Astana dans l'oeil du cyclone

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Astana dans l'oeil du cyclone
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DOPAGE - L'équipe Astana d'Armstrong et Contador aurait bénéficié d'un traitement de faveur de la part de l'UCI lors du dernier Tour de France.

Astana est dans le viseur de l'Agence française de lutte contre le dopage. Selon Le Monde de lundi, un rapport de l'AFLD révèle en effet que l'équipe kazakhe aurait bénéficié de traitements de faveur de la part de l'Union Cycliste Internationale lors du dernier Tour de France. Quatre mois après l'arrivée du Tour de France, l'Agence Française de Lutte contre le dopage (AFLD) révèle dans un rapport, cité lundi par Le Monde, que l'équipe Astana aurait bénéficié "d'un traitement privilégié de la part des officiels de l'UCI". Ce document, établi grâce aux journaux de bord des deux médecins missionnés par l'AFLD pour procéder aux prélèvements urinaires et sanguins durant la course, est accablant pour la formation de Johan Bruyneel. En dix pages, il détaille comment l'UCI a permis à l'équipe du futur vainqueur, Alberto Contador, et du troisième, Lance Armstrong de bénéficier d'un véritable programme à la carte au niveau des contrôles.Entre délais pour se présenter devant les médecins préleveurs, absences d'escorte de l'AFLD auprès des inspecteurs de l'UCI, en charge des contrôles, ou encore dispense de localisation pour Astana lors de la préparation d'avant Tour, l'équipe kazakhe a bénéficié d'une tolérance étonnante. Ainsi, le 11 juillet au matin, au départ de l'étape pyrénéenne, Andorre-la-Vieille-Saint-Girons, dans l'hôtel d'Astana, les médecins de l'AFLD ne peuvent que constater qu'à la suite de l'arrivée des inspecteurs de l'UCI, l'obligation faite aux coureurs de se présenter immédiatement afin de procéder aux prélèvements n'est pas respectée. Inspecteurs UCI, qui refusent d'être accompagnés qui plus est par les escortes de l'AFLD, pourtant obligatoires pour éviter que les coureurs de se livrent à une quelconque manipulation entre le moment où leur contrôle leur a été notifié et le prélèvement.Des coureurs informés de leur contrôle 30 minutes avantLes représentants de l'AFLD vont jusqu'à constater des délais de 45 minutes gracieusement offerts à Armstrong et ses coéquipiers. "Une telle tolérance accordée sans véritable justification (...) ne permet pas, en l'absence d'escortes, de s'assurer de la parfaite régularité de la procédure, notamment qu'aucune manipulation n'est effectuée", ne peut que conclure le rapport. Des largesses qui ont débuté avant même que ne s'élance le peloton sur les routes de l'Hexagone puisque l'AFLD, dénonçant "une rétention d'informations", pointe également du doigt la capacité de l'UCI a certes lui transmettre, lors de la période d'avant Tour, toutes les données nécessaires à la localisation des équipes engagées, à l'exception... d'Astana !Certains coureurs auraient également étaient informés de leur contrôle 30 minutes avant que ne soit jugée l'arrivée des étapes, de quoi avoir le temps d'être avertis par leurs directeurs sportifs, via les fameuses oreillettes, et dès lors de déjouer leurs contrôles grâce à des "manipulations sur les paramètres des échantillons devant être prélevés." L'UCI n'aurait également pas hésité à qualifier de "contrôles hors compétition" les prélèvements effectués avant ou après les étapes, dans les hôtels. Un tour de passe-passe "lourd de conséquence", comme le souligne le rapport de l'AFLD, puisque la liste des produits interdits "hors compétition" n'est évidemment pas aussi étendue que celle des substances prohibées "en compétition". Une incroyable impasse, de fait, sur les corticoïdes et autres stimulants.Le président de l'UCI, Pat McQuaid, s'était félicité en juillet dernier qu'aucun cas de dopage ne soit venu entacher l'édition 2009 de la Grande Boucle. Les révélations de l'AFLD pourraient lui donner tort.