2001, par Nicolas Escudé

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2001, par Nicolas Escudé
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Jusqu'à vendredi prochain, date des premiers simples de la finale de la Coupe Davis entre la Serbie et la France à Belgrade, la rédaction vous propose, à travers les souvenirs d'un grand témoin, de revivre les finales de la Coupe Davis de l'équipe de France depuis l'après-guerre, soit six finales de 1982 à 2002. Pour cet avant-dernier retour en arrière, la finale Australie-France 2001 par Nicolas Escudé, héros du sacre français.

Jusqu'à vendredi prochain, date des premiers simples de la finale de la Coupe Davis entre la Serbie et la France à Belgrade, la rédaction vous propose, à travers les souvenirs d'un grand témoin, de revivre les finales de la Coupe Davis de l'équipe de France depuis l'après-guerre, soit six finales de 1982 à 2002. Pour cet avant-dernier retour en arrière, la finale Australie-France 2001 par Nicolas Escudé, héros du sacre français. LA FINALE : France bat Australie 3-2 30 novembre-2 décembre 2001, Melbourne (gazon). Match 1: Nicolas Escudé bat Lleyton Hewitt 4-6, 6-3, 3-6, 6-3, 6-4 Match 2: Patrick Rafter bat Sébastien Grosjean 6-3, 7-6 (5), 7-5 Match 3: Cédric Pioline/Fabrice Santoro battent Lleyton Hewitt-Patrick Rafter 2-6, 6-3, 7-6 (5), 6-1 Match 4: Lleyton Hewitt bat Sébastien Grosjean 6-2, 6-2, 6-3 Match 5: Nicolas Escudé bat Wayne Arthurs 7-6 (3), 6-7 (5), 6-3, 6-3 Campagne 2001: "A un point près l'histoire ne s'écrivait pas de la sorte" "Lors de cette campagne de 2001, je n'avais pas joué le premier tour contre la Belgique. On était passé assez tranquillement avec Sébastien (Grosjean) et Arnaud (Clément) titularisés en simples (victoire 5-0, ndlr). Mais il faut se souvenir avant tout, qu'en quarts de finale, on passe tout près de l'élimination contre la Suisse. On joue à Neuchâtel, sur moquette, et je sauve une balle de rencontre dans le 5e match décisif face à George Bastl. Je finis par m'imposer à l'arraché 8-6 au cinquième set. A un point près l'histoire ne s'écrivait pas de la sorte. J'avais battu Federer le premier jour, même si ça n'était pas encore le grand joueur qu'il est devenu. Ça s'était bien enchaîné ensuite contre les Pays-Bas puisqu'on avait plié la rencontre dès le samedi soir. Il ne restait plus qu'à jouer la finale, et elle fut magnifique." La préparation de la finale: "Je n'avais que ça en tête" "En arrivant en Australie, on s'est tout de suite très bien senti avec l'équipe. L'ambiance était superbe. C'est sans doute, après la France, le pays que je préfère. J'y ai souvent bien joué et puis les gens là-bas sont très sportifs. Ils ont des valeurs. Les conditions étaient idéales. Une finale en Australie, un pays que j'adore, sur gazon, ma surface préférée, et pour débuter, un match face au n°1 mondial, Lleyton Hewitt. Le rêve absolu. Je me souviens d'ailleurs être arrivé à Melbourne en étant convaincu qu'on allait gagner. On savait que ça allait être difficile mais on y croyait. Sébastien (Grosjean) venait de gagner Bercy et de jouer la finale au Masters. On avait confiance en nos moyens. Moi je n'avais pas gagné un seul match sur le circuit entre la demi-finale et la finale, pendant donc deux mois. Mais je ne pensais qu'à ça. Je n'avais que ça en tête, et je voulais simplement être prêt le jour J." La victoire sur Hewitt, n°1 mondial: "J'ai senti comme un déclic" "Contre Hewitt le premier jour, je n'étais pas favori sur le papier. Mais je l'avais battu cette année-là à Wimbledon alors qu'il était n°1 mondial. J'avais donc déjà de bons repères contre lui. C'est d'ailleurs dans ce match que s'est déroulé le moment qui m'a le plus marqué lors de cette finale. Cet instant, il se passe dans le troisième set. C'est le premier simple, on était un peu dans le dur tous les deux, moi je n'avais pas très bien débuté, et là j'ai senti comme un déclic. Je fais un jeu où je suis en totale maîtrise. J'ai senti que je retrouvais totalement mon tennis. A partir de là tout s'est bien passé même si ça s'est encore joué en cinq sets. Des matches en cinq sets, je n'en ai pas beaucoup perdu dans ma carrière. Sans doute parce que mon relâchement dans le jeu me permettait de ne pas trop puiser dans mes réserves. Je me rappelle qu'en quart et en demie j'étais loin d'avoir joué à mon meilleur niveau. Mais à partir de ce troisième set contre Hewitt j'ai pu exploiter tout mon potentiel. C'était une impression hyper agréable." Le match décisif contre Arthurs: "Peu importe qui était en face" "Je me souviens que lorsque j'ai appris que je ne jouerai pas Rafter lors du simple décisif mais Arthurs, ma première réaction c'était de la déception. Quitte à taper les Australiens chez eux, autant aller au bout et aller chercher Rafter. C'est ce que je me disais. Arthurs, je l'avais toujours battu et pour lui, qui n'avait pas joué du week-end, c'était forcément une situation compliquée. Mais le fait de passer du statut de favori face à lui alors que j'aurais été outsider contre Rafter ne m'a pas mis de pression supplémentaire. Peu importe qui était en face, je ne pensais qu'à faire gagner la France. Quand je gagne ce match, c'est la délivrance. Pour autant je dirais presque qu'avoir gagné le cinquième match de cette finale est plus anecdotique que ce que j'avais accompli contre Hewitt. Tennistiquement parlant en tout cas." La victoire: "Le grand objectif de ma carrière" "Un moment fabuleux. Après la balle de match l'émotion m'envahi et je ressens comme un sentiment d'accomplissement. Pour moi, la Coupe Davis a toujours été une épreuve à part. Si ce n'est Wimbledon, un tournoi si prestigieux qui convenait bien à mon jeu, c'était le grand objectif de ma carrière. C'est une épreuve qui m'a toujours transcendé et dans laquelle j'ai obtenu de bons résultats. Malgré la défaite de son équipe, tout le public était resté pour la remise des trophées. C'était vraiment chouette. Dans l'équipe l'ambiance était super également. Un moment inoubliable."