pour 24 Heures mais on essaye toujours de se battre pour partir devant. Ça n'a pas voulu fonctionner, c'est triste", avouait sur Eurosport l'ancien pilote Subaru en WRC. Ce que Sarrazin ignorait alors, c'est qu'Audi était loin d'avoir terminé son offensive. Et dans l'ultime séance entre 22h et minuit, la R18 allait chercher loin dans ses ressources pour compléter sa supériorité. Romain Dumas améliorait dès 22h15 pour se hisser en pole (3'25''799) avant que Tréluyer ne l'imite (3'25''738). "C'est super, je ne m'y attendais pas du tout. Ce n'était pas prévu que j'attaque à ce moment là mais le drapeau rouge a tout changé. J'ai eu un tour clair. C'est absolument génial", s'enthousiasmait sur Eurosport celui qui était violemment sorti en course en 2009 au volant d'une 908 Pescarolo. Trop pour Peugeot qui rendait les armes tout en faisant bonne figure, le tout malgré un dernier assaut infructueux de Simon Pagenaud. Sébastien Bourdais, étonnamment énervé (signe de fébrilité ?) , pouvait fulminer : "Toutes les voitures sont en six dixièmes. N'importe qui ayant un tour clair aurait pu faire la pole, ça ne nous a pas réussi mais on verra dimanche. Ils ont essayé de nous ridiculiser mais ils n'ont pas réussi aujourd'hui". Quelques instants plus tard, Tom Kristensen sortait très fort au Tertre Rouge au moment du gong, endommageant sa R18 numéro 3 qui terminait sa course dans les pneus de protection. "Faire la pole n'est pas la meilleure solution pour préparer les 24 Heures. Ça n'a plus d'intérêt avec cette huile sur la piste. A Spa, on est arrivé à gagner en partant 48e. On s'est bien battu malheureusement, Stéphane a été gêné par une Aston. Sans ça on avait la pole", notait le patron de Peugeot Sport, Olivier Quesnel. Préparer la course, trouver les meilleurs réglages, se concentrer sur samedi, tel était le credo des Lionnes étonnés de voir Tom Kristensen huit fois vainqueur, prendre tous les risques dans les virages Porsche pour compléter le bal des R18, au point donc de partir à la faute. Audi a clairement gagné le premier round. Reste à savoir ce que Peugeot a réservé pour samedi 15 heures. Là ou débutera la véritable grande bataille.