A n'y rien comprendre

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A n'y rien comprendre
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Les Pyrénées sont passées et le classement général est toujours aussi bouché. Le Plateau de Beille, habituel juge de paix du Tour de France, n'a pas créé d'écarts entre les favoris, qui s'épient. Les Schleck se plaignent d'être les seuls à attaquer, Contador jure qu'il ne peut pas plus, et Evans attend. Pendant ce temps, Thomas Voeckler est toujours en jaune.

Les Pyrénées sont passées et le classement général est toujours aussi bouché. Le Plateau de Beille, habituel juge de paix du Tour de France, n'a pas créé d'écarts entre les favoris, qui s'épient. Les Schleck se plaignent d'être les seuls à attaquer, Contador jure qu'il ne peut pas plus, et Evans attend. Pendant ce temps, Thomas Voeckler est toujours en jaune. Marco Pantani en 1998, Lance Armstrong en 2002 et 2004, Alberto Contador en 2007. Jusqu'à présent, c'était implacable. Le vainqueur au Plateau de Beille remportait le Tour de France dans la foulée. Une certaine forme de logique. Cette année, on attendait encore monts et merveilles de cette étape reine des Pyrénées. On allait savoir, ou au moins avoir des pistes. Et finalement, le vainqueur du Tour 2011 (comprendre au Plateau de Beille) est... Jelle Vanendert ! Qui ça ? Vanendert, le valeureux lieutenant de Philippe Gilbert (cf Amstel Gold Race). Un second-couteau, talentueux certes, mais pas un vainqueur de grand Tour. Lui-même s'avoue surpris de sa performance. "Même dans mes rêves, je n'aurais jamais pensé être aussi fort en montagne", admet-il. L'étape pour Vanendert, le jaune pour Voeckler, c'est la preuve que ce Tour manque de clarté. Il y a quelques années, la hiérarchie était plus nette. "S'il était là, j'aurais pris 5 minutes de retard sur Armstrong. Il aurait fait le grand ménage aujourd'hui", assure Voeckler, en jaune en 2004 au Plateau de Beille. Cette année, le Tour n'a pas de patron. Et le plus embêtant, c'est que le spectacle n'en profite pas. Les coéquipiers des frères Schleck prennent leurs responsabilités dans les premiers cols, mais ils disparaissent dès les premières rampes de la montée finale. Résultat, les Luxembourgeois sont forcés de se découvrir, et ils n'aiment pas ça. Surtout quand ils sont les seuls à bouger. A Luz-Ardiden, Fränk a attaqué à trois kilomètres de l'arrivée, pour prendre une trentaine de secondes sur ses rivaux. Là, c'est Andy qui avait les meilleures jambes. Le 4e du général a tenté d'accélérer à quatre reprises, mais, fixé sur Contador, il s'est rapidement relevé à chaque fois. "Il y a constamment trois quatre coureurs qui me surveillent, c'est impossible de faire la différence !", se lamente Andy. Et ce ne sont pas les deux secondes grappillées dans les derniers mètres qui vont faire la différence. "C'est dommage, reconnaîtra Fränk Schleck à l'arrivée sur France Télévisions. J'étais un peu juste dans les deux derniers kilomètres, je pouvais seulement garder la roue mais pas attaquer. Ça me rappelle 2009, ou seuls Andy et moi faisions la course, alors que les autres se regardaient. Seul Basso a tenté d'attaquer. Nous ne sommes pas encore au bout du Tour, et il y aura d'autres occasions de creuser l'écart avec Contador." Contador: "Je ne pouvais pas faire mieux" Contador, encore et toujours lui. L'Espagnol n'était pas au mieux, mais il s'est accroché. Le Madrilène, que l'on a connu plus malmené, attend son heure. "Je continue de récupérer mais je ne suis pas encore assez bien pour courir différemment. Ce n'est pas la manière que j'aime mais je ne pouvais faire mieux. Il me reste à reprendre du temps dans les Alpes", a réagi Contador, toujours distancé mais toujours optimiste, comme son directeur sportif. "Personne n'a réussi à attaquer, à part Sanchez. Le Tour est toujours très ouvert. Alberto était mieux qu'il y a deux jours", estime Bjarne Riis. Cadel Evans, lui, gère tranquillement. Sa 3e place au classement, et ses qualités dans le contre-la-montre, font qu'il n'a pas forcément besoin d'attaquer. "Je ne sais pas si je suis gagnant ce soir, mais j'ai suivi les meilleurs grimpeurs, je suis resté proches d'eux et je ne voulais pas me laisser distancer. J'ai essayé de tout contrôler", explique le leader de la BMC, attentif, comme ses rivaux. Et pendant ce temps, Thomas Voeckler reste en jaune. "Il est dans une forme qu'on ne lui connaissait pas, concède Andy Schleck. Peut-être qu'on peut l'inclure dans le groupe de ceux capables de gagner le Tour mais les Alpes, c'est différent." On attend de voir.