Attrape-moi si tu peux

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C'est déjà la reprise pour les cadors du circuit ATP. Nadal et Federer, qui sont attendus à Doha la semaine prochaine, vont-ils encore régner en maîtres ? Quels sont les joueurs capables de perturber cette hégémonie ? Les Français ont-ils les moyens de rivaliser ? Autant de questions qui vont jalonner une saison 2011 riche en évènements.

C'est déjà la reprise pour les cadors du circuit ATP. Nadal et Federer, qui sont attendus à Doha la semaine prochaine, vont-ils encore régner en maîtres ? Quels sont les joueurs capables de perturber cette hégémonie ? Les Français ont-ils les moyens de rivaliser ? Autant de questions qui vont jalonner une saison 2011 riche en évènements. Nadal, le patron incontesté ? En remportant trois des quatre levées du Grand Chelem, Rafael Nadal a marqué la saison 2010 de son empreinte. L'Espagnol, n°1 mondial en fin d'année pour la deuxième fois de sa carrière après 2008, peut réaliser le Grand Chelem à cheval sur deux saisons s'il gagne l'Open d'Australie en janvier. Une performance qui le ferait entrer dans la légende du jeu. Mais il devra en 2011 prouver qu'il est capable d'enchaîner les saisons à un tel niveau. Après une année 2008 exceptionnelle (deux titres majeurs, médaille d'or aux JO), Nadal n'avait pas pu enchaîner la saison suivante, miné par des problèmes de genou. Son challenge est donc immense dans les mois qui viennent. Sa recherche perpétuelle de l'excellence et les progrès qu'il ne cesse de faire (notamment au service, devenu une arme de poids) participe de la réflexion que le Majorquin mène avec son oncle Toni pour rester au sommet. Avec un jeu sans doute moins exigeant physiquement qu'il ne l'a été, Nadal a tout pour être l'incontestable patron du circuit. Federer à nouveau n°1 mondial ? La réponse à cette question dépend de deux paramètres: sa propension à se maintenir au plus haut niveau et l'état de forme de Nadal. Si l'Espagnol ne baisse pas le pied, Roger Federer pourrait courir bien longtemps après cette fameuse 286e semaine dans le fauteuil de n°1 mondial, un record qu'il partagerait avec Pete Sampras. Sa fin d'année 2010 (titres au Masters, à Stockholm et à Bâle) laisse augurer d'une envie retrouvée. Impression confirmée à Londres, où le Suisse a parfois joué avec une étonnante facilité, rappelant ainsi ses heures de domination sans partage sur le circuit. Vainqueur de l'Open d'Australie l'an dernier, Federer devra être compétitif dès l'entame de la saison, sous peine de laisser Nadal s'envoler au classement. Mais une chose est sûre: le Bâlois, qui entre dans sa trentième année, devrait répondre présent dans les événements majeurs, notamment à Wimbledon où il rêve de reconquérir sa couronne. Djokovic et Murray, armés pour la gloire ? Depuis 2005, seuls deux joueurs sont parvenus à perturber l'hégémonie de Nadal et Federer en Grand Chelem: Djokovic à l'Open d'Australie en 2008 et Del Potro à l'US Open en 2009. Pas simple d'exister derrière les deux ogres du circuit. En attendant le retour au premier plan de l'Argentin, Djokovic et Murray sont une nouvelle fois les mieux armés. Une nouvelle fois, parce que l'an dernier c'était déjà le cas. Mais aucun des deux n'a réussi à briser la domination hispano-suisse, malgré deux finales en majeurs (Open d'Australie pour Murray, US Open pour Djokovic). Il faut être sacrément armé pour ne pas baisser les bras. Andy Roddick, lui, se donne les moyens pour jouer les premiers rôles avec une préparation intensive ces dernières semaines. A 28 ans, l'Américain semble plus motivé que jamais. Quid des autres membres du Top 10 ? Söderling, Berdych, Ferrer et Verdasco devraient encore se partager les miettes, en se disant que la roue finira bien par tourner. Mais en sont-ils vraiment convaincus ? Les Français peuvent-ils rêver en grand (chelem) ? Le clan tricolore faillit écrire une belle page d'histoire début décembre avec la finale de la Coupe Davis. Si une victoire aurait été un formidable moteur, l'échec face à la Serbie sera bien difficile à effacer. Surtout pour Michael Llodra, héros de la campagne 2010 avant de s'écrouler en finale, et parallèlement auteur de sa meilleure saison sur le circuit (23e à la fin de l'année). Les yeux se tournent donc naturellement vers Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils, les deux Français les plus réguliers en Grand Chelem. Le Manceau, dont la fin de saison a été tronquée par une blessure au genou gauche, a de gros points à défendre dès janvier, un an après sa demie à Melbourne. Et si le physique tient, Tsonga a la "caisse" pour signer un retour gagnant. Monfils, n°1 français, pourrait s'appuyer sur son quart à l'US Open et sa finale à Bercy pour franchir un palier. Reste à savoir si son mental n'a pas trop de séquelles de sa lourde défaite face à Djokovic à Belgrade. L'année 2011 s'ouvre avec de gros points d'interrogation.