Arles-Avignon, le novice

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Arles-Avignon, le novice
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LIGUE 1 - Suite de notre Tour de France avec Arles-Avignon.

LIGUE 1 - Suite de notre Tour de France avec Arles-Avignon. La saison dernière L'histoire folle d'un club qui n'a failli ne jamais démarrer l'exercice. Déjà condamné par nombre de suiveurs à l'une des trois dernières places, et ce avant-même d'avoir combattu, l'ACA, fraîchement promue, a étonné son monde en prenant des points rapidement - dix sur les quatre premières journées - pour s'installer dans la première partie de tableau. L'effet-surprise dura un moment pour le plus petit budget de Ligue 2, jusqu'à mi-saison, où les protégés de Michel Estevan accusèrent sérieusement le coup. Mais l'incapacité des têtes d'affiches à tenir leur rang et le formidable état d'esprit des Provençaux les relancèrent dans la course à la montée, validée un soir de folie à Avignon face à Clermont lors d'un match couperet (1-0). La cité des Papes prit alors des allures festivalières pour un trouble-fête qui découvrira l'élite du football hexagonal, cinq ans après une longue végétation en CFA 2. "On est resté une famille jusqu'au bout avec du coeur, de l'envie et de l'enthousiasme. Ce sont les valeurs de la vie qui nous guident", déclarera le technicien provençal au bout de la nuit... Le recrutement A l'aube d'attaquer le dernier exercice, seulement quatre joueurs avaient participé à la montée en Ligue 2. Soucieux d'aguerrir un effectif pas vraiment prêt pour ce genre de joutes, les dirigeants sudistes avaient totalement chamboulé l'équipe, greffant des éléments expérimentés et des jeunes pleins d'avenir aux derniers rescapés. La recette a marché, l'intégration des recrues prenant très vite, au point qu'Arles-Avignon envisage d'appliquer aujourd'hui la même méthode pour ses premiers pas chez les grands. Si le recrutement a pris du retard, suite à la saga Estevan (voir ci-dessous), et que l'on a perdu quelques éléments clés en route (Ayew, Reynaud, Esor, Dalé), de nouvelles têtes font progressivement leur apparition sur la photo de famille du groupe arléso-avignonnais. Entre revanchards besogneux (Erbate, Bouazza, Planté), talentueux en devenir (Aït Ben Idir, Cabella), et habitué des lieux (Najih), Michel Estevan étoffe un groupe qu'il voudrait voir porter idéalement à 24 joueurs. On attend donc encore du monde chez les Ciel et Or, notamment des vieux loups prêts à encadrer leurs cadets et un ou deux "très bons attaquants". Tous devront se plier aux tests physiques de Robert Duverne, tout juste débarqué après le fiasco tricolore en Afrique du Sud. Le joueur à suivre Buteur décisif et héros de la montée des siens face à Clermont, Benjamin Psaume est le symbole du parcours atypique des Provençaux. Au chômage, il y a encore un an et demi, cet ailier de débordement, passé notamment par Toulouse et Boulogne-sur-Mer, accepte de "donner un coup de main" à Michel Estevan en août 2008 pour relancer une carrière qui commence à prendre la poussière. Ni le joueur, ni le club ne le regretteront. A 25 ans, ce petit gabarit, vif et habile techniquement, s'apprête à retrouver la Ligue 1 qu'il a déjà fréquenté sur les bords de la Garonne, marquant même à trois reprises en 16 apparitions. Fort d'une saison pleine en L2, avec quatre réalisations, un titre de meilleur passeur avec dix caviars donnés et une étoile France Football, récompensant le joueur le mieux noté de la saison dernière, le natif d'Auch sera le principal dynamiteur d'une "équipe de copains" prête à donner son maximum sur les terrains hexagonaux. L'entraîneur "Michel Estevan se succède à lui-même, tous les différends sont aplanis, tout le monde se fait confiance". Après moults rebondissements, le nouveau binôme d'hommes forts du club, Marcel Salerno et François Perrot, a confirmé le 7 juillet dernier Michel Estevan dans ses fonctions d'entraîneur. La fin d'un psychodrame, né quelques semaines auparavant, d'un désaccord sur les termes de la prolongation de son contrat. Un désaccord qui provoqua l'éviction du président Jean-Michel Conrad, accusé d'avoir accordé une rallonge trop avantageuse à Estevan. Chaque jour amena ensuite son lot de péripéties avec dans l'ordre chronologique, une reprise de l'entraînement bafouée, des mots durs envers les nouveaux dirigeants, l'annonce d'une procédure de licenciement, les rumeurs d'une arrivée de Laurent Roussey, un entretien préalable et finalement un dénouement heureux pour tout le monde. Car le maintien de l'homme, qui sera parvenu à faire monter les Jaune et Bleu de CFA2 en Ligue 1, relève de la sagesse tant le natif d'Alger, qualifié de "faiseur de miracles" dans les Bouches-du-Rhône, est imprégné de la culture locale et connait les rouages de ce club sur le bout des doigts. Reste pour ce technicien de 48 ans, novice à un tel niveau, à travailler avec ses supérieurs main dans la main... Le pronostic de la rédac "Il faut partir dans l'idée qu'on est vingtième. Toutes les saisons, on a réussi à s'en sortir comme ça..." A deux semaines du coup d'envoi du championnat, on pourrait difficilement donner tort à Estevan tant on voit mal comment le promu provençal pourrait éviter l'un des trois sièges éjectables, synonyme de descente à l'échelon inférieur. Le faux-départ de son "magicien", sa relation fragilisée avec le tandem Salerno-Perrot et le retard pris par un groupe qui manque d'automatisme et peut-être d'envergure pourraient avoir cassé la belle dynamique du Petit Poucet. Mais avec Arles-Avignon et sa force d'abnégation, on n'est plus à une surprise près... surtout quand on les annonce au pied du mur. Il faudra donc être prêt dès le début de saison et ce match d'ouverture contre Sochaux, le 6 août prochain, pour prendre des points rapidement et ainsi s'éviter une suite de championnat compliquée avec des rencontres à couteaux tirés. C'était déjà le cas la saison dernière et le début d'exercice canon des Provençaux leur avait donné des ailes.