Akingbala était bien là

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Akingbala était bien là
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Il s'était fracturé le nez il y a trois jours, avec un traumatisme crânien en prime. Ça n'a pas suffi à arrêter Akin Akingbala, qui ne s'est pas contenté de faire acte de présence, samedi lors du match d'appui en demi-finales de Pro A face à l'Asvel. Auteur de 16 points et 17 rebonds, le Nigérian a très largement contribué à guider le Sluc vers le succès (89-75). Nancy jouera Cholet en finale.

Il s'était fracturé le nez il y a trois jours, avec un traumatisme crânien en prime. Ça n'a pas suffi à arrêter Akin Akingbala, qui ne s'est pas contenté de faire acte de présence, samedi lors du match d'appui en demi-finales de Pro A face à l'Asvel. Auteur de 16 points et 17 rebonds, le Nigérian a très largement contribué à guider le Sluc vers le succès (89-75). Nancy jouera Cholet en finale. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. L'expression est vieille comme le monde, mais bien souvent véridique dans le sport. Nancy l'avait appris à ses dépens mercredi à Villeurbanne, assez nettement défait en demi-finale retour dans le Rhône (79-91). Mais cette fois, Akin Akingbala était là. Sorti cinq minutes à peine après le début du match il y a trois jours, pour une fracture du nez doublée d'un traumatisme crânien, le Nigérian a sorti un monstrueux double-double, avec 16 points et 17 rebonds. Plus qu'une force de la nature, Akingbala a prouvé son incroyable mental. L'Asvel ne pouvait éternellement compter sur sa seule capacité de réaction. Après avoir réussi à remonter le handicap d'une défaite lors du premier match en quarts de finale, contre Chalon, les hommes de Nordine Ghrib ont forcément pris un coup sur la casquette avant même de débuter le match. Ou plus exactement, au moment de débuter le match. Au moment de voir la grande carcasse d'Akingbala bel et bien présente sur le parquet. Assez fragiles mentalement, les Villeurbannais, rapidement distancés, n'ont jamais vraiment caressé l'espoir de l'emporter en Lorraine. "C'est clair qu'Akingbala fait du mal, avouait Edwin Jackson à l'issue de la partie, devant les caméras de Sport+. Même celles qu'il ne prend pas, il les touche et d'autres joueurs vont les chercher. C'est difficile de jouer contre Nancy quand il est là." Tellement difficile que c'était impossible, en tout cas pour ce Villeurbanne-là. Avec déjà un avantage de six points au terme du premier quart (20-14), les joueurs de Jean-Luc Monschau ont pris le match par le bon bout, guidés par les six points et huit rebonds en moins de 13 minutes de jeu... d'Akin Akingbala. Akingbala: "Je suis là pour aider mon équipe" Le héros du soir ne voulait pas tirer la couverture à lui, simplement heureux d'avoir - largement - contribué à qualifier les Cougars pour leur 5e finale nationale en 7 ans. "Je joue au basket et je suis là pour aider mon équipe. On ne veut pas perdre en finale, mais Cholet est une bonne équipe qui a fait du bon boulot cette saison." D'autres Nancéiens ont aussi pris feu à quelques instants-clés. Brun a inscrit huit points en une minute à la fin du deuxième quart (41-27, 28e), tandis que Deane s'est baladé sur la globalité de la deuxième période, en inscrivant 14 de ses 16 points personnels après le repos. Nantis d'un 0/6 à trois points lors des 20 premières minutes, les Villeurbannais sont loin d'avoir fait fructifier leur principal atout, avec un pauvre 5/18 derrière la ligne (9/19 pour Nancy). Moins de 30% de réussite, bien loin de leurs standards des playoffs jusqu'ici, où ils tournaient à 40% de réussite à trois points... Dominée au rebond (40 contre 31 pour Nancy), souvent dépassée dans l'envie, l'Asvel en a même été quitte pour un début de contestation de Matt Walsh, mécontent d'un remplacement dans le dernier quart. Edwin Jackson disait mercredi que l'orgueil de ses joueurs pouvait permettre à Villeurbanne de renverser des montagnes, il peut aussi produire l'effet inverse. Les Rhodaniens savent ce qui leur reste à travailler pour l'avenir, pendant que d'autres peuvent savourer l'instant présent. Plus solides, mieux organisés et disciplinés, les Cougars emmèneront à nouveau John Linehan en finale, un après son titre avec... Cholet.