908, la même en mieux

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908, la même en mieux
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Prêt à prendre sa revanche aux 24 Heures du Mans au mois de juin, Peugeot n'en oublie pas pour autant le reste de la saison d'Endurance. Pour mener à bien ses objectifs, l'écurie française comptera sur la nouvelle... 908. Alors que le projet 90X laissait croire à un changement de nom, il n'en est rien. Toutefois, les évolutions sont nombreuses, avec notamment un passage du V12 au V8.

Prêt à prendre sa revanche aux 24 Heures du Mans au mois de juin, Peugeot n'en oublie pas pour autant le reste de la saison d'Endurance. Pour mener à bien ses objectifs, l'écurie française comptera sur la nouvelle... 908. Alors que le projet 90X laissait croire à un changement de nom, il n'en est rien. Toutefois, les évolutions sont nombreuses, avec notamment un passage du V12 au V8. La 908 n'est pas morte bien longtemps. Depuis jeudi, elle a tout simplement ressuscité, alors que le projet 90X avait amorcé une transition finalement tuée dans l'oeuf. En tout cas au niveau du nom, car si le bolide de Peugeot conserve la même appellation pour cette saison 2011, les évolutions sont bien sûr de mise au niveau de l'aérodynamique et du moteur. Concernant ce dernier, l'écurie française a officialisé le passage du V12 à un V8 3.7, toujours muni de la technologie diesel bien sûr. L'angle passe pour sa part de 100° à 90°, avec des appuis considérablement réduits. Enfin, la voiture demeure fermée, à l'instar de sa concurrente chez Audi, la R 18. "Deux arguments nous ont fait opter pour la voiture fermée, indiquait ainsi Bruno Famin, le directeur technique de cette nouvelle 908. Premièrement, on sait concevoir une voiture avec une coque carbone intégrale, et deuxièmement, la sécurité." Quant au passage du V12 au V8, la réglementation stricte imposée par l'Intercontinental Le Mans Cup (ILMC) a pesé dans la balance. "La cylindrée maximale autorisée est de 3,7 litres, et l'angle a été réduit pour des raisons d'équilibrage. Un gros travail de développement a été également effectué au niveau de l'injection. On a déjà parcouru un nombre important de kilomètres, plusieurs dizaines de milliers avec cette nouvelle voiture et ce nouveau moteur." Forcément, la puissance diminue aussi en conséquence avec un total de 550 chevaux, soit 150 de moins que l'an passé. Des détails révélés jeudi, mais qui ne sont un secret pour personne au sein de l'équipe, et ce depuis longtemps. Les pilotes ont permis de développer le projet depuis plus de six mois, comme le confirme Bruno Famin, véritable papa de ce nouveau bijou du Lion. "On a roulé dès la fin juillet 2010, on voulait rouler tôt puisque c'est une voiture 100% nouvelle. Et qui dit voiture nouvelle dit problèmes nouveaux. Il nous fallait une voiture opérationnelle dès la première manche de la saison, à Sebring." Le Mans, pas deux fois... Après le cuisant échec du Mans en 2010, où les Peugeot n°1, n°2 et n°3 ont toutes abandonné, l'équipe du directeur sportif Olivier Quesnel a fait le pari de la continuité malgré tout, en s'appuyant sur les excellents résultats obtenus sur le reste de la saison ainsi que sur les performances pures au Mans, où les 908 avaient notamment survolé les qualifications. "Une évolution, pas une révolution", tels étaient les mots de Bruno Famin au moment de présenter la 908: l'esprit est le même au niveau de la politique sportive, puisque les neuf mêmes pilotes ont été conservés d'une année sur l'autre. Au Mans, la n°7 sera pilotée par Alexander Wurz, Anthony Davidson et Marc Géné, tandis que Franck Montagny, Nicolas Minassian et Stéphane Sarrazin prendront place sur la n°8. Enfin, Sébastien Bourdais sera sur la n°9, en compagnie de Pedro Lamy et Simon Pagenaud. Pour le Manceau, l'ambition reste très claire par rapport aux 24 Heures, qu'il disputera pour la neuvième année: "Essayer de gagner les 24 Heures un jour, mais ce n'est pas suffisant. Il faut être dans la bonne voiture, ne pas faire de fautes et avoir le petit coup de pouce. Un jour, ça arrivera, et j'espère que 2011 sera la bonne année." Pour Olivier Quesnel aussi, les buts à atteindre sont très précis, avec l'ILMC en ligne de mire. "Il est évident que notre objectif est de conserver notre titre acquis l'an dernier en ILMC. Nous avions signé le Grand Chelem en empochant toutes les victoires de l'édition 2010. Mais il y en a une que nous souhaitons en premier lieu en 2011, c'est celle du Mans. Cette course mythique est désormais intégrée dans ce championnat, ce qui dans l'intérêt de l'endurance était selon nous nécessaire, voire indispensable." Quant à une éventuelle participation de Sébastien Loeb au Mans, le patron a confirmé de vive voix que ce ne serait pas pour cette année, même si l'officialisation des équipages l'avait déjà fait pour lui. Malgré la bonne humeur affichée et la confiance, Peugeot sait ce qui l'attend et toute l'équipe devra faire face à une vraie pression, au fur et à mesure que les 24 Heures approcheront. Sébastien Bourdais le sait. "Il y a tout un tas d'impondérables et il faut s'y préparer. C'est comme ça pour tout le monde, mais il faut faire en sorte que ça se produise le moins souvent possible. On sait qu'on ne pourra pas se permettre d'avoir ce genre de mésaventures une deuxième fois au Mans. Tout le monde est conscient de ce problème-là." Le Lion se donne les moyens pour rugir à nouveau, mais les souvenirs restent vivaces. La prudence est de mise, à l'image de ce vrai-faux changement de nom de la voiture. Pour savoir si cette méthode était la bonne, rendez-vous le 12 juin, jour de l'arrivée des 24 Heures. D'ici là, tout ne sera que spéculation.