Vingt ans après, la place Tiananmen sous haute sécurité

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Vingt ans après, la place Tiananmen sous haute sécurité
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La Chine a maintenu jeudi un couvercle hermétique sur le 20e anniversaire de la répression de la nuit du 3 au 4 juin, place Tiananmen, à Pékin.

Il y a 20 ans, le 4 juin 1989, avant l'aube, les blindés de l'armée populaire se dirigeaient vers la place où des étudiants et des sympathisants manifestaient depuis des semaines pour réclamer des réformes démocratiques. La place Tiananmen, épicentre de ces sept semaines de protestations qui s'étaient conclues par un bain de sang faisant de 241 à des milliers de morts selon les sources, était ouverte au public jeudi mais dans des conditions symptomatiques de l'extrême tension entourant cet anniversaire.

En matinée, la place la plus grande, et probablement la plus surveillée du monde, était quadrillée par des centaines de policiers en uniforme et en civil qui assuraient des contrôles de ses accès dignes de ceux d'un aéroport: détecteurs de métaux, vérifications d'identité, fouilles des sacs et même des poches des visiteurs.

Le mausolé de Mao Zedong, père fondateur de la Chine populaire qui trône au milieu de la place, restera fermé entre mercredi et vendredi pour "travaux de maintenance". C'est du moins ce qu'indique un panneau visiblement rédigé à la hâte.

Autre signe de cette nervosité, les autorités chinoises ont fait bloquer mardi certains sites internet communautaires et d'échanges, comme Twitter et Flickr, ou des plateformes de discussions, comme Hotmail.

150.000 personnes se sont rassemblées jeudi soir à Hong Kong pour la seule commémoration publique sur le sol chinois de ce 20e anniversaire de la sanglante répression des manifestations pro-démocratiques de Pékin. Le territoire de Hong Kong, aux portes de la Chine, est depuis 20 ans la scène des commémorations les plus importantes de la répression de la nuit du 3 au 4 juin et la base de repli de nombreux dissidents de Tiananmen.

La France a souhaité jeudi que les familles des victimes puissent faire valoir "leurs préoccupations et leurs demandes" auprès des autorités chinoises. "La France, comme ses partenaires de l'Union européenne, souhaite qu'un processus s'engage en Chine qui permette aux familles des victimes et aux organisations qui les représentent de faire valoir librement leurs préoccupations et leurs demandes", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevallier.

La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avait appelé mercredi le régime chinois à fournir un bilan de la répression et "examiner ouvertement les pages sombres de son passé". Une demande très mal reçue par Pékin, qui a exprimé jeudi son "profond mécontentement".