Afflelou, la volte-face

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Afflelou, la volte-face
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Le consensus affiché dimanche, à l'issue de la réunion du conseil d'administration (CA) de l'Aviron Bayonnais, s'est lézardé un peu plus de 24 heures plus tard avec la décision d'Alain Afflelou de finalement quitter le club basque en fin de saison. Le célèbre lunetier dénonce l'hypocrisie de l'équipe dirigeante à l'égard de Bernard Laporte, dont il se veut par cette décision solidaire.

Le consensus affiché dimanche, à l'issue de la réunion du conseil d'administration (CA) de l'Aviron Bayonnais, s'est lézardé un peu plus de 24 heures plus tard avec la décision d'Alain Afflelou de finalement quitter le club basque en fin de saison. Le célèbre lunetier dénonce l'hypocrisie de l'équipe dirigeante à l'égard de Bernard Laporte, dont il se veut par cette décision solidaire. "Vous avez remarqué qu'on ne s'embrassait pas sur la bouche." Alain Afflelou, dans Sud-Ouest, évoque à sa façon ce jeu de dupes qui, dimanche, à l'issue du conseil d'administration (CA) de l'Aviron Bayonnais, avait semblé apaiser les feux d'une crise ouverte au sein du club basque. Semblé seulement... Car 24 heures plus tard, après une nuit sans sommeil, Afflelou a changé d'avis et choisit d'afficher sa solidarité avec Bernard Laporte, évincé à ses yeux comme un malpropre. "A l'occasion de ce conseil, j'ai dit pourquoi j'étais mécontent et même que j'étais contre le fait que Bernard Laporte ne soit pas là, alors qu'on était allé le chercher et que personne autour de la table n'avait le moindre élément de preuve à avancer pour dire pourquoi il fallait ne pas garder Bernard Laporte..., explique l'intéressé sur Infosport. J'avais le sentiment d'avoir un peu abandonné Bernard dans un combat qu'il n'était pas venu mener. Et donc aujourd'hui, après pas mal de réflexion, je me suis dit que je n'avais rien à faire là et pas envie de travailler avec des gens qui avaient eu ce comportement. Je n'ai vraiment plus du tout confiance dans les gens qui dirigent le club." "Le conseil d'administration a passé son temps à le prendre pour un con" (Jean Grenet, maire de Bayonne) Avec le départ d'Afflelou, ce sont donc les 2,5 millions d'euros, promis par le vice-président du club la saison prochaine (son apport était cette saison de 4 millions), qui s'envolent... Une situation qui a eu le don d'ulcérer le maire de la ville, Jean Grenet, autre partenaire privilégié de l'Aviron, qui dans la coulisse avait oeuvré ces dernières heures pour réunir les points de vue: "J'avais réussi à faire revenir Alain Afflelou, assène le premier magistrat de la ville dans Sud-Ouest. Il est venu spécialement de Paris pour passer deux heures avec le Conseil d'administration. Il n'a demandé la tête de personne et visiblement, tous s'étaient mis d'accord. Et là, j'apprends ce clash. (...) Le conseil d'administration a passé son temps à le prendre pour un con. Lorsque l'on est face à un homme, qui vous apporte quatre millions par an, on doit le respecter. Or, on ne l'a pas respecté. Et l'élu de dénoncer: Il faut arrêter de mépriser à ce point les gens. J'ai été scandalisé d'entendre certaines personnes parler de « victoire » suite au départ de Bernard Laporte. (...) Le conseil a dépassé les bornes. Je suis extrêmement inquiet pour l'avenir du club. Face au comportement du Conseil d'administration vis-à-vis de M. Afflelou et de la mairie, je dis ça suffit." Mais qui sont ces administrateurs coupables selon le maire de ce coup de force ? Philippe Neys, partenaire et actionnaire du club, est l'un d'entre eux, partisan n°1 du projet Salagoïty. "C'est une demi-surprise. Nous avons été habitués, avec M. Afflelou aux entrées, sorties, et volte-face. Est-ce la dernière ?, interroge-t-il, provocateur, toujours dans les colonnes du quotidien régional. Nous sommes nombreux à ne pas soutenir son projet, peut-être très ambitieux, mais avec un financement très aléatoire. Le montant et les modalités de ce projet n'ont jamais été clairs. 16 millions sur 4 ans, ça ne veut rien dire. (...) Nous avons eu l'impression de subir une forme de chantage, nous étions suspendus au bon vouloir et aux humeurs de M. Afflelou, poursuit le chef d'entreprise. Nous allons reprendre notre rythme avec calme et sérénité. Car il faut bien reconnaître que M. Afflelou n'était jamais content, que les résultats ne lui convenaient pas, que nos joueurs étaient à ses yeux pas au niveau. Nous avons vécu jusque-là sans Afflelou, on vivra sans lui." A Bayonne, "l'important aujourd'hui est de terminer la saison dans le calme et reprendre les affaires du club telles qu'elles étaient. Je ne suis pas inquiet, nous trouverons de nouveaux partenaires attirés par l'authenticité, la sincérité et la vérité de notre club. L'important est le comportement magnifique des joueurs, qui viennent de ramener un point de chez le champion de France et de battre le champion d'Europe." Il est vrai qu'on aurait tendance à l'oublier...