Vers une interdiction des applis anti-radar au nom de la lutte anti-terroriste

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Un décret qui pourrait devenir applicable en juillet interdirait d'indiquer les opérations de police en cours sur la route, officiellement pour lutter contre le terrorisme.

Avis aux utilisateurs des applications du type Coyote, Waze, TomTom ou encore Inforad. Un décret émanant de la Direction à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) vient d'être signé et il prévoit que ces aides à la conduite n'auront plus le droit de diffuser des opérations de police, et notamment les contrôles radar, au nom de la lutte anti-terroriste et de la sécurité routière. Le texte doit encore être validé par le Conseil d'Etat mais pourrait rapidement être applicable. L'intérêt de ces avertisseurs deviendrait alors bien moindre.

Adieu l'icône képi ou zone de danger ? De manière concrète, si le décret est validé, l'application ou le GPS n'indiquera plus la petite icône avec un képi ou celle indiquant une zone de danger. Surprise : vous pourrez alors vous retrouver face à un contrôle routier sans avoir été prévenu au préalable. Le texte indique vouloir lutter contre l'alcool et les stupéfiants au volant mais il vise aussi plus largement à aider les forces de l'ordre à rester discrètes en cas d'opération antiterroriste. Une justification qui ne convainc pas tous les conducteurs. "Je ne vois pas trop l'association entre le risque des attentats et la présence policière en bord de route pour des contrôles, principalement de vitesse", explique ce conducteur, qui admet que que ne plus voir les petites icônes le gênerait. "Comment faire ? Je ne peux pas me passer de Waze en Ile-de-France, maintenant Il'abonnement de 12 euros mensuels pour Coyote risque de sauter", ajoute-t-il.

"De l'esbroufe". Pour d'autres, comme Jonathan, ce texte n'est qu'une lubie de plus. "C'est de l’esbroufe. Il n'y a absolument aucun moyen d'empêcher des applications comme ça aujourd'hui en France. Il y a aura toujours possibilité de le faire depuis l'étranger. Le serveur, on peut l'héberger à Bangkok, aux Etats-Unis, sur les îles Vierges, où vous voulez !" En juillet, si la Commission européenne ne réagit pas, le décret reviendra en France, devant le Conseil d'Etat. Du côté des fabricants, qui ont signé un protocole avec le Ministère de l'Intérieur en juillet 2011 dans lesquels ils s'engageaient noir sur blanc à "ne pas indiquer la localisation précise des radars fixes ou mobiles, ainsi que celle des contrôles routiers opérés par les forces de l’ordre", on attend de voir si le décret est réellement appliqué.