A l'heure des outsiders

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A l'heure des outsiders
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Castres qui reçoit Montpellier samedi, à Pierre-Antoine, où le CO est invaincu cette saison, c'est un match de barrages du Top 14 entre deux séduisants seconds couteaux, bien décidés à rejoindre le dernier carré et s'offrir une demi-finale face au Racing. Des Tarnais qui comptent profiter de leur expérience malheureuse à ce stade de la compétition l'an passé face à un adversaire totalement néophyte à ce niveau.

Castres qui reçoit Montpellier samedi, à Pierre-Antoine, où le CO est invaincu cette saison, c'est un match de barrages du Top 14 entre deux séduisants seconds couteaux, bien décidés à rejoindre le dernier carré et s'offrir une demi-finale face au Racing. Des Tarnais qui comptent profiter de leur expérience malheureuse à ce stade de la compétition l'an passé face à un adversaire totalement néophyte à ce niveau. Fabien Galthié et Laurent Labit pourront bien tomber dans les bras l'un de l'autre samedi, à quelques heures du coup d'envoi, les deux anciens coéquipiers de Colomiers, où ils formèrent trois saisons durant de 1997 à 2000 la charnière locale, ne risquent pas d'épiloguer bien longtemps sur leurs souvenirs passés. Car le présent, qui les réunit à nouveau, s'avère en vérité bien trop brûlant pour laisser trop de place aux sentiments. L'ancien demi de mêlée, aujourd'hui entraîneur de Montpellier, n'a d'ailleurs pas tardé à donner le ton de ce match de barrages, qui lui fera croiser à nouveau le chemin de l'actuel co-entraîneur du Castres Olympique au côté de son alter-ego, Laurent Travers. Castres-Montpellier, c'est le troisième face au sixième de la saison régulière et comme si l'affiche ne se suffisait pas à elle-même, Galthié n'a pas hésité à convoquer Jacques-Fourroux en personne pour poser, selon lui, les contours de cet affrontement (voir par ailleurs). Pour la première fois cette saison, l'ancien capitaine du XV de France évoque l'arbitrage et le directeur de jeu, M. Maciello, qui samedi aura la charge de ce match, comme ce fut déjà le cas en saison régulière lorsque Montpellier était venu, comme chacun des treize autres adversaires visiteurs du CO au cours de cet exercice, s'incliner lourdement (43-29), encaissant cinq essais au passage. Mais surtout, et c'est là que Galthié tient à attirer l'attention en même temps qu'il met l'arbitre sous pression, en concédant quatorze pénalités, plus un carton jaune, contre sept à son large vainqueur du jour. Castres veut sa part de lumière Il y a pourtant tellement mieux à dire et à évoquer au sujet de ce duel d'outsiders aux côtés des cadors du championnat, deux ambitieux bien décidés à s'inviter dans le dernier carré pour s'en aller défier le 28 mai, au Vélodrome de Marseille, le Racing-Métro 92. Pour Castres, défait lourdement l'an passé au même stade de la compétition à Toulouse, mais qui a su répondre présent lors de cette toujours périlleuse saison de la confirmation, il s'agit de franchir un palier supplémentaire. Et obtenir enfin cette reconnaissance sportive et médiatique, qui lui fait défaut et dont les Tarnais nourrissent une amertume sans doute légitime. L'annonce cette semaine de la liste des Tricolores sélectionnés pour la Coupe du monde en fut une nouvelle fois l'expression avec un seul appelé, le pilier Luc Ducalcon. Au moment d'aborder ce barrage, Laurent Travers, cité par La Dépêche du Midi, veut d'ailleurs faire de ce qu'il juge comme un nouveau camouflet de la part des sélectionneurs "une source de motivation supplémentaire afin de montrer qu'ils se sont trompés." Ducalcon, lui, exprime à sa façon ce désir d'aller plus haut et de reconnaissance: "L'an dernier après notre défaite en match de barrage à Toulouse, on s'était dit qu'on voulait être de nouveau dans les six premiers, se rappelle-t-il, toujours dans les colonnes du quotidien régional. Recevoir ce match de barrage à domicile, c'est du bonus. C'est la preuve que l'on a progressé par rapport à l'an dernier. On a progressé dans la gestion des matchs. (...) Et c'est un bon point pour les phases finales." Pour Montpellier, en revanche, ce choc a le goût de l'inédit pour ce si jeune club, fondé en 1986, qui n'avait jusqu'à ce jour, jamais pris part aux phases finales. Mais là aussi, comme son adversaire, le MHR, capable de terrasser les stars toulonnaises dans un match à la vie à la mort il y a une semaine, en veut plus. "Ce match est un peu une récompense, reconnaît le demi de mêlée Julien Tomas dans Le Midi Libre. Mais, si nous avons atteint l'objectif de la coupe d'Europe, on ne veut pas en rester là. On a envie de créer un nouvel exploit. Nous devons l'aborder comme un match particulier, mais sans se mettre la pression supplémentaire d'un match de barrage. Fabien Galthié, qui a l'habitude et l'expérience de ces matches, a eu un petit discours positif dans la semaine. Il nous a dit que le rêve d'arriver en phase finale est désormais une réalité." Face à laquelle on situe mal la marge de progression, dont dispose encore Fulgence Ouedraogo et ses partenaires. "Le seul point négatif tient à notre manque d'expérience, admet volontiers Tomas. Dans l'équipe, personne n'a vécu de match de phase finale." Mais l'euphorie est là: "Quand on voit le public, l'ambiance du match face à Toulon, on a envie de revivre ça. On a envie de se lâcher, d'avancer et de ne pas boucler la saison samedi." Tomas: "Quand Castres met la marche avant autour de son pack..." Pour ce faire, Montpellier aura donc besoin là aussi d'explorer un niveau de performance inédit sur cette pelouse de Pierre-Antoine inviolée cette saison, où la puissance des avants castrais et Romain "Robocop" Teulet attendent toujours de trouver leurs maîtres. "On craint tout, avoue Tomas. C'est une équipe invaincue chez elle. Cela montre bien qu'elle est dominatrice sur son terrain, qu'elle y maîtrise son sujet. Au regard de la solidité de son pack, nous devrons avant tout rivaliser dans ce secteur pour avoir notre chance. Quand Castres met la marche avant autour de son pack, il gagne. Ce sera la clé du match". Une clé que Castres semble, sinon persuadé, de plus en plus convaincu d'avoir trouvée. Au point de rêver en grand, très grand, à l'image de Ducalcon. "On a le potentiel pour être champion de France. Si tout se goupille bien, on peut l'être. Ce n'est pas réservé à quatre ou cinq équipes du Top 14. C'est normal qu'on y songe par rapport à la saison qu'on a fait."