Anelka attaque L'Equipe

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Anelka attaque L'Equipe
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Sanctionné de 18 matches de suspension avec l'équipe de France pour ses insultes proférées à l'encontre de Raymond Domenech lors de la Coupe du monde et pour son refus de s'excuser publiquement, Nicolas Anelka réclame 150 000 euros à L'Equipe pour lui avoir fait dire, en une du quotidien, des propos qu'il n'aurait pas tenus. Une plainte qui sera étudiée vendredi au TGI de Paris.

Sanctionné de 18 matches de suspension avec l'équipe de France pour ses insultes proférées à l'encontre de Raymond Domenech lors de la Coupe du monde et pour son refus de s'excuser publiquement, Nicolas Anelka réclame 150 000 euros à L'Equipe pour lui avoir fait dire, en une du quotidien, des propos qu'il n'aurait pas tenus. Une plainte qui sera étudiée vendredi au TGI de Paris. Qu'a bien pu marmonner dans sa barbe Nicolas Anelka ce vendredi 17 juin, dans le vestiaire de Polokwane, à la mi-temps du match entre la France et le Mexique en pleine Coupe du monde ? Des insultes à l'encontre de Raymond Domenech à en croire les journalistes de L'Equipe. Rapidement alertés, ces derniers tiennent un scoop, hésitent, mais finissent par publier les termes, très crus, en une du quotidien dès le lendemain : "Va te faire enculer, sale fils de pute !", le tout sur un photomontage renvoyant le joueur et son sélectionneur face-à-face sur un décor d'apocalypse. Une édition (la meilleure vente du quotidien en 2010) qui provoquera un séisme : exclusion de Nicolas Anelka, grève des joueurs à Knysna, démission sur le champ de Jean-Louis Valentin, etc. La déflagration touche la France de plein-fouet, où chacun, parlementaires compris, affichent son opinion sur cette affaire. Une affaire qui, bientôt un an après, revient sur le devant de la scène, à l'occasion de l'audience opposant, vendredi au Tribunal de grande instance de Paris, Nicolas Anelka au quotidien sportif. Selon les informations d'Infosport+, l'attaquant de Chelsea réclamera à cette occasion 150 000 euros au titre de dommages et intérêts pour diffamations publiques à particulier, ainsi qu'une publication judiciaire en première page du quotidien. Car, dès la veille de la publication de ces insultes, le principal protagoniste de cette affaire a toujours démenti avoir tenu ces propos affichés en une de L'Equipe. "On a parlé une heure (ce soir-là), il m'a dit les mots qu'il aurait prononcés et qui ne sont pas ceux mis en une", nous assurait en octobre Arnaud Ramsay, biographe du joueur, qui l'a averti par texto le vendredi soir des révélations de ses confrères. Soutenu par Henry, Abidal et Evra Une première page lourde de conséquence puisqu'elle provoquera le renvoi du joueur, puis sa suspension pour 18 matches avec l'équipe de France, pour avoir renoncé de formuler des excuses publiques. "Compte tenu de cette une de L'Equipe, la fédération a exigé qu'Anelka présente des excuses publiques, rappelait encore Arnaud Ramsay. Le problème est qu'il est sûr de n'avoir jamais dit les mots brandis en une. Il ne voyait donc pas de raison de s'excuser. Il est conscient d'avoir insulté son coach et a accepté de s'excuser devant les joueurs, le staff, ce qui à ma connaissance a été fait." Des joueurs qui viendront vendredi à la défense de leur ancien coéquipier pour témoigner, via des dépositions, comme Thierry Henry, Eric Abidal et Patrice Evra. "Je sais et atteste que les propos retenus en une de L'Equipe ne sont pas ceux de Nicolas Anelka", écrit notamment le capitaine de l'équipe de France en Afrique du Sud, rapporte Infosport+. "C'est risible comme attestation. Et on va beaucoup en rire demain (vendredi)", a balayé Basile Ader, l'avocat de L'Equipe, invité de la chaîne d'informations sportives du groupe Canal+, qui plaidera la bonne foi, laquelle, selon le droit, ne saurait s'appuyer sur la parfaite fidélité des termes injurieux tenus. "Si on ergote sur le verbatim des injures, ce n'est pas ce qui intéressera principalement le tribunal. Le tribunal sera intéressé de savoir s'il y a eu ou non des injures. Or comme personne ne les a contestées, ce sera assez facile. (...) Le fait diffamatoire est d'avoir dit publiquement qu'Anelka avait injurié son entraîneur. Compte tenu de tout ce que j'ai dans mon dossier, il s'avère que c'est vrai. Le fait que tel mot ou tel autre ait pu être employé n'a pas d'importance sur le plan juridique."