Alain Giresse : Platini "n’a plus les moyens de se battre"

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L'ancien footballeur évoque un Michel Platini fatigué, dont le renoncement à la présidence de la Fifa démontre qu'il ne veut pas le pouvoir à tout prix.

INTERVIEW

"Il est confronté à une situation où on voit qu’il n’a aucune chance. Les dés sont complètement pipés pour se présenter dans des conditions normales." L’ancien international français et ami de Michel Platini, Alain Giresse, a décrit un homme fatigué, lassé de ne pas jouer à armes égales avec ses rivaux, vendredi dans la Matinale d’Europe 1.

"Il n’a aucune arme pour faire face". Interdit pendant huit ans de toute activité liée au foot, Platini a jeté l’éponge jeudi : il a annoncé à L'Equipequ'il retirait sa candidature à la présidence de la Fifa, faute de temps, et qu'il préférait se consacrer à sa défense. "La commission a traité son problème avant que la justice ne se prononce sur le fond. Il est confronté à une situation et il est totalement impossible pour lui de s’en sortir", déplore avec amertume le sélectionneur du Mali. "Il n’a aucune arme pour faire face. Pour lui qui a été un compétiteur, c’est dur."

"Ce n’est pas un obsédé du pouvoir". Pour Alain Giresse, ce renoncement est aussi "la démonstration que ce n’est pas un obsédé du pouvoir". Celui qui a fait partie du "carré magique" avec Michel Platini dans les années 1980 aime à rappeler les valeurs de son compagnon, issu de l’âge d’or du foot : "il était le garant du football tel qu’on peut le préserver au milieu maintenant de cette dimension médiatique, économique, tel qu’est devenu le football, en préservant des valeurs qui partent du terrain. Il avait une légitimité qui faisait respirer le football". "C’est dur pour lui parce qu’il n’a jamais essayé d’être quelqu’un qui est dans la malhonnêteté. Il est allé au football pour le servir, il a toujours raisonné comme ça", résume-t-il. Il dépeint un homme franc, loyal, avec un fort caractère et "une forme de fatalisme qui lui permet de passer au-dessus de tous ses problèmes".

Le paiement de 1,8 million d’euros qui lui est reproché est "de la naïveté, une légèreté qui n’aurait pas dû exister", estime Alain Giresse. Michel Platini a reçu en 2011 cette somme de Joseph Blatter sans contrat ni document écrit, pour un travail de conseiller terminé en 2002.