A qui le tour ?

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A qui le tour ?
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Novak Djokovic lauréat en Australie, Rafael Nadal à Roland-Garros, Wimbledon s'offrira-t-il à un autre joueur ? Si une victoire du Serbe, qui n'a jamais dépassé le dernier carré à Londres, relèverait d'une surprise, l'Espagnol, déjà titré à deux reprises outre-Manche, figure encore une fois comme l'un des grands favoris à sa propre succession. Mais Roger Federer, sextuple vainqueur de l'épreuve, et Andy Murray semblent en mesure d'inverser la tendance.

Novak Djokovic lauréat en Australie, Rafael Nadal à Roland-Garros, Wimbledon s'offrira-t-il à un autre joueur ? Si une victoire du Serbe, qui n'a jamais dépassé le dernier carré à Londres, relèverait d'une surprise, l'Espagnol, déjà titré à deux reprises outre-Manche, figure encore une fois comme l'un des grands favoris à sa propre succession. Mais Roger Federer, sextuple vainqueur de l'épreuve, et Andy Murray semblent en mesure d'inverser la tendance. A eux deux, ils ont gagné toutes les levées du Grand Chelem et les Masters 1000 disputés depuis le début de la saison. Eux, ce sont Novak Djokovic (Open d'Australie, Indian Wells, Miami, Madrid, Rome) et Rafael Nadal (Roland-Garros, Monte-Carlo). Les autres ont ramassé les miettes. A l'heure où le circuit entre dans la deuxième moitié du calendrier, la domination du Serbe et de l'Espagnol va-t-elle se pérenniser ou, au contraire, s'estomper ? Wimbledon, le plus vieux tournoi de tennis au monde (créé en 1877), apportera la réponse dans deux semaines. Le gazon londonien, son prestige et son incertitude, n'est pas simple à apprivoiser. Depuis 2003, seuls Roger Federer (six fois) et Nadal (deux fois) en ont fait leur jardin. Ces deux-là, qui comme à Roland-Garros ne pourront pas se croiser avant la finale, apparaissent comme les favoris logiques, suivis de près par Andy Murray et Djokovic. Le Serbe, qui n'a plus joué depuis sa seule défaite de l'année concédée face à Federer à Roland-Garros, est celui du Top 4 qui présente le moins de références sur gazon. Demi-finaliste de Wimbledon en 2007 et 2010, jamais titré sur cette surface si spécifique, le "Djoker", opposé à Jérémy Chardy d'entrée, peut espérer vaincre à Londres à la seule condition de transposer sur herbe le niveau de jeu exceptionnel qu'il affiche depuis le début de l'année. Autre source de motivation, la place de n°1 mondiale qui lui reviendra en cas d'accession à la finale ou si Nadal perd son titre. Federer a la voie dégagée Avant d'aborder la troisième levée du Grand Chelem de la saison, l'Espagnol, battu au Queen's par Tsonga, est rentré à Manacor quelques jours pour se ressourcer et se préparer sur... terre battue ! Bien que son fauteuil de leader ne tienne plus qu'à un fil, Nadal dit débarquer en Angleterre sans pression grâce à la défense victorieuse de son titre à Roland-Garros. Une manière comme une autre d'essayer de se faire tout petit mais qui ne trompe personne. Depuis trois ans, le Majorquin est le joueur qui a obtenu les meilleurs résultats sur gazon, n'en déplaise à Federer, six fois sacrés au All-England Club. Le Suisse, sans doute bien content de ne pas avoir été placé dans la même moitié de tableau que son plus sérieux rival, lequel a également hérité du finaliste 2010 Tomas Berdych et des deux Andy, Murray et Roddick. Federer, placé dans le troisième quart de tableau, a bénéficié d'un tirage plus clément qui lui offre un boulevard jusqu'aux quarts de finale. Un stade où il pourrait retrouver Jo-Wilfried Tsonga, lui aussi pas mal gâté par le sort. Sur le gazon qui l'a révélé, en 2003 lors du premier de ses seize titres en Majeur, le Bâlois possède le jeu idéal. Et s'il parvient à rester aussi agressif qu'il le fut à Roland-Garros alors l'ancien numéro 1 mondial sera très difficile à battre. Avec Federer et Nadal, Murray, supporté par tout le peuple britannique, s'inscrit comme la troisième force. Demi-finaliste des deux dernières éditions, l'Ecossais a davantage la main verte que le pied terrien. Sa victoire au Queen's, son premier titre de l'année, lui a sans doute fait le plus grand bien. Reste que le rouquin de Dunblane n'a toujours pas prouvé qu'il était capable d'aller au bout dans une levée du Grand Chelem et pourrait, le cas échéant, être rattrapé par ses démons. Sa maîtrise du jeu sur herbe lui permet en tout cas, au moins, de rêver en grand. Derrière les quatre cadors, les Söderling, Berdych et Roddick, bien qu'en grosse perte de vitesse, auront sans doute leur mot à dire. Les Français également. Souvent plus à l'aise sur le tapis vert de Wimbledon que le rouge de Roland-Garros, les Tricolores possèdent en Tsonga, mais aussi Richard Gasquet, Gaël Monfils, Gilles Simon voire Michaël Llodra des candidats très sérieux à la deuxième semaine. Mais pour aller au-delà des huitièmes de finale, il faudra alors sortir le très grand jeu. On pense notamment à Simon, Gasquet et Monfils qui pourraient retrouver respectivement à ce stade du tournoi Nadal, Murray et Roddick.