15 secondes de bonheur

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15 secondes de bonheur
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Au prix d'un incroyable effort dans l'ascension du Galibier, Thomas Voeckler (Europcar) a conservé le maillot jaune à l'issue de la 18e étape du Tour de France. Le Français a coupé la ligne avec 2'21" de retard sur Andy Schleck, le grand vainqueur du jour en 6h07'57", et garde sa tunique pour 15 secondes. Alberto Contador, lâché dans le final, a dit adieu à la victoire sur la Grande boucle.

Au prix d'un incroyable effort dans l'ascension du Galibier, Thomas Voeckler (Europcar) a conservé le maillot jaune à l'issue de la 18e étape du Tour de France. Le Français a coupé la ligne avec 2'21" de retard sur Andy Schleck, le grand vainqueur du jour en 6h07'57", et garde sa tunique pour 15 secondes. Alberto Contador, lâché dans le final, a dit adieu à la victoire sur la Grande boucle. Au plateau de Beille en 2004, Thomas Voeckler avait conservé son maillot jaune pour 22 secondes devant Lance Armstrong. Sept ans plus tard, l'image du coureur de l'équipe Europcar est la même, le poing serré en franchissant la ligne d'arrivée, à bout de force. Le décor a changé, l'écart aussi, puisque le Français a réussi - après un incroyable effort - à garder sa précieuse tunique au sommet du col du Galibier pour 15 secondes, à l'issue de la 18e étape du Tour de France. Andy Schleck, son nouveau dauphin au classement général, a levé les bras 2'21" plus tôt, mais Voeckler a lui aussi levé le poing au ciel comme s'il venait de gagner la plus belle course de sa carrière. Sa performance lui offre un dixième jour en jaune sur le Tour 2011, un vingtième dans sa carrière après ceux vécus en 2004. Vendredi, l'Alsacien abordera donc les premières pentes de L'Alpe-d'Huez en tête du classement général. Et à le voir tenir le rythme dans les forts pourcentages du Galibier, alors qu'il avait déjà le col d'Agnel et l'Izoard dans les pattes, pourquoi ne pas rééditer pareil exploit dans les 21 lacets vers la station alpestre ? Son ambition, depuis qu'il porte le maillot jaune, est de suivre les meilleurs le plus longtemps possible. Peut-être va-t-il la revoir et viser un podium à Paris, voire la victoire finale. Celle-ci parait tout de même bien improbable, au regard surtout de ses modestes qualités de rouleur, alors que le contre-la-montre de Grenoble se profile samedi. Mais la tunique jaune donne des ailes, celles qui permettent de réaliser des exploits insoupçonnés. Voeckler en vainqueur à Paris en serait un retentissant. "Je suis allé jusqu'au bout. Quand on reprend le vent de face, j'aurais aimé que l'arrivée soit à ce moment-là, deux kilomètres plus bas. J'avais du mal à respirer en arrivant", a raconté le coureur Europcar après la course devant les caméras de France 2, avant de remercier son coéquipier Pierre Rolland, qui l'a une nouvelle fois accompagné: "Avec Pierre Rolland, on forme un binôme dans la montagne. C'est "Pierrot" qui fait un boulot exceptionnel à la fin, il faut aller rouler et il l'a fait." Et forcément, il se remémore 2004, quand il avait résisté à Lance Armstrong: "Ce n'est pas un rêve, on se demandait ce que l'on faisait là. Tous les jours je perds des secondes, et à chaque fois, c'est sur des mecs différents. J'ai 15 secondes d'avance. En 2004, j'en avais 22, mais cette fois on est plus proche de l'arrivée." Contador a perdu le Tour Dans trois jours, le peloton paradera sur les Champs-Elysées. Voeckler ne sera peut-être pas en jaune, surtout avec le programme qui l'attend vendredi et samedi. Le coup de force réalisé par Andy Schleck a en tout cas resserré les positions en tête du classement général. Parti sur les pentes de l'Izoard, le Luxembourgeois a semé une belle pagaille dans le groupe des autres favoris, dans lequel certains d'entre eux ont eu bien du mal à prendre leurs responsabilités. Dans les premiers kilomètres du Lautaret, la rampe avant le Galibier, Alberto Contador s'est toutefois mis à rouler quand l'écart avec Schleck a atteint les quatre minutes. Puis Cadel Evans a pris le relais, pour un exercice de poursuite de longue haleine qui a porté ses fruits, puisque l'Australien a repris plus d'une minute et 30 secondes au cadet des frères Schleck. A la veille de la montée décisive vers L'Alpe d'Huez, Voeckler a donc 15 secondes d'avance sur Andy Schleck, 1'08" sur Fränk Schleck et 1'12" sur Cadel Evans. Et Alberto Contador dans tout ça ? Presque à coup sûr, l'Espagnol a perdu le Tour de France sur les rampes du Galibier. Le Madrilène a coincé, alors que sa forme des deux derniers jours laissait présager d'une attaque. Elle n'est jamais venue. En début d'étape, Contador a rendu visite à la voiture médicale. Sa douleur au genou se serait en effet réveillée... Ceci expliquerait peut-être cela. Toujours est-il que le voilà repoussé à 4'44" au classement général. Rédhibitoire, forcément. A moins d'un exploit vendredi et d'un énorme chrono samedi.