Ashton, la bombe anglaise

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Ashton, la bombe anglaise
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A l'instar de Mathieu Bastareaud l'année dernière, Chris Ashton a fait ses premiers pas dans le Tournoi des Six Nations en inscrivant deux essais vendredi dernier à Cardiff face au Pays de Galles (26-19). Un doublé salué par la presse britannique même si le tonique ailier anglais s'est fait tirer les oreilles pour sa manière de plonger dans l'en-but. Pas rancunier, Martin Johnson l'a reconduit samedi face à l'Italie.

A l'instar de Mathieu Bastareaud l'année dernière, Chris Ashton a fait ses premiers pas dans le Tournoi des Six Nations en inscrivant deux essais vendredi dernier à Cardiff face au Pays de Galles (26-19). Un doublé salué par la presse britannique même si le tonique ailier anglais s'est fait tirer les oreilles pour sa manière de plonger dans l'en-but. Pas rancunier, Martin Johnson l'a reconduit samedi face à l'Italie. Jamais content. Ou carrément méchant. Alors qu'il aurait pu esquisser un large sourire après la victoire de son équipe à Cardiff vendredi dernier en ouverture du Tournoi des VI Nations face au Pays de Galles (26-19), une première sortie qui a justifié son choix de faire confiance à Toby Flood plutôt qu'à Jonny Wilkinson à l'ouverture, Martin Johnson, moins expressif qu'un membre de la garde royale prenant la relève devant Buckingham Palace, n'a pas dérogé à son austérité légendaire. "La semaine prochaine, on se dira qu'on peut faire mieux et éviter de donner à nos adversaires l'occasion de se refaire", s'est-il enflammé. On caricature à peine. Jugez plutôt: pour seule récompense de son doublé face aux Gallois, Chris Ashton, la nouvelle bombe anglaise, a eu droit à un remontage de bretelles en règle de la part de son sélectionneur... Qu'a donc pu faire l'ailier de Northampton, déjà auteur de cinq essais en huit sélections, dont un mémorable numéro face à l'Australie en novembre, pour provoquer le courroux de "Johno" ou l'homme qui ne souriait jamais ? Notamment offrir une pénalité au Pays de Galles en se mettant à la faute dans un regroupement. "Honnêtement, je n'avais pas l'intention de faire ça. Ça m'est venu comme ça", se défendait l'impétueux à sa sortie du terrain, cité par The Independant. "Je vais recevoir une soufflante pour cette pénalité stupide. Je pensais que nous étions sous pression alors que nous ne l'étions pas vraiment. S'il (Martin Johnson) doit mettre les points sur les « i » et m'humilier, il le fera. Peu importe, je ne suis pas du genre à être embarrassé si facilement", ajoutait-il, hilare. Un fan nommé Delaigue Le garçon ne manque pas d'humour. Et a dû apprécier la petite vidéo présentée par Brian Smith, l'entraîneur des lignes arrière de l'Angleterre, à ses joueurs dans le vestiaire. Ashton et ses coéquipiers y ont vu Juan Manuel Leguizamon, l'actuel troisième ligne du Stade Français, alors sous les couleurs des London Irish, perdre en 2007 bêtement le ballon en s'envolant dans l'en-but au moment d'aplatir. Une référence directe au premier essai d'Ashton salué par une envolée spectaculaire dans l'en-but adverse, le ballon dans une main, l'autre tendue vers les tribunes du Millennium. Une démonstration, le "Ash splash", comme s'est amusé à le titrer la presse anglaise, visiblement pas du goût de l'austère Johnson, plus habitué aux tâches obscures du temps où il était encore joueur. "L'idée n'est pas de masquer sa joie de marquer un essai. Ce n'est pas une mauvaise chose. Mais vous devez être sûr d'avoir la main sur le ballon et Chris est probablement allé un peu loin cette fois-ci", a concédé, au micro de la BBC, Jim Mallinder, son entraîneur à Northampton. L'intéressé en sourit encore et promet d'y faire attention, même s'il n'a pas l'intention de changer sa nature. Preuve qu'il n'est pas rancunier, Martin Johnson l'a reconduit, comme l'intégralité de son XV de départ, face à l'Italie ce samedi. Trop conscient de disposer avec cet ancien international de rugby à XIII d'une arme fatale au sein de sa ligne de trois-quarts, joueuse au point d'être comparée à celle des Champions d'Europe par Rikki Flutey. "Ça me rappelle le jeu toulousain, avec des solutions partout ; sur les lancements de jeu, ils ont quatre solutions", aurait déclaré l'ancien Briviste à son coéquipier chez les Wasps, Serge Betsen, avant d'être renvoyé dans ses foyers ce week-end. Ancien ouvreur toulousain aujourd'hui consultant pour notre site, Yann Delaigue salue l'arrivée dans le paysage rugbystique de ce solide gaillard (1m83, 92kg), qui a fêté ses débuts à XV avec les Saints en inscrivant un essai sur son premier ballon joué... "C'est un super joueur, super disponible, très athlétique: voilà un joueur qui se propose beaucoup, qui met beaucoup d'enthousiasme dans son jeu et puis il colle à la nouvelle image de cette équipe d'Angleterre, qui essaye de beaucoup jouer et de trouver des solutions. Or, lui en propose sans arrêt ; c'est toujours précieux de disposer d'un joueur comme celui-là qui, au-delà de ses qualités physiques, se montre toujours disponible pour ses coéquipiers. Il est très beau à voir jouer, je me régale à le voir évoluer sur un terrain..." S'il ne le montre pas, Martin Johnson partage sans doute cet avis. Tant que sa nouvelle merveille, déjà créditée de cinq essais en huit sélections, ne plonge pas inconsidérément dans l'en-but...