A l'aube d'une nouvelle ère

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A l'aube d'une nouvelle ère
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Avec la victoire de Na Li à Roland-Garros le week-end dernier, le tennis chinois et asiatique s'est éveillé au plus haut niveau mondial. Dans son sillage, de nombreux joueurs et joueuses pourraient débarquer sur le circuit et développer ce sport grâce à un vivier de talents indéfini. Derrière les grandes nations de tennis comme les Etats-Unis et la Russie, une troisième force pourrait voir le jour.

Avec la victoire de Na Li à Roland-Garros le week-end dernier, le tennis chinois et asiatique s'est éveillé au plus haut niveau mondial. Dans son sillage, de nombreux joueurs et joueuses pourraient débarquer sur le circuit et développer ce sport grâce à un vivier de talents indéfini. Derrière les grandes nations de tennis comme les Etats-Unis et la Russie, une troisième force pourrait voir le jour. On va peut-être assister à une redistribution des cartes sur l'échiquier du tennis féminin mondial. La victoire de Na Li le week-end dernier en finale des Internationaux de France ouvre des perspectives de développement de ce sport dans les pays asiatiques à un niveau insoupçonné. Première représentante du continent à remporter une épreuve du Grand Chelem, la nouvelle numéro 4 mondiale vient d'ouvrir la porte à l'émergence du tennis dans des pays où le football, le basket et le tennis de table y sont beaucoup plus populaires. Après la vague de joueuses arrivées des pays d'Europe de l'Est au cours des années 2000 devrait peut-être succéder un contingent d'Asiatiques dans le sillage de Na Li et Shuai Peng (20e mondiale). La lauréate de Roland-Garros, qui s'est émancipée du système d'état pour monter sa propre structure, espère que sa victoire va donner un souffle nouveau à sa discipline. "Je pense que ça devrait avoir un effet sur le tennis chinois. La Chine, comme la Suède à l'époque de Borg, n'a pas beaucoup de joueurs au top niveau, a-t-elle rappelé. Et aujourd'hui, le tennis ne peut que s'y développer car cette victoire montre qu'en travaillant dur, on peut finir par y arriver et réaliser son rêve." Les prémices de cette émergence ont eu lieu aux Jeux Olympiques en 2008 à Pékin avec Na Li, déjà, qui a échoué au pied du podium en simples et la paire Zi Yan-Jie Zheng médaillée de bronze en doubles. Quatre Chinoises dans le top 100 Le discours d'état, par le biais de Sun Jinfang, le directeur de l'Association chinoise de tennis (l'équivalent de la FFT), se veut lui aussi très optimiste. "C'est un réel tournant, pour un sport dominé en grande partie par des joueurs européens, australiens et américains, explique-t-il dans des propos rapportés par Aujourd'hui la Chine. C'est une source de fierté pour tous les asiatiques, et cela peut servir de point de départ au développement du tennis chinois." Devant leur poste de télévision, environ 95 millions de Chinois ont suivi la finale contre Francesca Schiavone samedi dernier, un chiffre qui en dit long sur le vivier potentiel de joueurs. Le travail est encore considérable pour espérer mener la Chine au niveau des grandes nations du tennis comme les Etats-Unis ou la Russie. Avec quatre joueuses dans les cent premières du classement WTA, elles représentent le huitième contingent, à hauteur de l'Australie et devant la Belgique. Si les filles assurent, ce n'est pas le cas des hommes puisque le mieux classé des Chinois, Yan Bai, pointe à la 348e place mondiale. Mais là aussi, les perspectives de développement sont énormes.