Amsalem: "Une mission honorifique"

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Amsalem: "Une mission honorifique"
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À un an jour pour jour du début des Jeux Olympiques à Londres, le CNOSF a tenu à rappeler ce lundi son projet sur le chemin des JO. Vice-président du Comité National Olympique français, Bernard Ansalem est également devenu depuis dix-huit mois le coordinateur de ce projet d'encadrement de l'équipe de France. Une équipe de France qu'il voit monter en régime et devenir toujours plus complète en vue de l'échéance londonienne.

À maintenant un an jour pour jour du début des Jeux Olympiques d'été à Londres, le CNOSF a tenu à rappeler ce lundi son projet sur le chemin des JO. Vice-président du Comité National Olympique français, Bernard Ansalem est également devenu depuis dix-huit mois le coordinateur de ce projet d'encadrement de l'équipe de France. Une équipe de France qu'il voit monter en régime et devenir toujours plus complète en vue de l'échéance londonienne. Quel est votre rôle en tant que chef de mission ? Mon rôle est de piloter une équipe de préparation des Jeux, composée d'experts du ministère, du comité olympique, de l'association des DTN, entre autres, qui se réunit depuis déjà un an et demi. Notre travail est avant tout de mobiliser, de fonder un esprit d'équipe. Nous n'allons pas à Londres en tant qu'équipe de France de tel ou tel sport, mais en tant qu'équipe de France olympique. On se doit donc d'encadrer ce groupe pour éviter qu'il y ait le moindre grain de sable dans le processus qui mène l'athlète à la compétition et la performace. En tant que président de fédération, en quoi est-ce un avantage pour les différentes fédérations ? Pour moi, c'est surtout une mission honorifique, qui ne se présente pas tous les jours. Je suis très heureux de vivre cette expérience car elle va m'obliger - ce que je ferai volontiers - à ne pas m'intéresser qu'à l'athlétisme (en tant que président de la fédération française d'athlé, ndlr) mais aux 26 sports olympiques. Ça me permet ainsi de me rendre sur des compétitions internationales qualificatives, de rencontrer des techniciens, des entraîneurs, et bien sûr les athlètes eux-même. J'ai commencé à avoir des liens avec l'ensemble de ces personnes de manière à constituer l'équipe olympique. Donc être chef de mission, c'est à la fois honorifique mais aussi très exigeant. On a cet objectif de résultat, de performance, d'état d'esprit. Concernant les performances des français justement, la barre des 400 athlètes aux JO est-elle envisageable ? Oui, et c'est d'ailleurs très surprenant, car on ne s'y attendait pas il y a encore six mois. On se rend compte que les équipes de France sont assez compétitives toutes compétitions confondues et ça nous permet d'entrevoir un potentiel de 400 qualifiés. Ce qui ne veut pas dire qu'on va forcément l'atteindre. Disons que notre fourchette la plus large serait entre 350 et 400 qualifiés. 350 serait déjà bien pour nous car ce serait au-delà des 325, ce qui est aujourd'hui le record absolu. Maintenant, au vu du potentiel, on peut ne pas être loin des 400. Et en quoi est-ce important pour les équipes de France en général ? C'est déjà un message fort envoyé aux autres équipes. Ça exprime la force d'une équipe, son potentiel. Car même si dans une compétition, on doit respecter ses adversaires, arriver en force et en masse est le signe que l'on est déjà très performant. Aller chercher des quotas dans toutes ces disciplines est très difficile, de plus en plus difficile d'ailleurs avec cette véritable mondialisation du sport. Donc ce serait déjà un signe de notre bonne santé. Maintenant, ça ne suffit pas. Il faudra aussi transformer cet objectif de chiffre en objectif de résultats. Mais si on est plus nombreux à Londres, on sera aussi plus nombreux en terme de résultats au bout du compte. À J-1 an des JO, comment voyez-vous le sport français dans son ensemble ? Je vois qu'il est en bonne santé. La natation nous le démontre d'ailleurs actuellement, tout comme d'autres sports, avec les mondiaux de judo à Paris et ceux de gymnastique à Montpellier très bientôt. Après, un an, c'est lointain et proche en même temps, car tout se déroule de manière importante et rapide. Tous les qualifiés seront connus d'ici la fin de l'année, et derrière il y aura beaucoup de rendez-vous importants sur le plan mondial, sans oublier les test-events pour tester les équipements. Donc on va s'approcher très vite des Jeux presque sans s'en rendre compte. Votre avis sur les Championnats du monde d'athlétisme qui se tiendront le mois prochain à Daegu ? Ça annonce un bon niveau. On est aujourd'hui dans un système très concurrentiel et mondialisé, et l'athlétisme est un des rares sports qui inverse les logiques économiques. L'athlète d'un pays pauvre peut devenir champion du monde ou champion olympique, ce qui arrive très peu dans d'autres sports. C'est ce qui en fait son charme, mais rend la compétition très difficile. L'équipe de France est en phase de progression, et on espère faire de bons résultats. Même s'il est difficile de faire des pronostics, je pense qu'obtenir entre 4 et 7 médailles serait un bon bilan. Avec 7 médailles, on égalera notre record, et 4 serait une bonne moyenne. On a quelques blessés, comme Teddy Tamgho, qui vient de déclarer forfait, alors qu'il dominait sa discipline depuis le début de l'année, mais il nous reste d'autres opportunités comme les Christophe Lemaitre, Romain Barras, Renaud Lavillenie et j'en passe. On espère clairement de bons résultats.