Ainslie plus fort que Richard

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Ainslie plus fort que Richard
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Le rêve est passé pour Mathieu Richard... Leader toute l'année du World Match Racing Tour, le Français a cédé lors de l'ultime épreuve de la saison, la Monsoon Cup en Malaisie, ne prenant que la huitième place. Et comme dans le même temps, le Britannique Ben Ainslie, troisième en débarquant en Malaisie, remporte l'épreuve en battant en finale Torvar Mirsky, il décroche un premier titre mondial qui échappe une fois de plus à Richard...

Le rêve est passé pour Mathieu Richard... Leader toute l'année du World Match Racing Tour, le Français a cédé lors de l'ultime épreuve de la saison, la Monsoon Cup en Malaisie, ne prenant que la huitième place. Et comme dans le même temps, le Britannique Ben Ainslie, troisième en débarquant en Malaisie, remporte l'épreuve en battant en finale Torvar Mirsky, il décroche un premier titre mondial qui échappe une fois de plus à Richard... La Malaisie n'est décidément pas la tasse de thé de Mathieu Richard. En dehors d'une finale en 2006, le Nantais n'y a jamais réussi de grosses performances et cette année 2010 n'a pas dérogé à la règle. Sauf que les conséquences sont très lourdes puisque sa huitième place ce dimanche lui empêche de remporter un titre de champion du monde de match-race qui semblait lui tendre les bras. Leader du classement général du World Match Racing Tour depuis sa victoire à Marseille lors de la première étape de la saison, Richard faisait depuis la course en tête, ajoutant deux succès à son tableau de chasse, en Corée du Sud et à Saint-Moritz, en Suisse. L'été dernier, l'affaire semblait quasiment pliée en faveur d'un équipage qui navigue ensemble depuis de longues saisons, c'était sans compter sur le fulgurant retour au premier plan de Ben Ainslie qui n'a cessé depuis juillet d'accumuler les performances de choix et, partant, de combler son retard au général sur le représentant de l'équipe de France de match-racing. Vainqueur en juillet en Suède, quatrième à Saint-Moritz, septième au Danemark, le triple médaillé olympique (en Laser en 2000, en Finn en 2004 et 2008) s'impose aux Bermudes en octobre, ce qui lui permet de débarquer en Malaisie pour l'ultime épreuve de la saison dans la peau d'un des quatre prétendants au titre (avec le tenant Adam Minoprio et Torvar Mirsky), alors troisième à 17 points du leader, Mathieu Richard. Richard: "Une très grosse déception" La Monsoon Cup comptant coefficient 1,5, le Britannique savait qu'il lui fallait un quasi sans-faute, conjugué à une contre-performance de ses rivaux, pour décrocher le titre. Ce scénario s'est déroulé comme dans un rêve pour lui, comme dans un cauchemar pour Richard. Difficilement qualifié pour les quarts, le Nantais est tombé samedi face à Ben Ainslie qui avait choisi délibérément de l'affronter pour, dans un quitte ou double, se débarrasser d'un rival direct, le Britannique a ensuite enchaîné dimanche en sortant le Danois Jesper Radich en demi-finale, avant de signer son troisième succès de la saison, son deuxième consécutif, au terme d'une finale à haut suspense face à Torvar Mirsky (3-2), ce dernier finissant du coup au général sur les talons de Mathieu Richard. Car dans le même temps, le Français, qui jouait pour les places d'honneur (de 5 à 8), est passé à côté de sa journée dominicale, battu successivement par Francesco Bruni et Peter Gilmour pour ne prendre que la huitième place de la Monsoon Cup, son pire résultat de la saison après son élimination avant les quarts aux Bermudes. Inutile de dire que la déception était immense pour Richard et ses coéquipiers à l'issue de cette terrible journée: "C'est une très grosse déception. On était là pour le titre et il nous échappe. On n'a pas fait une belle régate, même si on a réussi à trouver les ressources pendant les Round Robins pour passer et éliminer Minoprio. Ensuite, nous avons eu du mal pendant un quart de finale décisif, même si l'on s'est bien battus. Ben Ainslie était un gros morceau, c'est vrai, mais quand on veut être champion du monde, il n'y a que des gros morceaux. En tout cas, ils n'aura pas raté son titre." Et le Nantais de tenter de tirer un premier bilan d'une saison globalement réussie mais mal terminée: "Au final, on fait une saison superbe avec trois victoires et deux places de trois, mais il y a eu des moments de creux, dont la Monsoon Cup. Dans une saison, il y a des hauts et des bas, nous avons été très haut, mais aussi bas à certains moments. La Monsoon Cup est tout le temps décisive pour le titre et il faut répondre présent. C'est très dur de faire un bilan à chaud. On en parlera dans les semaines à venir. En tous cas, on a bien envie de revenir l'année prochaine dès le Marseille International Match Race." Rendez-vous est pris pour 2011 avec sans doute un gros sentiment de revanche pour un équipage passé si près de la consécration...