Affaire des quotas : Blanc sous pression

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Affaire des quotas : Blanc sous pression
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Lilian Thuram réclame des sanctions et deux enquêtes ont été ouvertes.

Quelques jours après les révélations de Mediapart sur l’instauration de quotas ethniques dans le football français, Laurent Blanc est en mauvaise posture. Selon le quotidien L'Equipe, le sélectionneur des Bleus est parti dans le Nord de l’Italie, histoire de prendre un peu de recul sur cette affaire.

Deux commissions d’enquête

La Fédération française de football (FFF) a lancé une commission d'enquête interne pour essayer de faire la lumière sur les accusations de Mediapart. Une deuxième commission a été nommée par le ministère des Sports, sous la forme d’une mission de l’Inspection générale de la jeunesse et des sports (IGJS). Les deux commissions entendront toute cette semaine les personnes présentes lors de la fameuse réunion du 8 novembre dernier avant de rendre leurs conclusions en début de semaine prochaine.

Les auditions ont à peine commencé (mardi matin, Erik Monbaerts, le sélectionneur de l’équipe de France Espoirs, devait être entendu - nldr) mais des voix s’élèvent déjà pour réclamer des sanctions. Chantal Jouanno, n’a pas directement demandé la "tête de Laurent Blanc" mais elle maintient la pression dans cette affaire. Interrogé par le Parisien, la ministre des Sports a précisé qu’elle n’avait "jamais entendu Laurent Blanc prononcer un mot raciste". Mais sa conclusion ne doit pas vraiment rassurer l’ancien entraîneur des Girondins de Bordeaux : "tant que la transparence totale ne sera pas établie par l’inspection, il sera fragilisé".

Dix mois après le fiasco lors de la dernière Coupe du monde, le football français replonge dans une nouvelle crise. Chantal Jouanno ne cherche d’ailleurs pas à minimiser ce climat délétère : "on a le sentiment que cela n’en finit pas, que l’ensemble du football est touché. La Fédération a déjà perdu 8% de licenciés…"

Thuram réclame des sanctions

Lilian Thuram a été catégorique sur les suites à donner à cette polémique. "Il faut renvoyer les personnes qui ont tenu ces propos", a-t-il expliqué lors d'une longue interview accordée, lundi à Mediapart. Et d’expliquer : "là, nous sommes dans une situation claire et nette de discrimination. Il faut dire 'stop'. Et peu importe les personnes concernées".

Laurent Blanc et Lilian Thuram, 930*370

© REUTERS


Lilian Thuram n’a pas non plus épargné Laurent Blanc, son ancien partenaire en équipe de France. "Je suis lié à vie avec Laurent Blanc car il m'a offert le plus beau cadeau qu'un enfant puisse rêver, la Coupe du monde. Mais qu'il soit d'accord pour que l'on puisse discriminer des enfants de 12 ans, est-ce acceptable ? Je suis d'accord avec ce que Fernand Duchaussoy, président de la FFF, Noël Le Graët, vice-président, ou même... Laurent Blanc ont dit : il faut renvoyer les personnes qui ont tenu ces propos".

En guise de conclusion, le recordman des sélections en équipe de France (142), a exprimé son sentiment plus général sur l’affaire : "si on laisse passer cette situation, imaginez le message que l'on renvoie à la société. On banalise quelque chose de grave".

Comment Laurent Blanc va-t-il encaisser cette nouvelle sortie de Lilian Thuram ? Pourra-t-il résister à ce climat devenu de plus en plus hostile ? Prochaine étape pour lui : son audition devant la commission d’enquête de la FFF, qui devrait avoir lieu dans les prochains jours.