1996, Boetsch, héros de Malmö

  • A
  • A
1996, Boetsch, héros de Malmö
Partagez sur :

Jusqu'à vendredi prochain, date des premiers simples de la finale de la Coupe Davis entre la Serbie et la France à Belgrade, la rédaction vous propose, à travers les souvenirs d'un grand témoin, de revivre les finales de la Coupe Davis de l'équipe de France depuis l'après-deuxième guerre mondiale, soit six finales de 1982 à 2002. Pour ce troisième volet, la finale Suède-France 1996 dont le héros fut Arnaud Boetsch.

Jusqu'à vendredi prochain, date des premiers simples de la finale de la Coupe Davis entre la Serbie et la France à Belgrade, la rédaction vous propose, à travers les souvenirs d'un grand témoin, de revivre les finales de la Coupe Davis de l'équipe de France depuis l'après-deuxième guerre mondiale, soit six finales de 1982 à 2002. Pour ce troisième volet, la finale Suède-France 1996 dont le héros fut Arnaud Boetsch. LA FINALE : France bat Suède 3-2 29 novembre-1er décembre 1996, Malmö (dur indoor) Match 1: Cédric Pioline bat Stefan Edberg 6-3, 6-4, 6-3 Match 2: Thomas Enqvist bat Arnaud Boetsch 6-4, 6-3, 7-6 (2) Match 3: Guy Forget/Guillaume Raoux battent Jonas Bjorkman/Niklas Kulti 6-3, 1-6, 6-3, 6-3 Match 4: Thomas Enqvist bat Cédric Pioline 3-6, 6-7 (8), 6-4, 6-4, 9-7 Match 5: Arnaud Boetsch bat Niklas Kulti 7-6 (2), 2-6, 4-6, 7-6 (5) 10-8 Cinq ans après l'exceptionnelle aventure lyonnaise, où les Français ont surpris les Américains de Pete Sampras et Andre Agassi, l'équipe de France revient en finale de la Coupe Davis. A l'extérieur ce coup-ci, à Malmö, une ville située à l'extrême sud de la Suède. Avec Cédric Pioline et Arnaud Boetsch en chefs de file, les hommes de Yannick Noah, de retour sur la chaise de capitaine après une parenthèse de trois ans, ne partent une nouvelle fois pas favoris contre des Suédois emmenés par Stefan Edberg, dont il s'agit de la dernière compétition de sa carrière, et par Thomas Enqvist, tout frais vainqueur du tournoi de Paris-Bercy. Pour parvenir jusqu'à cette ultime étape, les Bleus ont aisément disposé du Danemark, puis de l'Allemagne sur un score sans appel de 5-0. En demi-finales, l'histoire n'est pas la même. Menés 0-2 par l'Italie à Nantes, les Français renversent complètement la tendance et Arnaud Boestch amène le cinquième point le dimanche face à Gaudenzi. En finale, le scénario sera plus hitchcockien encore. Le vendredi soir, après la victoire de Pioline sur Edberg qui termine la partie malgré une blessure à la cheville, et la défaite de Boetsch devant Enqvist, les deux équipes se quittent dos à dos. "Le premier jour, je prends une raclée. Stefan Edberg se blesse et nous ne sommes pas sûrs qu'il va jouer le dernier jour", confie le Francilien. Mais le lendemain, pourtant pas donnés favoris contre l'excellente paire Bjorkman-Kulti, Guy Forget et Guillaume Raoux accomplisse un bel exploit. Les Bleus ne sont plus qu'à un point de décrocher le saladier d'argent. Boetsch: "Je suis certain d'être l'un des plus privilégiés au monde" Et même à un jeu lorsque Pioline mène 5-2 dans le cinquième set de son match face à Enqvist. Mais rattrapé par la peur de gagner, le n°1 français s'écroule et s'incline 9-7 dans la manche décisive. C'est donc sur les épaules de Boestch, finalement opposé à Kulti en raison de la blessure d'Edberg, que repose le destin de l'équipe de France. "A 2-2 le dimanche, je ne sais pas qui je vais jouer mais à partir de là, ramener ce point c'était ma mission, raconte l'intéressé. En entrant sur le court, c'est un sentiment particulier. Il y a du stress mais en même temps, j'ai l'impression d'être à ma place. Après, il fallait le faire." Débute alors en fin d'après-midi un marathon qui prendra fin juste avant 23 heures, sur la victoire du Français au bout du suspense, 10-8 au cinquième set après avoir écarté trois balles de match. "Sur la balle de match, j'ai d'abord l'impression de toucher au but, comme lorsque l'on passe deux jours de marche en haute montagne pour aller au sommet et que dans les derniers mètres, on se demande si l'on va réussir. C'est toujours le dernier pas le plus dur et puis ça arrive..., explique le héros de Malmö. Durant le match, il y a eu beaucoup d'échange avec l'équipe. C'était dur mais j'ai assuré. Je savais que je pouvais faire perdre l'équipe. A la fin, j'étais épuisé mais tellement heureux. C'est bon d'arriver au bout des choses dans la difficulté, c'est bon pour tout le monde." Porté en triomphe, Boetsch, alors 33e mondial et âgé de 27 ans, a connu son jour de gloire ce 1er décembre 1996. "Ça a été long et en même temps extrêmement gratifiant, se souvient-il. J'ai touché mon rêve ce jour-là et je suis certain d'être l'un des plus privilégiés au monde."