Villepin fait de la résistance et attaque Sarkozy

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Villepin fait de la résistance et attaque Sarkozy
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L’ancien premier ministre a été auditionné mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris, dans le cadre de l’affaire Clearstream.

Entendu pour la première fois dans le procès Clearstream qui l'oppose à Nicolas Sarkozy, Dominique deVillepin a nié mercredi avoir comploté en 2004 contre l'actuel chef de l'Etat et s'est présenté en victime d'une manipulation.

Dominique de Villepin a mis en scène son entrée dans le prétoire et usé de son éloquence. Comme au premier jour du procès, le 21 septembre, il a fait une déclaration devant la presse sur un ton solennel. "Je suis heureux de pouvoir aujourd'hui apporter ma contribution à l'émergence de la vérité dans cette affaire où les mensonges et les manipulations ont obscurci cette vérité", a-t-il dit.













Au cours de l'audience, l'ancien Premier ministre a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir menacé en 2006 des hauts fonctionnaires de police et des ministres pour que l'affaire aboutisse à sa mise en cause dans cette affaire qui a démarré en 2004.

"Le doigt de Nicolas Sarkozy a été pointé sur moi et sur Jacques Chirac. Plusieurs hauts fonctionnaires ont été reçus par Nicolas Sarkozy et menacés", a-t-il dit affirmé."L'instruction a été faussée par ce doigt qui a été porté sur moi, lorsque des ministres ont été menacés par un Nicolas Sarkozy hors de lui, dont la physionomie changeait quand il prononçait le nom de Clearstream", a-t-il ajouté.

La journée d'audience s'est terminée sur un violent échange entre Dominique de Villepin et l'avocat de Nicolas Sarkozy : "J'ai bien connu Me Herzog quand j'étais secrétaire général de l'Elysée et il était moins agressif", a dit le prévenu à l'avocat du président de la République. L'avocat de Dominique de Villepin, a demandé à l'audience à Me Herzog "d'arrêter de prendre les gens pour des cons et de poser trois fois les mêmes questions".
> Revivre le déroulé de l'audience de mercredi dans l'article "minute-par-minute".

Ministre des Affaires étrangères (mai 2002-mars 2004), de l'Intérieur (mars 2004-mai 2005) puis Premier ministre (mai 2005-mai 2007) à l'époque des faits, Dominique de Villepin est jugé pour "complicité de dénonciation calomnieuse, complicité de faux, recel de vol et d'abus de confiance".

Dominique de Villepin a expliqué aux juges qu'il avait été informé de l’affaire Clearstream une seule fois, lors d'une réunion le 9 janvier 2004 au ministère des Affaires étrangères, qu'il dirigeait à ce moment. Il n'en aurait ensuite plus entendu parler jusqu'en juillet 2004.

Le 9 janvier, a-t-il ensuite dit, le vice-président d'EADSJean-Louis Gergorin lui a fait part de l'existence des listings qui devaient se révéler faux, en présence de Philippe Rondot, spécialiste du renseignement, qui avait déjà engagé une enquête. "Il s'agissait d'une discussion à bâtons rompus, pas d'une réunion de travail", a-t-il expliqué, assurant que les listings n'avaient pas été montrés ce jour-là.

L’ancien premier ministre a ensuite raconté avoir demandé au général Rondot de poursuivre des investigations générales. "Nous ne sommes entrés à aucun moment dans la définition des cibles ou dans l'implication de personnes", a-t-il dit. Jacques Chirac a été informé, mais, a dit le prévenu, "il n'y a jamais eu d'instruction présidentielle dans ce dossier".

Le président du tribunal lui a alors lu une note manuscrite du général Rondot rendant compte de cette réunion du 9 janvier, saisie lors de l'enquête et où on lit "enjeu politique, Sarkozy" et "compte couplé Nicolas Sarkozy-Bocsa". "Il n'a à aucun moment été fait référence à Nicolas Sarkozy en liaison avec ce système occulte et les listings", a rétorqué Dominique de Villepin.

L’ancien premier ministre a assuré qu'il avait juste été débattu de l'éventualité d'alerter Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, de l'affaire, ce qui a été écarté car jugé "pas opportun".

> MINUTE-PAR-MINUTE : Il n'y a "jamais eu d'instruction" de Chirac

> DOSSIER - L'affaire Clearstream