A déguster frappé

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Pour la deuxième fois en 26 ans, les quatre meilleurs joueurs du monde sont au rendez-vous des demi-finales à Roland-Garros. Un must pour un tournoi masculin qui n'a pas encore connu cette année trop de grands frissons. Ça va enfin s'emballer vendredi avec dès 14 heures le choc Nadal-Murray, simple mise en bouche avant l'affiche Djokovic-Federer.

Pour la deuxième fois en 26 ans, les quatre meilleurs joueurs du monde sont au rendez-vous des demi-finales à Roland-Garros. Un must pour un tournoi masculin qui n'a pas encore connu cette année trop de grands frissons. Ça va enfin s'emballer vendredi avec dès 14 heures le choc Nadal-Murray, simple mise en bouche avant l'affiche Djokovic-Federer. En plein pont de l'Ascension, espérons que vous n'êtes pas parti dans un lieu reculé sans poste de télévision. Amateurs de tennis, vous pourriez vous en vouloir. Vendredi, jour traditionnel des demi-finales du tableau masculin, sera à coup sûr une grande journée à Roland-Garros tant le programme est à tomber. Pour la deuxième fois depuis 20 ans, la première depuis 2006, le dernier carré messieurs réunit les quatre meilleurs jours du monde. Il y a cinq ans, Rafael Nadal, Roger Federer, David Nalbandian et Ivan Ljubicic étaient ceux-là. Les deux premiers sont encore de la partie cette année, accompagnés de Novak Djokovic et Andy Murray. Un casting de rêve. Une chance aussi pour le tournoi qui, jusque-là, n'a pas connu son match capable de soulever les foules. Isner-Nadal du premier tour, et la perf de Robert devant Berdych le même jour avaient pourtant montré la voie à suivre. Les matches Fognini-Montanes et Monfils-Ferrer avaient aussi donné de l'émotion. Souhaitons tout de même que les protagonistes aient gardé le meilleur pour la fin. Et les oppositions entre Nadal et Murray d'un côté, Federer et Djokovic de l'autre, offrent de belles garanties. Djokovic, deux chances de devenir numéro 1 Premiers invités à fouler le court Philippe-Chatrier, Nadal et Murray éviteront sans doute aux spectateurs une digestion anesthésiante. Les deux hommes, que l'on a vus au sommet de leur forme que par séquences depuis le début de la quinzaine, rivalisent d'envie et si l'Espagnol, plus à l'aise sur terre battue, partira favori, leur demi-finale de Monte-Carlo reste dans toutes les mémoires. Pas attendu à pareil niveau, l'Ecossais avait alors poussé le Majorquin dans ses derniers retranchements avant de céder, blessé au bras, après plus de trois heures de résistance (6-4, 2-6, 6-1). Une performance dont le Britannique, quelque peu gêné par sa cheville tordue lors de son match du troisième tour, devra s'inspirer pour mettre à mal le tenant du titre remonté comme une pendule après son récital devant Söderling en quarts de finale. Federer et Djokovic devront, peut-être, prendre leur mal en patience tant la première demi-finale risque de durer. Le Serbe n'est plus à ça près, lui qui n'a plus joué depuis dimanche dernier. Bénéficiant du forfait de Fognini en quarts de finale, «l'invincible» a eu le temps de se reposer, reste à voir si cette coupure ne lui aura pas fait perdre le rythme. Peu de risques tout de même pour un joueur qui a déjà disputé 41 matches cette saison, pour 41 victoires. En cas de qualification pour la finale, Djokovic égalera d'ailleurs le record de John McEnroe, datant de 1984, du plus grand nombre de succès consécutifs à partir d'un début d'année. Mais l'homme aux sept titres en 2011 peut aussi décrocher, outre sa première finale à Roland-Garros, un Graal encore plus symbolique : la place de numéro 1 mondial. Une victoire vendredi et le Serbe serait en effet propulsé au sommet de la hiérarchie, comme il le serait également en cas de défaite de Nadal face à Murray. Dernier joueur à pouvoir empêcher le «Djoker» d'affoler les compteurs, Federer himself, l'ancien roi des courts. Le Suisse, débarrassé cette année à Paris du poids de la pression inhérente aux favoris, a parfaitement géré son affaire jusqu'aux demi-finales. Il est le seul joueur du tableau à ne pas avoir perdu le moindre set. Mais contre Djokovic, qui l'a déjà battu trois fois cette saison (Melbourne, Dubaï et Indian Wells), le 3e mondial sera sans doute obligé d'élever encore d'un cran son niveau de jeu pour espérer créer la surprise. On en salive déjà.