Bac de philo 2018 : les conseils du philosophe Raphaël Enthoven pour réussir sa copie

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Pour lire in extenso Descartes et Spinoza, il est trop tard... Mais Raphaël Enthoven nous livre quelques astuces pour assurer, au moins, sur la méthode. 

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L'appel du 18 juin... pour les lycéens ! Ils ont rendez-vous ce jour-là avec l'épreuve redoutée parmi toutes, la philosophie. Et s'il est un peu tard pour engloutir tout le programme, il est encore temps de glaner auprès du philosophe Raphaël Enthoven, à l'antenne tous les matins sur Europe 1 avec "Le fin mot de l'info", quelques précieux conseils. Pour au moins sauver les meubles...

A bas la poudre aux yeux, vive la méthodo. "Il ne faut pas du tout essayer de briller à moindre frais. On ne jette pas de la poudre aux yeux ! Les correcteurs sont formés pour repérer ce genre d’arnaques", résume pour commencer Raphaël Enthoven... Vous voilà prévenu. Sachant cela, "la bonne technique, c’est de ne pas céder à la tentation du thèse-antithèse-synthèse. Une dissertation est un exercice d’approfondissement d’une thèse. Donc on creuse une thèse, on donne pleinement sa chance à une thèse. Et en la creusant, on va croiser des problèmes. Et ce sont ces problèmes-là qui vont donner la matière à un autre angle de vue qu’on a tort d’appeler une anti-thèse, qui est juste un approfondissement du premier point de vue. Et puis dans cette démarche-là, c’est en s’approfondissant qu’on chemine jusqu’à la réponse à la question première, c’est-à-dire à la problématique", détaille-t-il. Tout est donc affaire de méthodologie.

On oublie Descartes ? Si vous n'avez pas lu d'oeuvres philosophiques pendant l'année, il serait bien inutile de bachoter maintenant, estime celui qui "repasse le bac chaque année depuis 23 ans". "On n’a pas le temps d’apprendre des choses si importantes et si délicates en si peu de temps. En revanche, intéressez-vous au monde qui vous entoure, intéressez-vous à l’actu et servez-vous surtout de ce que vous avez lu. Un correcteur préférera un exemple tiré de Lucky Luke s’il est intelligemment traité, scrupuleusement analysé, bien mis en scène et mis à la bonne place qu’une citation de troisième main de Heidegger que le futur bachelier n’a évidemment pas comprise", insiste Raphaël Enthoven.

Attention au "je". Dernier conseil du spécialiste : on ne parle pas à la première personne. Même si on peut glisser un peu de vécu dans sa copie. "Ce qui compte, c’est la capacité que j’ai à élever mon opinion au rang d’argumentation. Donc ce qui m’arrive à moi n’a aucun sens, sauf si j’arrive à donner à ce qui m’arrive à moi des contours plus généraux, plus vastes, plus humains en somme qu’individuels", argumente Raphaël Enthoven. Et bonne chance à tous les candidats évidemment !

Montage : Julie Aime