Anigo hausse le ton

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Anigo hausse le ton
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Au surlendemain du match nul plutôt heureux concédé par l'Olympique de Marseille sur la pelouse de Valenciennes samedi dernier pour le compte de la 8e journée (1-1), José Anigo est monté au créneau lundi en évoquant le "traquenard" dans lequel serait tombée aux yeux de nombreux Olympiens l'équipe phocéenne. Pour le directeur sportif de l'OM, trop c'est trop, le club, injustement traité par les arbitres cette saison, doit réagir...

Au surlendemain du match nul plutôt heureux concédé par l'Olympique de Marseille sur la pelouse de Valenciennes samedi dernier pour le compte de la 8e journée (1-1), José Anigo est monté au créneau lundi en évoquant le "traquenard" dans lequel serait tombée aux yeux de nombreux Olympiens l'équipe phocéenne. Pour le directeur sportif de l'OM, trop c'est trop, le club, injustement traité par les arbitres cette saison, doit réagir... La coupe marseillaise est pleine et pour José Anigo, elle a largement débordé samedi dernier au stade du Hainaut, d'où la sortie calculée lundi du directeur sportif phocéen. Interrogé sur OMtv, l'intéressé se livre à un réquisitoire en règle de l'arbitrage de M. Rainville lors du match de la 8e journée entre Valenciennes et Marseille samedi dernier (1-1). "Le sentiment des gens à qui on en a parlé, c'est qu'on était tombés dans un traquenard, attaque-t-il, bille en tête. Du coup, je me suis permis de regarder le mach à tête reposée." Et qu'a-t-il ressorti de ce visionnage ? Pas le but accordé à Diawara, pourtant en position de hors-jeu (Marseille a été victime d'une décision identique à Lyon sur le but signé Gomis), mais des "incohérences dans l'arbitrage." Dans le détail ? "La première incohérence, c'est comment Valenciennes a pu finir le match à onze quand on voit l'attentat que fait Ducourtioux sur notre ami Valbuena". Images à l'appui, le violent tacle, semelle droite décollée, sur le lutin phocéen, du Nordiste semble effectivement mériter un jaune très foncé, l'arbitre s'étant contenté sur le coup d'un avertissement, ce qui fait bondir José Anigo: "C'est aberrant de sortir le jaune là-dessus et pas le rouge." Le réquisitoire du directeur sportif de l'OM ne s'arrête pas à cette agression valenciennoise, puisqu'il poursuit: "Deuxième point: quand on voit Lucho se faire allumer par Sanchez au milieu, là pareil, cela ressemble à une agression et toujours à onze (Valenciennes reste à onze, ndlr). Et je vous passe le coup de coude de Bong sur Mathieu (Valbuena) en plein visage. A priori, c'est un comportement antisportif mais qui est moins grave que les deux autres.""Moins on en disait, plus on en prenait" Bref, Anigo estime que VA n'aurait jamais dû terminer la rencontre à onze, ce qui a d'ailleurs été le cas de l'Olympique de Marseille, en infériorité numérique toute la seconde période suite à une maladresse de Fanni, auteur d'un coup de tête involontaire mais violent sur Kadir dans la surface (synonyme de penalty, arrêté par Mandanda devant Pujol). Un «deux poids-deux mesures» qui interpelle José Anigo: "En face, quand on voit le geste de Rod Fanni, je ne discute pas le penalty, il n'est même pas discutable, mais on peut discuter du fait qu'on ait fini à dix, parce que quand on voit l'action, on voit les deux joueurs ne jouer que le ballon et il y a un choc de têtes violent. Je pense que l'inexpérience de l'arbitre a fait que, à la vue du sang du joueur par terre, ce qui arrive souvent lorsqu'une arcade est ouverte, il a expulsé tout de suite Fanni et c'est bien dommage." Dommage pour Marseille et José Anigo mais pas illogique selon nous, car l'expulsion de Fanni, certes plus maladroit que méchant sur l'action, semble normale, comme nous l'indiquait d'ailleurs lundi l'ancien arbitre international, Bruno Derrien: "Pour moi, cette décision est conforme. Le carton rouge et le penalty me semblent logiques." Mais l'intéressé ajoute, abondant en partie dans le sens de José Anigo: "David Ducourtioux aurait dû prendre un rouge pour son geste. Il passera devant la commission de visionnage. M. Rainville fera un rapport complémentaire en disant que la faute de David Ducourtioux méritait un carton rouge." Il y a en effet de bonnes chances que la commission de discipline se saisisse du cas du Valenciennois, qui risque une suspension pour ce violent tacle, mais cela ne semble que consoler à moitié un José Anigo en colère et méfiant à l'égard de ladite commission: "Après l'épisode de Souley (*), j'avais dit que je serais le poil à gratter de cette commission. Je ne les lâche pas parce que quand j'ai vu ce que j'ai vu à Valenciennes, j'attends la réaction. Mais ça ne changera pas le résultat et pas le fait d'avoir joué à dix." Et l'intéressé de conclure, menaçant: "On n'est pas bien lotis depuis le début de la saison au niveau de l'arbitrage. On n'a rien dit au début parce qu'on pensait que c'était la bonne solution, mais on se rend compte que moins on en disait, plus on en prenait. Donc je crois que ce n'est plus la solution et il faut faire toucher du doigt à tout le monde que le Championnat a aussi besoin de Marseille, et pas que des autres équipes. Et que si on nous pénalise à tort comme c'est le cas depuis quelque temps, ça va être difficile de nous voir à l'arrivée." Pas de doute, du côté des dirigeants - Didier Deschamps, et c'est tout à son honneur, refuse souvent de se réfugier derrière les problèmes d'arbitrage -, on a décidé d'adopter une attitude plus offensive, reste à savoir si elle permettra à l'OM de redresser une situation sportive délicate en Championnat. La pression est en tout cas mise sur l'arbitre du prochain Marseille-Brest... (*) Souleymane Diawara avait été suspendu la saison dernière après intervention d ela commission de visionnage pour s'être essuyé les crampons sur Nenê lors du match entre le Paris SG et l'OM.