Visé par une fatwa de Daech, l’imam de Bordeaux refuse la protection policière

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Visé par une fatwa de Daech, l’imam de Bordeaux refuse la protection policière
L'imam de Bordeaux, Tareq Oubrou, est visé par une fatwa de Daech.@ MEHDI FEDOUACH / AFP
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Le recteur de la Grande Mosquée de Bordeaux, visé par une fatwa de Daech, a refusé une protection policière, assurant "ne pas avoir peur".

En janvier 2015, après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hypercacher, Daech l’avait déjà menacé. L’imam de la Grande Mosquée de Bordeaux avait lancé que l’islam "a été confisqué par des fous". Aujourd’hui, Tareq Oubrou est une nouvelle fois la cible du groupe djihadiste, qui a lancé une fatwa contre lui, relayent Libération et L’Obs.

Daech appelle à le "tuer sans hésitation". Dans son magazine francophone de propagande, l'organisation Etat islamique appelle en effet à "tuer sans hésitation" l'imam de Bordeaux. Un plan avec les données de géolocalisation de la mosquée de Bordeaux est même accolé à sa photo. Daech lui reproche notamment des propos écrits en 2012 dans son livre Un imam en colère ou dans des interviews accordées à Paris Match ou à France Info, dans lesquelles il appelle à ce que "le Coran n'entre pas en conflit avec les grands principes universels : liberté, égalité, citoyenneté, démocratie". Les djihadistes lui reprochent aussi d’avoir "approuvé" une caricature représentant Mahomet en pleurs avec une pancarte "Je Suis Charlie". 

"Je vis avec ça, je n'ai pas peur". "De toute façon, si vous n'avez pas un discours qui s'inscrit dans leur vision ignare de l'islam, vous êtes menacés. Je vis avec ça, je n'ai pas peur", déclare-t-il à L'Obs. A tel point que l’imam a refusé d’être placé sous protection policière. "Je veux demeurer libre de mes mouvements et de ma vie. Si j’acceptais d’être sous protection policière, je donnerais raison à mes détracteurs qui veulent me faire passer pour un suppôt du pouvoir. Cela me mettrait en porte à faux", indique-t-il à Libération. Et d’avancer également des raisons religieuses. "Intimement, je ne crois pas que ce soit aux hommes de me protéger", dit-il.