Violences à Rennes : les habitants ne reconnaissent plus leur ville

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Le malaise est palpable pour les Rennais et les commerçants obligés de protéger leurs vitrines. Des étudiants revendiquent les affrontements avec un objectif : faire plier le gouvernement.

REPORTAGE

Mercredi et jeudi, de nouvelles manifestations contre la loi Travail sont prévus dans toute la France. Les regards vont une nouvelle fois se tourner vers Rennes, devenue ville symbole de la violence qui émaille les cortèges depuis plusieurs mois, à tel point que le ministre de l'Intérieur a fait le déplacement dimanche dans la capitale bretonne pour réaffirmer la fermeté du gouvernement et annoncer des renforts en Ille-et-Vilaine d'ici septembre.

"Malaise". Sur place, le constat est sans appel : lundi matin encore, de nombreuses boutiques restent complètement murées derrière de grandes plaques en bois pour protéger les vitres. Du jamais vu même si Rennes est historiquement un foyer fort de la contestation étudiante. Mais personne n'a le souvenir d'autant de violence. "Toutes les boutiques fermées comme ça, je n'arrive pas à comprendre", "il n'y a plus de respect", le climat est au "stress", le "malaise" est palpable, témoignent les habitants, qui ne reconnaissent plus leur ville. 

"Rendre la situation intenable pour le gouvernement". Comment expliquer alors les pavés jetés, les abribus et bureaux de poste vandalisés ? Certains évoquent des groupes de casseurs venus d'ailleurs, de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes par exemple, qui n'est qu'à une heure de route. Mais l'affrontement avec les CRS est également revendiqué par certains étudiants rennais comme Hugo, doctorant en histoire, qui témoigne au micro d'Europe 1. Son but ? "Créer un climat chaotique et rendre, à terme, la situation intenable pour le gouvernement. Ce n'est pas la violence seule qui peut permettre l'inversement des forces mais ce ne sont pas non plus les manifestations de masse seules qui peuvent le permettre", pense le jeune homme qui précise que les tensions se sont selon lui "cristallisées" du fait de la "promiscuité avec les forces de l'ordre. Les CRS, qui sont à 4-5 mètres, créent les conditions de cet affrontement."





Grilles et rideaux de fer. Désormais ceux qui souhaitent en découdre n'ont nul besoin d'aller chercher les policiers hors du centre-ville pour leur lancer des projectiles. Les batailles ont lieu près des boutiques, obligeant les commerçants à baisser grilles et rideaux de fer.