Violences à Bastia : les autorités sur le qui-vive

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Violences à Bastia : les autorités sur le qui-vive
A l'approche du verdict des nationalistes corses, la police craint de nouveaux heurts.
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Des violences ont éclaté mercredi soir à Bastia en marge du procès d’indépendantistes corses. A l’approche du verdict, ce jeudi, la tension est palpable. 

Mise à jour :

La cour d'assises spéciale de Paris a condamné jeudi Nicolas Battini à huit ans de prison et Stéphane Tomasini à cinq ans de prison. Le troisième homme, Joseph-Marie Verdi, petit-fils de l'ancien dirigeant indépendantiste Charles Pieri, actuellement en fuite et sous le coup d'un mandat d'arrêt, a lui été condamné à six ans de prison "par défaut".

L’appel au calme lancé ce jeudi matin par Nicolas Battini sera-t-il entendu ? Au lendemain des échauffourées qui ont agité Bastia mercredi soir, l’un des trois nationalistes corses actuellement jugés pour l’attentat commis contre la sous-préfecture de Corte en 2012, a demandé à la "jeunesse" corse de la "retenue"… sans pour autant condamner fermement les violences. "Je comprends les sentiments de révolte qui animent une grande partie de la jeunesse de mon pays", a-t-il déclaré, lors d’une courte déclaration à l’audience. 

Les heurts ont éclaté après les réquisitions contre les trois nationalistes actuellement jugés par la cour d’assises spéciale de Paris : le ministère public a réclamé entre six et huit ans de prison à leur encontre. A l’approche du verdict, qui doit être rendu ce jeudi, la tension est palpable et les forces de l’ordre craignent déjà une nouvelle flambée de violence. "C’est un sujet très sensible, dès qu’il est question des nationalistes, ça dérape souvent", confie une source policière locale. "On sent la tension monter depuis ce matin", poursuit une autre.

La situation peut dégénérer rapidement

L’université de Corse et plusieurs lycées ont été bloqués ce jeudi matin. Selon cette même source, "les indépendantistes font actuellement le tour des établissements scolaires pour pousser les jeunes à se mobiliser". Manifester n’est pas, pour autant, synonyme de violences. "Tout peut se passer dans le calme mais nous savons qu’à la moindre étincelle, la situation peut dégénérer rapidement."

Mercredi soir, le rassemblement de soutien avait commencé dans le calme. Vers 19 heures, 150 personnes se sont retrouvées sur la place Saint-Nicolas, à l'appel de la Ghjuventù Indipendentista. Ce n’est que vers 20h15, que "quelques dizaines" de manifestants ont commencé à en découdre avec les forces de l’ordre. Des feux de poubelle d’abord, à l’entrée du cours Pierangeli, puis des tirs de cocktails molotov et de mortier. Selon nos sources, ils auraient ensuite détruit les distributeurs de deux banques qui se font face avant de forcer la grille de l’une d’elles, la Banque de France. Ils ont pénétré dans la cour intérieure avec d’être délogés. Quatre membres des forces de l’ordre ont été légèrement blessés. L’un d’entre eux a notamment été brûlé à la main par un cocktail molotov. Des effectifs supplémentaires devraient être déployés ce jeudi.