1999, la symphonie inachevée de Pioline

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1999, la symphonie inachevée de Pioline
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Jusqu'à vendredi, date des premiers simples de la finale de la Coupe Davis entre la Serbie et la France à Belgrade, la rédaction vous propose, à travers les souvenirs d'un grand témoin, de revivre les finales de la Coupe Davis de l'équipe de France depuis l'après-deuxième guerre mondiale, soit six finales de 1982 à 2002. Pour ce quatrième épisode, la finale France-Australie 1999 perdue par les Bleus de Cédric Pioline sur la terre battue de Nice.

Jusqu'à vendredi, date des premiers simples de la finale de la Coupe Davis entre la Serbie et la France à Belgrade, la rédaction vous propose, à travers les souvenirs d'un grand témoin, de revivre les finales de la Coupe Davis de l'équipe de France depuis l'après-deuxième guerre mondiale, soit six finales de 1982 à 2002. Pour ce quatrième épisode, la finale France-Australie 1999 perdue par les Bleus de Cédric Pioline sur la terre battue de Nice. LA FINALE : Australie bat France 3-2 3-5 décembre 1999, Acropolis de Nice (terre battue). Match 1: Mark Philippoussis bat Sébastien Grosjean 6-4, 6-2, 6-4 Match 2: Cédric Pioline bat Lleyton Hewitt 7-6 (7), 7-6 (6), 7-5 Match 3: Todd Woodbridge/Mark Woodforde battent Fabrice Santoro/Olivier Delaitre 2-6, 7-5, 6-2, 6-2 Match 4: Mark Philippoussis bat Cédric Pioline 6-3, 5-7, 6-1, 6-2 Match 5: Sébastien Grosjean bat Lleyton Hewitt 6-4, 6-3 Remontée dans le groupe mondial après une année au purgatoire en 1998, l'équipe de France a changé de capitaine, puisque Yannick Noah, après quatre ans d'un deuxième mandat, a cédé les commandes à Guy Forget. Pour son baptême du feu, l'ancien n°4 mondial hisse la France en finale pour la première fois depuis 1996 au terme d'un parcours il est vrai plutôt heureux, puisque, en dehors du Brésil, elle ne rencontre sur son chemin que des adversaires de seconde zone, qui plus est à chaque fois à domicile: Cédric Pioline fait le travail au premier tour face aux Pays-Bas sur la terre battue des Arènes de Nîmes en remportant ses trois matches (victoire 4-1), il monte en puissance en quarts à Pau, toujours sur terre, en gagnant ses deux simples, face à Fernando Meligeni puis Gustavo Kuerten. Et en demi-finales, c'est la Belgique qui se présente encore à Pau, mais sur moquette, le suspense ne dure pas, puisque les Tricolores bouclent l'affaire dès le samedi, le double Delaitre-Santoro ajoutant un troisième point aux deux marqués la veille en simple par Grosjean et Pioline. En finale, la France a encore le privilège de recevoir, cette fois à Nice, et c'est a priori logiquement qu'elle choisit la terre battue pour accueillir des Australiens jamais très à l'aise sur la surface ocre. Mais lors du premier match, Sébastien Grosjean, 21 ans, qui dispute sa première saison de Coupe Davis, plie sous le poids de l'enjeu et du service de Mark Philippoussis, vainqueur en trois manches (6-4, 6-2, 6-4). Heureusement pour les hommes de Guy Forget, Cédric Pioline, alors indiscutable n°1 français (et n°14 mondial), rétablit la situation en s'offrant le scalp de Lleyton Hewitt (7-6, 7-6, 7-5), permettant aux deux équipes de virer à égalité à l'issue de la première journée. Pioline: "Si j'ai un regret, c'est la surface" Comme prévu, le double s'avère décisif et dans cet exercice, la paire Woodforde-Woodbridge, qui présente en arrivant à Nice des statistiques à faire pâlir l'adversaire (13 victoires pour seulement 2 défaites en Coupe Davis), se montre intraitable face à Olivier Delaitre et Fabrice Santoro, qui ne font illusion qu'une manche, la première (2-6, 7-5, 6-2, 6-2). La chance des Français est passée, puisque le lendemain, Pioline, pourtant auteur d'un sans-faute depuis le début de l'année en simple, cède à son tour sous les coups de boutoir d'un Philippoussis en état de grâce. "Cela se joue un peu sur le double du samedi, racontera Pioline. Tourner à 2-1 ou à 1-2, ce n'est pas la même chose. Sur ce week-end, Philippoussis est en surchauffe." Treize ans après son dernier succès, l'Australie remporte le Saladier d'argent pour la 27e fois de l'histoire, plongeant l'équipe de France dans un profond désarroi, Cédric Pioline estimant avec du recul que le choix de la surface n'a pas été adéquat: "Si j'ai un regret, c'est la surface. Moi, je n'étais pas favorable à ce qu'on joue sur terre battue et je disais qu'il fallait jouer sur nos forces. Cette saison-là, j'avais mal joué sur terre et Sébastien avait bien joué sur dur. Je m'en veux un petit peu de ne pas avoir insisté plus que je ne l'ai fait. J'ai cédé. J'aurais aimé qu'on partage le bonheur jusqu'au bout. Ça s'est fini dans un peu de tristesse mais on est sortis la tête haute. On n'est pas passés à côté non plus." Reste que cette finale garde une place importante dans l'armoire à souvenirs de l'intéressé: "A part la défaite, cette finale reste un très bon souvenir. La Coupe Davis est une compétition d'équipe et à chaque fois que j'en parle, de cette année-là, j'ai un très grand sentiment de fierté car jusqu'à la finale, j'ai gagné tous mes matches. Cette année a été une année de transition, la première de Guy en tant que capitaine, la première de Sébastien, où il n'y a pas de véritable n°2. A Nice, il y avait une ambiance fantastique, électrique. Moi, j'avais déjà eu la chance de vivre 1996, j'avais 30 ans et on sait que vivre ça, ça n'arrive pas souvent." Deux ans plus tard, la France et Pioline (aligné en double) se consoleront dans les grandes largeurs en allant battre l'Australie sur son gazon. Un prêté pour un rendu...