Alesi-Stallone : trajectoires croisées

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Alesi-Stallone : trajectoires croisées
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AUTO - Le pilote va suivre les conseils de l'acteur pour réussir ses 500 miles d'Indianapolis.

Jean Alesi s'est lancé dans un pari un peu fou. L'ancien pilote de F1 entend participer l'année prochaine aux 500 miles d'Indianapolis, à l'âge de 48 ans. Afin d'être au top de sa forme, le Français explique vendredi dans les colonnes de L'Equipe qu'il va suivre les conseils avisés de l'un des ses amis, Sylvester Stallone. "Il sera le parrain de mon projet", explique Alesi. "Ce type est un antidépresseur, plein d'énergie et de logique dans ce qu'il te dit. (...) J'aurai des moments un peu difficiles, je veux qu'il puisse me remonter le moral ou me botter les fesses." Europe1.fr vous montre en quoi cette amitié est loin d'être étonnante.

Les origines italiennes. Jean Alesi/Sylvester Stallone : ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Et d'abord de par leurs origines. Le pilote français, né à Avignon, n'a jamais renié ses origines siciliennes et a porté avec fierté les couleurs de Ferrari pendant cinq saisons. C'est d'ailleurs avec la Scuderia que "Jeannot" avait signé sa seule victoire en F1, au Canada en 1995. C'est encore avec une voiture de la marque italienne (une F430) qu'Alesi participa aux Le Mans Series l'an dernier.

L'attachement à l'Italie irrigue également la carrière de Stallone, qui a joué dans Capone (1975) ou Mafia love (2002) et donné la réplique à ses confrères Ray Liotta et Robert de Niro dans Cop Land (1997). Son premier film, érotique, lui offrit même ce célèbre surnom : l'"Etalon italien" (1970). Il allait le reprendre six ans plus tard pour le personnage de Rocky, film culte narrant l'ascension de Rocky Balboa, boxeur anonyme d'origine italienne propulsé star par la seule force de ses poignets.

Jean Alesi remporte le GP du Canada sur Ferrari :

Le goût des retours. Alesi comme Rocky, alter ego de Stallone à l'écran, ont de la suite dans les idées. Et des envies de come-back. Alesi, qui a été pilote de F1 entre 1989 et 2001, n'a plus conduit de monoplace depuis, touchant à d'autres séries du sport auto comme le DTM (voiture de tourisme), les Speedcar Series (stock-car) ou les Le Mans Series (endurance). Mais, à l'approche de la cinquantaine, Alesi a envie d'un dernier défi : disputer les 500 miles d'Indianapolis, l'une des plus prestigieuses courses automobiles au monde avec le GP de F1 de Monaco et les 24 Heures du Mans.

Après avoir accumulé plusieurs séries B, voire Z au début du siècle (Get Carter, Compte à rebours mortel, Spy Kids 3), Stallone retrouva en 2006 son personnage de Rocky Balboa dans un film éponyme où il porta les casquettes d'acteur, réalisateur et scénariste. Ce come-back, 30 ans après le premier film de la saga et à l'âge de 60 ans, a été un succès. Alesi, qui en aura douze de moins en mai 2012, peut avoir de l'espoir... 

Stallone réussit son retour dans Rocky Balboa :

Le défi de l'Indy. Alesi n'a plus conduit de monoplace en compétition depuis une décennie. L'Equipe indique vendredi qu'il a même repris l'entraînement au volant d'une F4, le type de monoplace sur laquelle se rôdent les plus jeunes pilotes... Après le travail d'entraînement, il y aura l'adaptation aux monoplaces de l'Indycar (différentes des F1 malgré la forme similaire) et aux circuits en ovale.

Autant dire que l'Avignonnais s'est lancé dans un drôle de défi, un peu à la (dé)mesure de celui dans lequel s'était lancé Stallone à la fin des années 1990 en voulant monter un film sur la F1. C'est à cette occasion, d'ailleurs, que les deux hommes se sont liés d'amitié. Finalement, ce film ne s'est jamais fait, et Stallone s'était alors replié en coproduisant un film sur... l'Indycar, qui s'appelait encore ChampCar à l'époque. Driven (2001), dans lequel Alesi fait une apparition, a été un échec artistique et commercial (55 millions de recettes pour 74 millions de budget). On ne souhaite pas à Alesi le même destin pour son passage à l'Indycar.

Stallone écrit et produit Driven en 2001 :

Des artistes incompris. Alesi et Stallone sont de la même trempe. D'un côté, le pilote français au coup de volant aiguisé. De l'autre, l'acteur américain au coup de poing magnifié. Les deux n'ont sans doute pas eu une carrière à la hauteur de leur talent, qui a souvent été moqué. Alesi a été réduit par les Guignols de l'info au simple statut de pilote de bac à sable. De son côté, Stallone a accumulé les nominations aux Razzie awards, qui récompensent les pires acteurs et les pires films de l'année.

Mais 'Sly" a aussi été nommé à l'Oscar du meilleur acteur pour Rocky et sa performance en flic alcoolique dans Cop Land avait bluffé tout le monde en 1996. Six ans plus tôt, Alesi avait lui bluffé Ayrton Senna lors du Grand Prix des Etats-Unis, à Detroit, en livrant au Brésilien une homérique bataille sur sa modeste Tyrrell. L'air des USA, patrie de Stallone, réussira-t-il de nouveau à Alesi ? Réponse le 27 mai prochain, lors de la 96e édition des 500 miles d'Indianapolis.

Alesi dispute à Senna la tête du GP des USA 1990 :