Allons "sales gosses" de la patrie !

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Allons "sales gosses" de la patrie !
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Au bout du monde, "les sales gosses" de Marc Lièvremont, qualifiés pour la finale de la Coupe du monde (en direct sur notre site dès 10h), ont déjà réussi l'improbable. 24 ans après la défaite d'une autre équipe de France, dans ce même Eden Park, les Bleus de Dusautoir doivent viser l'impossible pour priver les All Blacks du sacre annoncé.

Au bout du monde, "les sales gosses" de Marc Lièvremont, qualifiés pour la finale de la Coupe du monde (en direct sur notre site dès 10h), ont déjà réussi l'improbable. 24 ans après la défaite d'une autre équipe de France, dans ce même Eden Park, les Bleus de Dusautoir doivent viser l'impossible pour priver les All Blacks du sacre annoncé. Vous ne rêvez pas. L'Eden Park, les All Blacks, la finale de la Coupe du monde et... la France exacte au rendez-vous qu'elle s'était fixé sans trop y croire. Ce tableau de rêve deviendra réalité ce dimanche, aux alentours de 10 heures (heure française), dans ce jardin d'Eden d'un genre si particulier, où il y a de cela vingt-quatre ans déjà, Néo-Zélandais et Français s'affrontaient au même stade d'une compétition qui venait à peine d'éclore. Le remake est avancé et les Bleus s'attaquent au plus invraisemblable défi que le jeu puisse proposer. De 1987 et la victoire des hommes de David Kirk à 2011 et ces retrouvailles, la nation référence du rugby a accumulé les déboires dans la compétition suprême. Contre toute logique. Vingt-quatre ans de désillusions en tout genre, dont l'équipe de France, peut se vanter d'être la principale responsable avec à son actif rien moins que deux éliminations en phase finale de la remontée fantastique des Bleus de 10-24 à 43-31 en 1999, à Twickenham, au féroce combat de Cardiff (20-18) en 2007. Un statut d'épouvantail, de pire cauchemar des All Blacks mis à mal par le parcours à deux défaites en phase de poules -une première pour un finaliste !- dont l'une concédée déjà face à Richie McCaw et ses coéquipiers (37-17), hautement improbable des joueurs de Marc Lièvremont, revenus de nulle part, plus imprévisibles que jamais, mais toujours à la recherche de ce match d'exception, cette rencontre volée au commun des mortels, lorsque les joueurs tutoient le sublime (Le match de leur vie). Le match de leur vie, comme ces Bleus n'ont cessé de le répéter cette semaine, isolés dans leur bulle du tumulte et des critiques extérieures, qui n'ont cessé de se déverser sur Dusautoir et ses coéquipiers. Un match pour l'histoire. Clerc: "On a besoin de croire en l'impossible" Comme le dit si bien William Servat: "On est en finale de la Coupe du monde, souligne le talonneur tricolore, qui sait aussi revenir ici à l'essence même du jeu, celle de l'enfance: Quand on est petit, de temps en temps, on se dit : « Purée, là, ce match, c'est la finale de la Coupe du monde, qu'est-ce que tu vas faire toi ? » Et bien, ce match, aujourd'hui, on y est ! On a une chance, il faut en profiter et surtout ne rien regretter. Se donner à 200, 300, qui sait s'ils en ont les moyens, et encore cela pourrait ne même pas suffire, à 400 % pour relever l'extraordinaire défi physique qui, comme dans toute opposition entre les deux formations, présidera, comme un premier sas indispensable vers la victoire, à l'ouverture des débats. Et si les Bleus, dont une majorité -17 joueurs au total- présente sur la feuille de match peut se prévaloir d'avoir déjà dominé les Blacks, parviennent alors à desserrer la terrible étreinte néo-zélandaise qui, en demi-finales, fut fatale aux Wallabies, pour instiller dans les esprits des All Blacks ne serait-ce que l'ombre d'un doute, alors toute deviendra possible. "On est loin de chez nous, mais qu'est-ce qu'on a à perdre ?, interroge encore Servat. Pas grand-chose, si ce n'est qu'à se livrer et essayer de garder notre fierté." Celle qu'une bonne partie de la planète rugby, britannique pour l'essentiel, et trop heureuse de prononcer l'oraison du jeu à la Française, au même titre qu'une presse néo-zélandaise plus nauséabonde que jamais n'a pas hésité à salir toute cette semaine (Le procès en brutalité). Un climat d'hostilité qui a rendu les Bleus au statut d'"underdogs", comme le disent les Britanniques, littéralement "moins que des chiens", des challengers de l'impossible, comme aime à se définir Vincent Clerc, qui n'oublie pas non plus de rappeler que si le meilleur marqueur d'essais de la compétition avec six réalisations n'a jamais marqué face aux All Blacks, il n'avait jamais marqué non plus face aux Anglais, avant de faire mouche face au XV de la Rose, en quarts de finale (19-12). "On aime bien la difficulté. C'est là où l'on parvient à se sublimer et à aller chercher le meilleur de nous-mêmes, assure l'ailier. On a besoin de croire en l'impossible et on se retrouve souvent dans ces dispositions contre les All Blacks." Des Bleus outsiders, mais certainement pas des victimes consentantes, un profil que Clerc expédie "ad patres": "Je ne me sens pas dans la peau d'un futur perdant, qui ne peut pas gagner ou qui est vraiment moins bon. Ça je ne le ressens pas, bien sûr qu'on a été moins bons et qu'on a montré moins de choses, mais il n'empêche qu'on est comme eux en finale, donc peu importe le parcours, c'est maintenant que ça compte." Pour que le rêve d'une vie s'accomplisse !