Violences policières au lycée Bergson : ce que révèle le rapport de l’IGPN

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Violences policières au lycée Bergson : ce que révèle le rapport de l’IGPN
Des photos des violences policières affichées devant le lycée Bergson. @ JOEL SAGET / AFP
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Libération a pu consulter le rapport de l’IGPN sur l’intervention de policiers contre des lycéens, en mars dernier. 

Au cœur des manifestations contre la loi Travail, l'histoire d'une vidéo. Celle d'un policier filmé en train d'asséner un coup de poing dans le visage d’un lycéen. Six mois après cette violence policière, le journal Libération a eu accès à l’enquête réalisée par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Que s’est-il exactement passé ? Le 24 mars dernier au matin, des élèves du lycée Henri-Bergson, situé dans le 19e arrondissement de Paris, organisent une journée d’action contre la loi Travail. Ils sont environ 200 à être rassemblés devant l’établissement. Au début, la mobilisation se passe dans le calme. Mais à 8h24, les choses s’accélèrent. "Un appel radio fait état de premiers jets d’œufs et de farine en direction des policiers", raconte Libération. "A 9 heures, un lycéen est interpellé. Des renforts du commissariat du 19e arrondissement arrivent équipés de casques et de boucliers. Rapidement, la situation dégénère".

Les événements s’enchaînent ensuite à toute vitesse. Les policiers courent après les lycéens, ces derniers tentent d’échapper aux policiers. Et au milieu du tumulte, un coup part. C’est une vidéo virale postée sur Youtube qui va déclencher l’affaire. Le policier lui ordonne de ne pas bouger, l'adolescent s'exécute. Pourtant, le policier lui assène un violent coup de poing dans la figure. "Il aurait juste pu me mettre les menottes et m’envoyer au post. Mais il m’a frappé", racontera à Europe 1 le lycéen. La scène, filmée avec un téléphone portable et postée sur Internet, a été vue des dizaines milliers de fois.


Le policier accusé reconnaît les faits. Dans le rapport de l’IGPN qu’a pu consulter Libération, le policier accusé "reconnaît avoir usé à tort d'une force disproportionnée". Aux enquêteurs de la police des polices, il assure avoir voulu viser le plexus mais "lorsque mon bras s'est lancé, la tête s'est baissée et c'était trop tard pour s'arrêter". Et l’IGPN elle-même ne ménage pas vraiment l’agent de police dans son rapport : "un violent coup de poing au visage. Le jeune homme basculait en arrière et tombait lourdement à terre sur le dos".

Le policier est poursuivi pour des violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant causé une ITT (incapacité totale de travail) de six jours, ce qui est passible de trois ans de prison. Il sera jugé le 10 novembre.

Un autre policier visé. Si la vidéo du coup de poing a été immédiatement virale, l’IGPN a déterré une deuxième affaire. Après la diffusion de deux autres vidéos où l'on voit notamment un policier en civil, visage dissimulé par un foulard et une capuche, donner des coups de matraque à des élèves devant le lycée, le parquet a décidé d’ouvrir une deuxième enquête. Ce policier sera est convoqué le 14 octobre pour être jugé pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique, sans incapacité totale de travail (ITT).