Abidal n'a pas oublié

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Abidal n'a pas oublié
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De retour dans le groupe France après un purgatoire de quelques mois, Eric Abidal a reconnu mardi à la veille du match amical Angleterre-France avoir traversé des moments difficiles au sortir d'une Coupe du monde achevée dans la confusion. S'il avoue une certaine culpabilité, le Barcelonais, considéré comme un latéral gauche par Laurent Blanc, espère un nouveau départ en Bleu.

De retour dans le groupe France après un purgatoire de quelques mois, Eric Abidal a reconnu mardi à la veille du match amical Angleterre-France avoir traversé des moments difficiles au sortir d'une Coupe du monde achevée dans la confusion. S'il avoue une certaine culpabilité, le Barcelonais, considéré comme un latéral gauche par Laurent Blanc, espère un nouveau départ en Bleu. La salle de conférence de presse du Wembley Stadium paraît presque trop grande pour lui. La voix faible, un rien voûté, Eric Abidal semble encore porter sur des épaules qu'il a pourtant plutôt larges le poids d'une Coupe du monde achevée dans l'infamie. De retour en équipe de France, presque cinq mois après l'échec sud-africain, le Barcelonais, autrefois considéré comme un cadre de l'équipe de France version Domenech, a changé de statut, vivant presque ce come-back comme un deuxième bizutage: "C'est différent, il y a un nouveau groupe, un nouveau staff, j'ai 31 ans, plus de sélections que les jeunes, mais ça m'a fait un peu bizarre." Il faut dire que du haut de ses 50 sélections, Eric Abidal a senti de près le vent du boulet, lui qui avait demandé (et obtenu) à Raymond Domenech de ne pas jouer le dernier match du Mondial des Bleus face à l'Afrique du Sud, ne se sentant pas dans les dispositions mentales pour tenir sa place. Un renoncement qui aurait pu lui fermer définitivement les portes de l'équipe de France, d'autant que, d'après plusieurs témoignages, son rôle dans la "mutinerie de Knysna" n'a pas été secondaire. Mais depuis, de l'eau a coulé sous les ponts et l'ancien Lyonnais a fait amende honorable: "Après l'épisode du Mondial, j'ai beaucoup réfléchi. C'était très dur pour tout le monde, notamment pour moi, beaucoup de choses se sont dites. Le Mondial m'a appris que même en dehors du terrain, le foot se joue sur des détails." De la culpabilité à l'évocation du souvenir de Knysna ? Le mot n'est pas prononcé, mais c'est tout comme: "Certainement. On aurait dû réfléchir plus longuement et prendre d'autres décisions. Se préparer pour un Mondial, ça demande énormément de travail, et quand on le vit mal comme ça, tout tombe à l'eau du jour au lendemain. On a été coupables de pas mal de choses, c'est l'enchaînement de beaucoup de choses qui a fait qu'on n'a pas réussi à remplir notre objectif." Maintenant, chat échaudé craint l'eau froide, et Eric Abidal promet qu'on ne l'y reprendra plus: "J'ai appris pas mal de choses dans ce Mondial. Si la situation devait revenir, je l'aborderais d'une autre manière. Et si je fais partie de ce nouveau groupe, j'aurai l'expérience pour dire ce qui est bien ou pas bien.""J'ai aimé jouer dans l'axe""Si je fais partie de ce nouveau groupe"... Preuve supplémentaire s'il en est qu'Eric Abidal se sent presque comme un débutant au sein du groupe dirigé par Laurent Blanc qui, lors des matches précédents, ne l'avait pas pris, arguant du fait qu'il attendait de savoir à quel poste le joueur allait se fixer en club. Le message n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd: "J'ai entendu le coach en conférence de presse, il attendait de savoir à quel poste j'allais jouer avec mon club. A Barcelone, je joue soit sur le côté soit dans l'axe, mais depuis pas mal de temps, je joue côté gauche, ça m'a facilité la tâche. Et c'est plus facile pour un joueur de savoir à quel poste il peut postuler." En l'occurrence, c'est à gauche, Laurent Blanc ayant décidé de donner du temps à sa charnière Philippe Mexès-Adil Rami pour prendre ses repères. Eric Abidal l'accepte, même s'il ne renie rien de son passé d'arrière central: "J'ai aimé jouer dans l'axe, je l'ai fait à Lille, pas mal de temps à Lyon, Raymond Domenech me faisait jouer dans l'axe. Maintenant, je suis sur le côté gauche, je fais de bonnes prestations en club, c'est plus facile pour moi de jouer au même poste en sélection." Pas sûr cependant qu'il ait l'occasion de débuter mercredi à Wembley, Gaël Clichy étant a priori le titulaire dans le couloir gauche au sein d'une défense que le sélectionneur souhaite installer sur la durée. Mais s'il en a l'occasion, nul doute que ce compétiteur ne laissera pas passer sa chance, lui qui voit dans le jeu prôné par Laurent Blanc des similitudes avec celui qu'il pratique tous les jours en Catalogne: "L'entraîneur aime voir son équipe bien jouer au football. J'ai fait un entraînement, ça m'a rappelé mes entraînements à Barcelone, ça prouve que l'entraîneur veut imposer son jeu, sa tactique. Dans un match de football, plus tu as la possession, plus tu as la chance de le remporter. De l'extérieur, ça m'a plu, maintenant que je suis à l'intérieur du groupe, ça continue à me plaire, j'espère que ça va continuer dans ce sens." Eric Abidal espère surtout que ce retour en Bleu ne sera pas sans lendemain...