Antonetti: "On est un club régional"

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Antonetti: "On est un club régional"
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Frédéric Antonetti ou l'art du profil bas ! Alors que le Stade Rennais occupe la deuxième place à égalité de points avec le leader lillois, son entraîneur serine toujours le même discours, à savoir que son équipe n'est pas programmée pour le titre. Et avant la réception de Marseille vendredi en match avancé de la 27e journée, il fait de l'OM un favori logique...

Frédéric Antonetti ou l'art du profil bas ! Alors que le Stade Rennais occupe la deuxième place à égalité de points avec le leader lillois, son entraîneur serine toujours le même discours, à savoir que son équipe n'est pas programmée pour le titre. Et avant la réception de Marseille vendredi en match avancé de la 27e journée, il fait de l'OM un favori logique... La réception de Marseille, c'est un gros événement ? Non. Nous sommes concentrés sur les prochains matches et ils sont tous importants. Que ce soient Marseille, et c'est sûr que c'est une affiche, ou les autres rencontres qui vont arriver par la suite, on se concentre sur le match et c'est la meilleure façon de le réussir. Vous restez sur sept succès consécutifs à domicile, de bon augure avant Marseille ? Il faut confirmer, savoir se remettre en question. Toutes les semaines, essayer de s'améliorer, de progresser. Je pense que l'on a une marge de progression très importante. Il y a des morceaux de matches qui ne me plaisent pas, d'autres qui me plaisent. Il faut savoir être beaucoup plus réguliers dans les matches, pour mieux les maîtriser. On a des progrès à faire. Certains de vos joueurs s'enflamment-ils ? Non. Il faut savoir gérer le succès et savoir gérer l'échec. Si vous ne savez pas gérer les succès, vous vous cassez la gueule, et si vous vous décomposez quand il y a une mauvaise passe, vous vous cassez la gueule aussi. Les joueurs seront obligés de l'intégrer s'ils veulent faire une grande carrière, c'est évident. Votre rôle est-il de banaliser le plus possible ce rendez-vous face à l'OM ? Non, pas de le banaliser. Mon rôle est toujours le même. On a fait une séance vidéo par rapport au match de Lens (dernier match à domicile, 2-0, ndlr) pour voir ce qui a été négatif, positif, pour essayer de s'améliorer dans le jeu. C'est ça, mon rôle. Pour Marseille, il faut bien analyser cette équipe, quelles sont ses forces, ses faiblesses ? C'est sûr qu'elle a plus de potentiel, plus de moyens de nous contrarier que d'autres équipes, donc il va falloir élever son niveau de jeu, c'est évident. On a l'impression que vous cherchez à évacuer un peu la pression, on se trompe ? Je n'évacue rien du tout. La pression est tout le temps là. Pour vous, c'est peut-être plus important que d'habitude, mais pour nous, il faut se remettre en question toutes les semaines, et à chaque fois, il y a trois points en jeu. Ce qui est important, pour réussir notre match, c'est que l'on fasse ce que l'on sait faire et qu'on contrarie le plus possible Marseille. "Ce n'est pas parce qu'ils ont perdu un match qu'ils ont perdu toute leur valeur" Comment voyez-vous cette équipe marseillaise ? Elle est capable d'être très séduisante par moments, très solide et très forte. Et puis comme tout le monde, elle a des périodes de fragilité. Il faudra profiter de ça. Ça reste, pour moi, malgré le résultat de dimanche soir, une des trois meilleures équipes du championnat. Craignez-vous un esprit de revanche des Marseillais, après leur défaite face à Lille ? Je m'attends à un match difficile, parce qu'ils vont sûrement vouloir se reprendre. Marseille est une très belle équipe du Championnat de France, et malgré sa défaite dimanche, j'en ai une très bonne opinion. L'année dernière, elle a été championne de France, elle a gagné la Coupe de la Ligue, elle est en finale cette année, dans le Top 16 européen, et elle est encore dans la course au titre. Ce n'est pas parce qu'ils ont perdu un match qu'ils ont perdu toute leur valeur. Potentiellement, vous pensez que l'OM est plus fort que Rennes ? Oui, c'est une évidence. Ce n'est même pas la peine de poser cette question... Pourtant, vous aviez bien rivalisé au match aller (0-0) ? Oui, mais ça n'empêche pas. L'effectif de Marseille est beaucoup plus imposant que le nôtre. Et c'est tout à fait logique, en ayant trois fois notre budget. Pourtant, Rennes peut très bien terminer devant Marseille, non ? C'est ça le football. À un moment donné, il y a plein de paramètres qui rentrent en ligne de compte. Nous, on a des joueurs qu'on a lancés et qui ne sont pas connus. Si l'on compare avec Marseille, ils n'ont que des internationaux, dans des grandes sélections. Nous, nous avons beaucoup de jeunes qui demandent à progresser, et on leur a donné l'occasion de le faire, donc c'est deux politiques différentes. Mais Marseille reste une grosse cylindrée. Quand Marseille était un peu moins bien, et que Lyon dominait, il manquait quelque chose. Donc je dis tant mieux si Marseille est au rendez-vous, ça met en valeur notre championnat. "Je ne comprends pas les critiques" Marseille jouera ensuite son huitième de finale retour en Ligue des champions, pensez-vous que cela peut les préoccuper ? Ces clubs-là sont tellement habitués à jouer tous les trois jours que je pense qu'ils sont plus perturbés quand ils n'ont qu'un match par semaine. Quand on prend la composition des deux effectifs, je pense que ce sont deux métiers totalement différents. Ils ont des joueurs qui ont trois, quatre, ou cinq saisons derrière eux. Alors que nous, on a des joueurs qui commencent leur carrière. On a besoin d'une semaine pour bien se préparer, et eux, ils ont besoin d'avoir du rythme. Physiquement, ça ne leur posera pas de problème. Vous avez un point commun avec Marseille, vous gagnez en étant la cible de nombreuses critiques... Moi je ne comprends pas les critiques. Des cinq clubs de tête, on est celui qui a le moins de marge de manoeuvre. On est un club régional, un club où il fait bon vivre. Les familles peuvent venir au stade avec leurs enfants, ce qui n'est pas le cas partout. En France, on aime beaucoup quand on lance les jeunes, et nous, on en lance beaucoup. Donc, on devrait être vu comme un club sympathique. On s'accroche avec nos moyens, on est très lucides sur les progrès qu'il nous reste à faire. Moi, ce que je reproche à ceux qui critiquent, c'est qu'ils ne nous voient que de temps en temps. On peut reconnaître aussi qu'il y eu de bons matches, comme Paris ou Lens. Je pense qu'il y a du plaisir aussi, et du jeu. C'est sûr qu'à Montpellier (victoire 1-0), on a souffert, mais il y a beaucoup d'équipes qui ont souffert là-bas. Quand c'est nous, on en parle, mais quand c'est Lille, on le dit un peu moins, c'est tout. Vous êtes deuxièmes à égalité de points avec Lille, Rennes est-il programmé pour un éventuel titre ? Non, et je le répète, nous sommes une équipe du deuxième chapeau. On est de la valeur de Saint-Etienne, de Toulouse, de Monaco, voilà les clubs avec lesquels on doit lutter. On s'était dit que si une des grosse équipes n'était pas au rendez-vous, on voulait être là. Pour l'instant, Bordeaux n'est pas au rendez-vous, mais ils peuvent revenir. On s'est intercalés là et on est contents d'y être. On a eu un peu de réussite, on a des qualités aussi, on est solides. On a quelques bons joueurs, et d'autres qui sont en train de s'affirmer. D'un point de vue personnel, vous n'avez jamais été dans cette situation, aussi bien placé à ce stade de la saison ? Je suis venu ici pour franchir un cap. On a choisi une politique risquée qui est en train de marcher. Mais elle n'est pas simplement en train de fonctionner cette année, elle marchera l'année prochaine et pour les deux ans à suivre. Ce club est vraiment sur les bons rails.